- Monographie
Lambours – XL expo MEP 2011
€15.00 TVA incluse
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« C’est par le cinéma – Hitchcock, Lang, Welles – et par la peinture, notamment avec le choc produit par la découverte de Mondrian, que Xavier Lambours en est indirectement venu à la photographie. Sous les auspices de Diane Arbus, aussi, dont les images carrées, prises au flash, l’ont conforté dans une écriture photographique singulière. Premier essai, premier succès précoce : Cannes 1983, publié dans Libération, invente une nouvelle façon de portraiturer dans la presse. Puis, très vite, la reconnaissance : Le Monde, Télérama, Le Nouvel Observateur et tant d’autres. Mais les stars, contrairement à une Annie Leibovitz ou à un Richard Avedon, ne sont pas « le monde » de Lambours, qui revendique ses racines prolétaires et petite-bourgeoises. Il s’en éloigne. Rebondit ailleurs, autrement, comme toute son oeuvre prolixe et protéiforme en témoigne. Une longue collaboration avec Vuitton – pour le centenaire du monogramme (1996), pour le « sacre » du ballon de foot lors de la Coupe du Monde (1998), la création de l’agence Métis, un séjour à la villa Kujoyama au Japon (1992), le prix Niepce (1994), des livres, beaucoup, des voyages, aussi. Lambours est un photographe du mouvement, de la recherche, de la remise en question de soi. C’est aussi un étrange rêveur, capable de rêver de photographies. Et un homme de fiction, auteur de romans-photos. Las de la presse, qu’il juge aseptisée, la technique prenant le dessus sur le personnage, conscient que « le combat est difficile », Lambours nous invite aujourd’hui à découvrir une (petite) part de son travail si fécond. Des portraits, des paysages, des nus. Les portraits, majoritairement photographiés en noir et blanc, sont aussi des formes dérivées et complexes d’auto-portraits, Lambours projetant sur Derrida, Duras, Lévi-Strauss, Mitterrand, Truffaut, Welles et tant d’autres ses propres interrogations, saisissant dans leur regard une forme d’inquiétude.