Italie – doubles visions

Italie – doubles visions

L'exercice de ces croisements de regards est passionnant dans la mesure où il révèle la singularité de l'écriture photographique de ces grands maîtres, mais aussi parce qu'il apparaît comme une "leçon de styles", ceux qui ont le plus influencé l'évolution du langage photographique.

La MEP

Henri Cartier-Bresson/Mario Giacomelli, Paul Strand/Gianni Berengo Gardin, William Klein/Mario Carrieri, Raymond Depardon/Carla Cerati, Ernst Haas/Luca Campigotto, Herbert List/Mimmo Jodice, Sebastião Salgado/Giorgia Fiorio, Roger Ressmeyer/Antonio Biasiucci, Joel Sternfeld/Gabriele Basilico, Martin Parr/Massimo Vitali 

13 juin – 30 septembre 2007

La notion de double interprétation est le thème fondamental de cette exposition qui présente un choix d’œuvres de certains des plus grands noms de la photographie.
Doubles visions propose une série de confrontations : celles de deux regards sur un même lieu ou un même sujet, en Italie, à des moments différents. Confrontations fortuites ou délibérées, qui mettent en parallèle les regards d’un artiste italien et d’un artiste étranger sur l’Italie.
La centaine de tirages noir et blanc ou couleurs, vintage ou contemporains, qui composent l’exposition, évoque l’Italie d’hier et celle d’aujourd’hui à travers 10 thématiques et autant de généreux dialogues d’artistes.
L’exercice de ces croisements de regards est passionnant dans la mesure où il révèle la singularité de l’écriture photographique de ces grands maîtres, mais aussi parce qu’il apparaît comme une “leçon de styles”, ceux qui ont le plus influencé l’évolution du langage photographique.

  • Scanno, un village des Abruzzes vu par Henri Cartier-Bresson et Mario Giacomelli
  • Luzzara, bourgade de la plaine du Pô photographiée par Paul Strand et 20 ans plus tard par Berengo Gardin
  • La croissance, désordonnée ou harmonieuse de la Rome de William Klein ou du Milan de Mario Carrieri
  • La Venise des couleurs songeuses d’Ernst Haas ou celle des visions nocturnes de Luca Campigotto
  • L’Antiquité dans l’imaginaire d’Herbert List et de Mimmo Jodice
  • L’engagement dans les années 70 avec les reportages de Carla Cerati et de Raymond Depardon sur les hôpitaux psychiatriques
  • Les thoniers vus par Sebastião Salgado et Giorgia Fiorio
  • Les volcans de Antonio Biasiucci et de Roger Resmeyer
  • Les promenades romaines de Joel Sternfeld et de Gabriele Basilico
  • Les plages selon Massimo Vitali et Martin Parr

Exposition coproduite par la MEP et Contrasto.
Commissaire: Alessandra Mauro

Italie – Doubles Visions a été présentée en 2004 à Rome au Scuderie Papali al Quirinale , en 2005 à Milan au Palazzo Reale et en 2005 à Trieste au Castello di Miramare.

Image en une : Carloforte, île de San Pietro, Sardaigne, 1999 © Giorgia Fioro / Agence Grazia Neri
Henri Cartier-Bresson à vue d’oeil

Henri Cartier-Bresson à vue d’oeil

Présentée à l’occasion du centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, cette exposition propose un parcours à partir des 340 œuvres conservées à Maison Européenne de la Photographie. Cette collection s’est constituée à partir de deux grands thèmes : Paris et les Européens.

La MEP

Présentée à l’occasion du centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, cette exposition propose un parcours à partir des 340 œuvres conservées à Maison Européenne de la Photographie. Cette collection s’est constituée à partir de deux grands thèmes : Paris et les Européens. Le premier est le résultat d’un long travail entrepris sur les archives du photographe. Entre 1980 et 1984, Henri Cartier-Bresson, Daniel Arnault de Magnum, et Jean-Luc Monterosso ont sélectionné un corpus d’images sur Paris. Cet ensemble a ensuite donné lieu à une exposition, “Paris à vue d’œil”, présentée au Musée Carnavalet pendant le Mois de la Photo en novembre 1984.

