Kaléido scope

Le Jardin Niwa, Keiichi Tahara



Le jardin « niwa » est un lieu terrestre et spirituel à la fois où la matière des éléments épouse la spiritualité du vide. Entre le plein de l’espace et le vide de l’esprit, le niwa invite à la quiètude, à la contemplation et à la réflexion.

Tous les chemins qu’emprunte la pensée sont une longue et perpétuelle intuition et recherche de spiritualité. Selon les cultures, la place de l’Homme ou celle de la Nature est fondatrice. Parfois, l’Homme est le maître et la mesure de toutes choses et la Nature porte l’empreinte de sa volonté ou de son interprétation. Parfois, la Nature concentre et rassemble en-elle même la dimension d’absolu dans laquelle l’homme s’insère comme partie de ce grand Tout. La contemplation de la Nature est alors la voie par laquelle l’homme accède à cette part de spiritualité.

Chaque culture, mais aussi chaque parcours d’artiste reprend à l’infini cette quête de spiritualité.

Le niwa est indissociable de la lumière. Comme un support photosensible, le jardin recueille la lumière et en reflète les changements au fil du temps.

À travers la lumière et les variations chromatiques des heures, des jours et des saisons, le jardin devient instrument de contemplation, d’empathie avec l’absolu et d’approche du « ma ». La lumière ainsi retenue et déployée dans ce lieu ouvert donne vie à l’espace : elle accomplit l’alchimie de la matière et lui donne son âme.

Ici le souffle du vent, là le passage de l’ombre ou le fléchissement de la feuille composent les signes d’une présence spirituelle. La fragilité, l’éphèmère et le silence suggèrent le mystère infini au-delà du regard et cherchent à renouer le dialogue de l’âme et de la nature. Loin des perspectives géométriques et des effets paysagers, c’est ici la composition des éléments qui dit le mystère sans expliciter le message.

Le niwa est le lieu privilégié pour tendre vers un état de quiétude idéale, pour se libérer des passions et accéder ainsi à la contemplation.

Créer un jardin « niwa » à l’extérieur de la Maison Européenne de la Photographie, c’est tenter de recomposer les conditions ultimes d’une expérience artistique et spirituelle à la fois. C’est aussi illustrer dans un lieu symbolique la profonde signification de la lumière : la lumière comme mesure de l’absolu et fondement de l’art photographique.

Keiichi TAHARA

Note Biographique

Keiichi Tahara est né à Tokyo en 1951; il vit à Paris depuis 1972.

Considéré comme l’un des plus grands photographes d’architecture au monde, il a été de nombreuses fois récompensé : en 1988, il reçoit le prix Niépce pour l’ensemble de son œuvre; en 1995, il se voit décerner le Grand Prix de la Ville de Paris et participe à l’exposition inaugurale de la Maison Européenne de la Photographie.

En 1999, il participe au Festival Lumière de Lyon et inaugure la mise en lumière de la voûte du canal Saint-Martin à Paris.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont L’Architecture de fin de siècle (Kodansha, 1983), Opéra de Paris (Bunkensha, 1996), Le Louvre, Histoire, Architectures et Décors (1995), L’Égypte de Keiichi Tahara (1997) et Art nouveau (2000) aux Éditions Assouline.

 

Œuvre réalisée avec la complicité de Dom Perignon

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