Maison Européenne de la Photographie

CYCLE Autour de l’art corporel


Dans le cadre d’une programmation dédiée au corps dans la création artistique, ce cycle présente une sélection de films documentaires variés représentatifs de l’art corporel.

Du 20 avril au 18 juin, en écho au cycle d’expositions dédié au corps, la MEP présente certains samedis une sélection de documentaires au sein de l’auditorium, à partir de 18h15.

Abramovic - The Star

The Star – Marina Abramović
réalisation Pierre Coulibeuf, 1999, 58′

Samedi 22 avril, 13 et 27 mai, et 10 juin, 18h15

Autobiographie à la fois réelle et imaginaire de Marina Abramović, artiste serbe de l’art corporel, ce film retrace la construction de l’esthétique de cette femme dans son époque. Son histoire personnelle, intimement liée à la Yougoslavie de Tito et à la violence ordinaire, se retrouve notamment dans des expériences explorant les limites physiques et psychiques. The Star saute d’une identité à l’autre, d’un récit véridique à un rêve, le langage du corps prenant souvent le relais de la parole.

 

Du jardin d’Eden au jardin des supplices,
réalisation Alain-Yves Beaujour, 1998, 87′

Samedi 29 avril, 18h15

Ce film décline en six volets les thèmes du nu. Dans chacune des parties, des intervenants en donnent leur définition, de ses aspects paradisiaques jusqu’aux plus pervers. Alors que François Lissargue tente une approche historique, l’anthropologue Georges Balandier s’applique à différencier l’homme qui vit nu de celui pour qui être nu signifie au contraire être dévêtu. « Le corps est le premier territoire sur lequel l’homme exprime ce qui relève de sa société, de sa culture » explique-t-il, « Où le pouvoir se constitue, la nudité régresse ». Il évoque la démarche de ceux qui tentent de renouer avec « l’innocence » par une pratique de la nudité et prend en exemple la secte des Doukhobors, ou encore les naturistes qui se construisent de petits édens pour l’été. Le peintre Bernard Dufour et le photographe Jeanloup Sieff sondent la frontière entre le nu « artistique » et le nu sexy, voire pornographique. Mais le nu peut aussi devenir l’expression de la perversité. C’est ainsi que l’historien Lionel Richard explique comment, du naturisme qui fleurissait au début du siècle en Allemagne, les Nazis sont parvenus, par un détournement des valeurs, à faire de la mise à nu de leurs victimes un moyen de les abaisser, de tenter de tuer l’humain en elles : « mettre à nu les peuples inférieurs était l’expression de la supériorité nazie et en même temps de leur mépris : humilier les déportés. »

 

Still not There A Quarter Century of Self Portraiture
réalisation Kimmo Koskela, 1995, 51′

Samedi 20 mai, 18h15

Le corps nu d’un homme, immergé dans les différents éléments naturels, cherche cette frontière invisible qui l’écarte de la nature et le ramène à l’individu. Still not There est à la fois un documentaire et une fiction. C’est également pour la première fois, l’entrée d’Arno Rafael Minkkinen dans le domaine de la vidéo. Avec cette série de courts films réalisés par Kimmo Koskela et dont Minkkinen est à la fois le concepteur et l’acteur, naît une collaboration artistique exceptionnelle. On assiste à une nouvelle notion de temps qui met l’image en mouvement et au sein de laquelle le corps humain et la nudité de la nature forment une unique respiration.

 

Oh Boy It’s a Girl
réalisation Brigitte Cornand, 1995, 49′

Samedi 3 juin, 18h15

Ce film se concentre sur les femmes artistes, sur ce qui motive et fait parfois la spécificité de leur démarche. Il évoque notamment les relations entre leur travail d’artiste et le féminisme à travers les voix d’Annette Messager, Carolee Sheeman, Nan Goldin, Marie-Ange Guilleminot, Viki Smith, ainsi que Simone de Beauvoir que l’on voit dans une interview d’archives.
Le film s’appuie également sur les démarches de Claude Cahun, Yoko Ono, Aloïse, Cindy Sherman, et des Guerrilla Girls, et comporte des extraits de films tels Lola Montès de Max Ophuls, Haxen de Benjamin Christensen, Une femme sous influence de John Cassavetes, ainsi que des extraits du Piège à chimères d’Annette Messager et des films expérimentaux de Yoko Ono.

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