Pour les Européens, Henri Cartier-Bresson, en écho au livre du même titre, conçu et mis en page par Tériade en 1955, a revisité, avec Maurice Coriat, à nouveau ses archives. Présentée à la MEP en mars 1997, la totalité des tirages de cette exposition a fait l’objet, sur proposition de Jean-Stanislas Retel, d’un don de la Fondation d’entreprise du Reader’s Digest France. Ces photographies illustrent à la fois un style et une pratique. Elles incarnent ce moment parfait, transcendant, qui mêle émotion et regard acéré. Comme il l’a écrit, “la photographie est un couperet qui dans l’éternité saisit l’instant qui m’a ébloui”.

L’exposition est réalisée en collaboration avec la Fondation Henri Cartier-Bresson et en partenariat avec le Parisien et France Culture.

Parallèlement à l’exposition de la MEP, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris présente du 19 juin au 13 septembre 2009, la reconstitution d’une exposition faite par Henri Cartier-Bresson en 1978. www.henricartierbresson.org

Image en une : Gitans, Grenade, Espagne, 1933 © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos
Henri Cartier-Bresson

Henri Cartier-Bresson
Des Européens

"Photography is to put in the same line of sight the head, the eye and the heart" Henri Cartier-Bresson

La MEP

Photography is to put in the same line of sight the head, the eye and the heart ” Henri Cartier-Bresson

It is in 1955 that the album Les Européens, conceived and laid out by Tériade, with a cover page by Juan MirF3, was published. Henri Cartier-Bresson had worked on this piece for five years, a short period if one considers that the famous Images à la sauvette of 1952, was the fruit of twenty years’ labour. This piece hence presented a dense portrait of a Europe where, ten years after the war, accumulated ruins, as well as traces of hunger and misery on people’s faces were still clearly visible. In the preface, nevertheless, Cartier-Bresson states that ” whether we are just passing or settled down in a particular place, in order to express a country or situation, one needs to have somehow established a close working relationship, to be supported by a human community; living takes time, and roots take shape slowly… ”

These roots which take shape slowly, had begun to grow ever since his very first travels, since 1932 and his first Leica: Spain and Italy, which he visited in particular with André Pieyre de Mandiargues (Cartier-Bresson was twenty-three at the time) and from where he brought back photographs since become unforgettable. In France, the experience of the Front Populaire and paid vacations in 1937, which he covers closely, offers a lyrical and sometimes idyllic parenthesis to his work. After 1955, his collection is enriched with new travels, in particular to Germany, and to East-Berlin in 1962. Forty years after Les européens, the exhibit brings us the result of nearly half a century of travels, from the 1930’s to the 1970’s, and presents us again with the continent of ancient parapets.”

Amplified and enriched, the work of the photographer with soles of wind is revealed in all it’s grandeur. While he may appear to be a hurried man or a traveller without luggage, to quote his titles from the same period, he is first of all a poet, attentive to the act of love made with each photograph, and this is where the genius is revealed. But this time, with the desired distance, we discover simultaneously the geographer, who analyses the unity or diversity of land occupation, the permanence or vulnerability of cultures; the ethnographer, who captures precisely costumes and customs, clothing and garments, gestures of work and rituals of religion; the anthropologist, who captivates motions of love, a feast or a funeral; the sociologist, gazing at crowds and assemblies, revealing the development of destinies and histories. In rural Europe, strangely silent in the absence of the engine, and where everything was still done by animals and human beings, he portrays, unaltered, these infinitely captivating traits. But the Europe of before the Glorious Thirties, incredibly united despite national differences, seems to have disappeared. The two hundred photographs presented here are the insistent and painful resuscitation of a continent, drowned despite the urgency of political unification; a world of yesterday. Each photograph presents itself not as part of a series, an archive selected among others, but as a singular work of art which, with its own formal qualities and unique meanings, exists in itself. Each is the fantastic concentration in an instant, of an energy which within its black frame, illuminates, like an instant of lightening, the meaning of the moment which has been captured.

