• © Bruno Barbey / Magnum Photos
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Maison Européenne de la Photographie

Bruno BarbeyPassages


Depuis près d’un demi-siècle, Bruno Barbey parcourt le monde et a su imprimer sa marque entre recherche artistique et témoignage au sein de l’agence Magnum. Il fuit le scoop, mais ne manque jamais un rendez-vous avec l’Histoire. Son œuvre est un travail de la juste distance, il embrasse les évènements avec humanité. Homme de rencontres, toujours ouvert à l’inconnu, ses photographies se font l’écho de ces rencontres et dessinent la trajectoire unique d’un photographe explorateur et poète, à travers un demi-siècle d’Histoire. L’exposition « Passages » à la MEP présente 55 ans de photographie et 150 tirages N&B et couleur de Bruno Barbey. Une rétrospective qui témoigne d’un double parcours, entre son travail d’auteur et son désir de témoigner sur notre époque.

« D’une facture apparemment classique, l’œuvre de Bruno Barbey occupe dans l’histoire récente de la photographie, une place à part. Très largement diffusé dans la presse et les magazines les plus emblématiques (Du, Camera, Time, Newsweek, Stern…), son travail est pourtant trop souvent éclipsé par son célèbre reportage en N&B sur les Italiens, réalisé à ses débuts dans la première moitié des années 60, ainsi que par les admirables images en couleur de son Maroc natal.
Or que ce soit dans le photojournalisme, dans l’utilisation de la couleur, ou dans l’approche photographique singulière qui le caractérise, Bruno Barbey fait figure de précurseur.
Face aux grands événements qui ont secoué la seconde moitié du 20ème siècle, il semble par instinct avoir toujours été là au bon moment et avant tout le monde.
Il couvre la guerre des 6 Jours en 1967, les événements de Mai 68, le Vietnam en 1971, la Chine pendant la révolution culturelle. Il est au Cambodge quand Phnom Penh est encerclé par les Khmers rouges en 1973, ou encore en Pologne au tout début de Solidarnosc.
Il photographie le Shah d’Iran, l’Imam Khomeini, Salvador Allende, Yasser Arafat, ou encore l’investiture de Barack Obama en janvier 2009. Il ne cesse de parcourir le monde de l’URSS à l’Afrique, des Etats Unis au Japon, de l’Asie à l’Amérique Latine. Il en rapporte une moisson d’images qui font l’objet de nombreuses publications, préfacées par les auteurs les plus illustres : Tahar Ben Jelloun, J.M.G Le Clézio, ou encore Jean Genet qui, à son retour de Palestine, accepte de rédiger un texte qui fera scandale sur ses photographies.

Photographe de l’agence Magnum, coopté dès l’âge de 25ans, Bruno Barbey se défend d’être un photoreporter de guerre : “Je refuse l’esthétique de la folie ou de l’horreur”, écrit-il en exergue d’un de ses livres. Comme le souligne Annick Cojean : “c’est un photographe au long cours, plutôt qu’un baroudeur”.

En fait il est là avant ou après, ni trop loin, ni trop près. Il ne cherche pas le “scoop” et rien n’est plus éloigné de son éthique, que le “coup” si cher aux photojournalistes d’aujourd’hui. Et « s’il y a des rendez-vous avec l’Histoire qu’il ne faut pas rater », il préfère de beaucoup les rendez-vous amoureux avec la vie.
C’est ainsi qu’il a découvert le Brésil en 1966 à la demande d’Edmonde Charles Roux, alors Rédactrice en chef de Vogue. Il devait y rester quinze jours, il y est resté trois mois.

Il utilise pour la première fois un film couleur : le kodachrome 2. C’est nouveau à l’époque et inhabituel. À la couleur souvent mal reproduite dans les magazines, la plupart des photographes d’agence, à l’exception d’Ernst Haas, préfèrent en effet le noir et blanc. Mais contrairement à une minorité de pionniers, comme Stephen Shore, William Eggleston, ou Joel Meyerowitz, tournés vers une exploitation systématique des possibilités esthétiques de ces nouveaux procédés, Bruno Barbey retrouvant au Brésil les fortes couleurs contrastées des rives méditerranéennes, s’emploie simplement à retranscrire le plus naturellement possible le réel, sans excès, ni enluminures. Consubstantielle à sa manière de voir, la couleur, qui devient alors une composante majeure de son œuvre, n’est pas un substitut pictural. C’est une réalité photographique avec laquelle on doit désormais composer.

C’est en ce sens que Bruno Barbey est novateur. Il traverse la deuxième moitié du siècle en parfaite osmose avec son évolution.

Revenant toujours sur les lieux de ses premiers reportages, parfois dix ou quinze ans après, il saisit un monde en marche. Comme l’écrit Carole Naggar : « Chez lui, plus que capture de l’instant, la photo- graphie se fait souvent travail de mémoire ». Avec la discrétion et l’élégance qui le caractérisent, Bruno Barbey a toujours su tenir la bonne distance et garder un juste regard. C’est en cela que son approche visuelle est éminemment contemporaine. Si « c’est poétiquement », comme le dit le poète, « que l’homme habite sur cette terre », c’est photographiquement en tout cas, que Bruno Barbey nous invite à la parcourir et à l’aimer. »

Jean-Luc Monterosso
Directeur de la Maison Européenne de la Photographie

 

SOUTIEN

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CATALOGUE

Un livre, publié par les éditions La Martinière, accompagne l’exposition.

 

Biennale des Photographes du Monde arabe

Exposition présentée dans le cadre de la Première Biennale des Photographes du Monde Arabe, à l’initiative de l’Institut du Monde Arabe et de la Maison Européenne de la Photographie.

 

En parralèle

En parallèle à l’exposition de la MEP, Planche(s) Contact, Festival de création photographique à Deauville, présente l’exposition « Bruno Barbey, Deauville : 1966 > 2015, Une folle allure », au Point de Vue, du 17 octobre au 29 novembre 2015.
http://www.deauville.fr