Une fièvre encyclopédique

De toute évidence, le Mois de la Photo à Paris 2006 est saisi par la tentation encyclopédique. Des Parisiens de la Commune à Xavier Lambours en passant par les photo-montages soviétiques et le monde juif disparu de Roman Vishniac, c'est un gigantesque plan-séquence que les commissaires d'expositions ont balayé.

Il ne s'agit plus seulement - comme par le passé -
de privilégier la découverte de nouveaux talents, la diversité culturelle, et des chapitres ignorés de l'histoire de la photographie en organisant dans la capitale des expositions de haut niveau, des installations originales ou encore des projections-débat. Ce sont là des acquis d'une Biennale Internationale qui depuis Paris et grâce à la volonté et à l'enthousiasme du Maire créent un dialogue permanent avec d'autres capitales à telle enseigne qu'on assiste aujourd'hui à la naissance sur le terrain d'une Europe de la culture dont la photographie constitue le fer de lance.

Toutefois, ce mouvement surgit au moment où notre société traverse des mutations qui préfigurent ce que sera l'image dans les années à venir, et de ce fait le rôle de la photographie et de son évolution déterminera forcément nos lendemains par la réflexion qu'elle engendre et les questions de choix existentiels qu'elle nous pose.

C'est ainsi que la manifestation qui s'intitule "Mutations" et qui présente l'apport de sept capitales européennes constitue pour sa part un événement en soi où chacun des participants affiche son identité culturelle, son potentiel créatif, et cherche par ailleurs à débusquer des racines patrimoniales communes. Au dialogue des concepts et aux discours prônant l'échange succède dans l'inconscient collectif comme chez les amoureux de la photo le dialogue sensuel des images.

Henry Chapier
Président de Paris-Audiovisuel / Maison Européenne de la Photographie