• Sans titre, de la série «Tourbillon», 2006 © João Castilho
  • Le Dieu de la tête, 1995/2001 © Mario Cravo Neto
  • Écroulement du Ciel, de la série «Rêves Yanomami», 1976/2002 © Claudia Andujar
  • Sans titre [cils], 2008 © Cris Bierrenbach
  • Photoforme, Pampulha, Belo Horizonte, 1951 © Geraldo de Barros

Maison Européenne de la Photographie

Eloge du vertigePhotographies de la Collection Itau, Brésil


Initiée voilà plus de soixante ans par les fondateurs de la Banque Itaú SA, l'une des institutions financières les plus importantes au monde, la collection compte actuellement douze mille ouvres (peintures, gravures, sculptures, photographies, installations, etc.) ainsi que les monnaies et médailles d'Itaú Numismática et des objets liés à l'histoire du pays de Brasiliana Itaú. Cette exposition présente la photographie expérimentale des soixante dernières années au Brésil.

Initiée voilà plus de soixante ans par les fondateurs de la Banque Itaú SA, l’une des institutions financières les plus importantes au monde, la collection compte actuellement douze mille ouvres (peintures, gravures, sculptures, photographies, installations, etc.) ainsi que les monnaies et médailles d’Itaú Numismática et des objets liés à l’histoire du pays de Brasiliana Itaú. Cet ensemble considérable, géré par l’Institut Itaú Cultural, couvre toute l’histoire de l’art brésilien, chaque mouvement esthétique et chaque style étant représenté par des ouvres de référence.

En 2011, l’Itaú Cultural a commencé à faire circuler sa collection, facilitant ainsi son accès au plus grand nombre. Treize expositions ont été présentées dans sept villes du Brésil et dans cinq pays, attirant plus de deux cent mille personnes. Certaines images présentées ici figuraient dans l’exposition « Moderna para Sempre » (« À jamais moderne ») dont le photographe Iatã Cannabrava était le commissaire.

Cette exposition présente la photographie expérimentale des soixante dernières années au Brésil. Elle illustre la faculté de ce pays à absorber et transformer tout apport étranger. Elle reflète en outre sa très riche histoire politique au cours de ce large demi-siècle et révèle, au fil de labyrinthes complexes, une expression artistique foisonnante qui place aujourd’hui le Brésil parmi les pôles de création artistique majeurs dans le domaine de la photographie.

Dans les années 1920, en Europe, des artistes séduits par le dadaïsme et le surréalisme avaient déjà amené les photographes à se libérer de la pesanteur du réel. Le Brésil allait attendre près de vingt-cinq ans pour que ce mouvement prenne son essor.

On en doit les prémices à l’artiste Geraldo de Barros (1923-1998) qui recourt au photomontage, au collage et aux interventions directes sur le négatif. Le résultat de ces expériences constitue un vibrant éloge des formes et influence les photographes de l’époque qui adhèrent alors, bien que tardivement, au modernisme brésilien. Entre 1964 et 1985, sous la dictature militaire, cette production à caractère expérimental disparaît presque complètement et laisse place à une photographie de type documentaire utilisée comme arme de propagande, ou peu critique, en raison de la censure.

La fin de la dictature et le processus de démocratisation contribuent à la reprise d’une production photographique plus libre et moins dogmatique. Trois auteurs sont les icônes de cette période : Miguel Rio Branco, Mario Cravo Neto et Claudia Andujar. Réalisme et fiction se mélangent alors de telle manière qu’une sorte de vertige est devenu le dénominateur commun de cette esthétique et de leur vision du monde.

Ce moment historique ainsi que les nouvelles technologies de l’information remodèlent les concepts, les formes et les thèmes de la photographie brésilienne. À l’approche objective de la vie en société s’est ajoutée une production dense de caractère subjectif, erratique et onirique.

Issus de la peinture, de la sculpture, du cinéma, ou de la performance, les artistes réalisent alors des images libres de tout dogme. Les photographes contemporains reprennent ainsi le fil conducteur de l’expérimentation menée à bien par les modernistes brésiliens. Il se dégage de leurs regards une poésie qui contamine les autres sens.

Commissaire : Eder Chiodetto, assisté de Marie Hippenmeyer

L’exposition est organisée avec le soutien de l’Institut Itaú Cultural.

Photographes de l’exposition

Julio Agostinelli • Gertrudes Altschul • Claudia Andujar • Rafael Assef • Geraldo de Barros • Cris Bierrenbach • Luiz Braga • Rodrigo Braga • Tony Camargo • André Carneiro • João Castilho • Lucilio Correa Leite Júnior • Mario Cravo Neto • Claudio Edinger • Edouardo Enfeldt • Thomaz Farkas • Marcel Giró • Cao Guimarães • Dora Longo Bahia • German Lorca • Odires Mlászho • Ademar Manarini • Rubens Mano • Guilherme Maranhão • Marepe • Vicente de Mello • Vik Muniz • Eustáquio Neves • José Oiticica Filho • Paulo Pires • Georges Radó • Rosângela Rennó • Miguel Rio Branco • Breno Rotatori • Eduardo Salvatore • Marcelo Silveira • Lucas Simões • Rubens Teixeira Scavone • Rodrigo Torres • Cássio Vaconcellos • Marcia Xavier • José Yalenti •

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