This daily chronicle, journalist’s work which makes of light a ritual, sometimes appears like a dream. Have these moments really existed, these crowds really met, these posters calling people to fight really been posted, these kisses really been exchanged, these plates really been used, these encounters really occurred? The characters, faces, expressions, clothing, scenery, streets, houses, the ways of century, it is as if we are the inheritors of history written before our very eyes. Everything would be but illusion and Mayan veil if it were not for the roll of film, which turns faithfully like a Buddhist prayer wheel, to preserve an everlasting trace.

Jean CLAIR

Curators of the exhibition : Maurice Coriat and Jean-Luc Monterosso.

“On the road”

“On the road”

On the Road propose une sélection de tirages autour du thème de la route, issue des collections photographiques de la Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine et de la Maison Européenne de la Photographie.

La MEP

On the Road propose une sélection de tirages autour du thème de la route, issue des collections photographiques de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine et de la Maison Européenne de la Photographie. L’exposition réunit les visions oniriques de photographes majeurs du 20e siècle qui rendent compte de ce moment privilégié de la transition. Toujours en quête de leur prochaine image, les photographes se sont ainsi retrouvés naturellement sur la route, antichambre du sujet rêvé, lieu d’expérimentation, place privilégiée du snapshot. Ils suggèrent la route plus qu’ils ne la montrent, une nuance qui gomme l’aspect documentaire pour nous inviter à la rêverie et au souvenir.

On the Road trace le chemin d’une photographie appliquée à l’évasion, une virgule, une respiration, un instant dans le chaos de la circulation du monde.

L’exposition est réalisée d’après une idée originale de BMW.

 

Photographes

Marcel Bovis, Gianni Berengo Gardin, Daniel Boudinet, Harry Callahan, Henri Cartier-Bresson, Thibaut Cuisset, Raymond Depardon, Robert Doisneau, Elliott Erwitt, Robert Frank, Lee Friedlander, Mario Giacomelli, René-Jacques, François Kollar, Joseph Koudelka, Noël Le Boyer, Ikko Narahara, Bernard Plossu, Robert Rauschenberg, Bruno Réquillart, Willy Ronis, Lucien Roy, Jeanloup Sieff, Christine Spengler, Joel Sternfeld, Shoji Ueda

Image en une : Une station service à Nemours, Juillet 1958 © Donation Marcel Bovis / Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, France, dist. RMN.
Autour de l’extrême

Autour de l’extrême
Un choix dans les collections de la MEP

"Autour de l'Extrême" renvoie à une des constantes de la création contemporaine qui tend à repousser inexorablement les limites, qu'elles soient sociales, politiques, esthétiques ou scientifiques.

La MEP

Le pouvoir symbolique et allégorique de la photographie, aussi bien que son caractère documentaire, nous confrontent à la dimension extrême de la vie qui oscille entre le sublime et l’horreur. Pratique accessible à tous, la photographie nous aide à comprendre que les plus dures épreuves de douleur et de violence peuvent paradoxalement nous conduire vers une expérience existentielle ouvrant, telle une épiphanie, à la perception du sublime. “Autour de l’Extrême” renvoie à une des constantes de la création contemporaine qui tend à repousser inexorablement les limites, qu’elles soient sociales, politiques, esthétiques ou scientifiques.

À travers l’oeuvre de photographes internationalement reconnus comme Pierre Molinier, Robert Mapplethorpe, Andres Serrano ou Joel-Peter Witkin, mais aussi à travers le regard de jeunes talents comme le Brésilien Rodrigo Braga, ou Raphaël Dallaporta, l’exposition explore tous les territoires du visible, de la conquête de la lune aux conflits les plus récents, en passant par la recherche médicale ou les expérimentations autour du corps et de ses représentations.

