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Journée internationale des droits des femmes



À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la MEP vous propose de découvrir trois portraits de femmes, réalisés par trois femmes photographes.

  • Valérie BELIN Boulogne-Billancourt (France), 1964. Vit à Paris.
    Sans titre, 2001
    Tirage gélatino-argentique, n° 5/5
    98,5 x 78,5 cm
    Acquis en 2004

    Dans les années 1990, Valérie Belin s’engage dans une démarche photographique rigoureuse qui se révèle d'une singulière modernité, réinventant les genres traditionnels de la nature morte et du portrait.

    Série après série, toutes fondées sur un protocole précis, frontalité absolue du point de vue, absence de contexte, précision chirurgicale du rendu de la matière, Valérie Belin réserve un traitement particulier aux corps et aux objets.

    Le choix de ses sujets est essentiel : jamais d'objets prétextes, toujours quelque chose qui la concerne « personnellement ». Par l'unité des formats, la décontextualisation des êtres et des choses, le processus est immuable.

    Ses photographies de jeunes femmes noires, choisies pour leur beauté singulière et sculpturale, semblent déplacer le sujet dans un champ où la plasticité du visage produit un effet supérieur à celui produit au naturel ; l’on se trouve à la lisière du vivant et de l’inanimé. Ces photographies nous renvoient à des questions d'identité, d’artifice ou d’illusion.

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    Valérie BELIN, Sans titre, 2001
    © Valérie Belin / Adagp, Paris 2021. Collection MEP, Paris

  • Dolorès MARAT Née en 1944 à Paris, vit à Avignon
    La femme aux gants, 1987
    Tirage au charbon en quadrichromie (procédé Fresson)
    46,5 x 64,3 cm
    Acquis en 2006

    Très jeune Dolorès Marat a le désir d’être photographe. Elle apprend le métier chez un photographe de quartier, puis travaille longtemps pour la presse magazine. C’est seulement au début des années 80 qu’elle se lance dans un projet personnel dont elle n’a jamais dévié depuis. « A quel sujet pouvais-je bien m’attaquer ? Je décide de saisir ce qui se trouve juste devant moi »

    Elle choisit la couleur, à contre-courant des pratiques artistiques de l’époque et très vite, fait réaliser par l’atelier Fresson des tirages pigmentaires au charbon dont les qualités de surface et de couleur sont parfaitement adaptées à l’attention particulière qu’elle porte à la picturalité de ses images.
    Dolorès Marat aime l’univers des villes et photographie avec pudeur les individus solitaires. Elle s’inscrit dans le réel mais privilégie cependant une position distanciée et sensible. Elle aime les ambiances crépusculaires et chaque image devient une petite fiction pour celui qui la regarde.

    Cette image de la femme aux gants réalisée à la station Étoile en 1987 est représentative de son travail. « Dans mes photos, il y a beaucoup de gens qui s’isolent. Ils ne sont plus dans le métro ou une gare, à Paris ou à New York, mais dans leurs pensées et leurs gestes. Je crois que j’ai le don de repérer ces gens-là, de les retrouver, de les sentir ″partir″. »

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    Dolorès MARAT, La femme aux gants, 1987
    © Dolorès Marat. Collection MEP, Paris.

  • Bertien VAN MANEN La Haye (Pays-Bas), 1942. Vit à Amsterdam.
    Vlada, Kazan, 1992
    Tirage couleur à développement chromogène
    30,5 x 40,5 cm
    Acquis en 1995

    En 1988, Bertien Van Manen découvre avec admiration le travail de la photographe russe Lyalya Kuznetsova, qu’elle rencontrera en 1990 à Moscou. Les deux artistes se lient d’amitié. La photographe hollandaise entame alors un périple de plusieurs années dans les lieux les plus reculés de ce qui deviendra bientôt l’ex-URSS. Elle s’attache à montrer ce qui était jusqu’alors inaccessible pour une étrangère : la vie privée des gens ordinaires. Le livre A Hundred Summers, A Hundred Winters, édité en 1994, témoigne de la face cachée du continent, partageant la vie quotidienne souvent rude de ces femmes et de ces hommes qui se laissent photographier dans l’intimité et l’étroitesse des logements communautaires. Ce portrait de Vlada, la fille de Lyalya, est pris dans l’unique chambre (qui sert également de labo photo et de bibliothèque) du minuscule appartement qu’elles occupent à Kazan.

    Sophie Lambert

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    Bertien VAN MANEN Vlada, Kazan, 1992, de la série “A hundred summers, a hundred winters”
    © Bertien Van Manen Collection MEP, Paris

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