Certains travaux sont présentés en série, comme celui réalisé par Valérie Belin sur les sosies de Michael Jackson, ou le reportage de 25/34 Photographes sur les punks et les skins des grandes villes européennes. D’autres ont été spécialement produits à cette occasion par Alain Volut, Claudia Jaguaribe, Pierre Notte… Tous cependant se répondent ou se confrontent.

Mais rendre visible la transgression, le dépassement, ou l’interdit, c’est paradoxalement les neutraliser et, au bout du compte, les rendre acceptables. Face à l’extra-ordinaire, la photographie a le pouvoir de banaliser le réel. Ainsi, ce qui est donné à voir dans ces images n’est le plus souvent que l’approche de l’extrême, cet “autour” qui le met à distance. Quand, en 1964, Jean-François Bauret réalise le premier nu masculin pour la publicité, l’image fait sensation. Aujourd’hui reléguée au rang d’icône, elle a perdu – de même que le portrait d’Yves Saint-Laurent réalisé par Jeanloup Sieff – son parfum de scandale.

Notre époque qui aime les excès en tout genre, la démesure, le moralement inadmissible, l’horreur, semble avoir épuisé toutes les ressources de l’émotion et du désir de voir. Rares sont les images, en effet, qui peuvent encore choquer. Dès lors, à travers la collection de la Maison Européenne de la Photographie qui illustre l’histoire de l’image fixe de la deuxième moitié du XXe siècle, défile non un spectacle du pire, mais une anthologie de l’extrême, une esthétique que seul le balancier de l’histoire pourrait, à un moment ou un autre, refigurer.

Commissaires : Milton Guran et Jean-Luc Monterosso

L’exposition est réalisée avec le soutien de Neuflize Vie, l’Association des Amis de la MEP et en partenariat avec Connaissance des Arts Spécial Photo.

Photographes de l’exposition

25/34 Photographes • Ansel Adams • Claude Alexandre • Manuel Alvarez Bravo • Claudia Andujar • Diane Arbus • Neil Amstrong • Richard Avedon • Roger Ballen • Martine Barrat • Gabriele Basilico • Jean-François Bauret • Valérie Belin • Rosella Bellusci • Philip Blenkinsop • Rodrigo Braga • Bill Brandt • George Robert Caron • Henri Cartier-Bresson • Jean-Philippe Charbonnier • Martial Cherrier • Larry Clark • Raphaël Dallaporta • Bruce Davidson • Jean Depara • Raymond Depardon • Philip-Lorca diCorcia • Doctor T • George Dureau • Gilles Ehrmann • Fouad Elkoury • Touhami Ennadre • Elliott Erwitt • Bernard Faucon • Alberto Ferreira • Giorgia Fiorio • Robert Frank • Mario Giacomelli • Nan Goldin • Gotscho • Emmet Gowin • Seymour Jacobs • Claudia Jaguaribe • Michel Journiac • Jürgen Klauke • Les Krims • Oumar Ly • Robert Mapplethorpe • Don McCullin • Duane Michals • Pierre Molinier • Vik Muniz • Ikko Narahara • David Nebreda • Helmut Newton • Pierre Notte • ORLAN • Martin Parr • Irving Penn • Pierre & Gilles • Tony Ray-Jones • Rogerio Reis • Bettina Rheims • Marc Riboud • Miguel Rio Branco • Sebastiao Salgado • Andres Serrano • Cindy Sherman • Jeanloup Sieff • Christine Spengler • Shomei Tomatsu • Pierre Verger • Alain Volut • Weegee • Edward Weston • Joel-Peter Witkin • Bernard-Pierre Wolff

Image en une : 25/34 Photographes, Scody et Crass, Paris, rue de Vitruve, 1988. Collection MEP © Ralf Marsault