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Les images oubliées de Germaine Tillion, François Gauducheau



Alors qu’une consultation publique cherche actuellement à définir quelles personnalités les français aimeraient voir entrer au Panthéon, le nom de Germaine Tillion est en bonne place dans les propositions de plusieurs associations revendiquant la présence de femmes dans ce temple dédié aux grands hommes. Le documentaire de François Gauducheau, Les images […]

Alors qu’une consultation publique cherche actuellement à définir quelles personnalités les français aimeraient voir entrer au Panthéon, le nom de Germaine Tillion est en bonne place dans les propositions de plusieurs associations revendiquant la présence de femmes dans ce temple dédié aux grands hommes.

Le documentaire de François Gauducheau, Les images oubliées de Germaine Tillion, est entré cet automne dans vidéothèque de la Maison Européenne de la Photographie.

PortraitGermaineTillion

« Lorsqu’on éclaire un monde, même affreux, on le domine »

Le propos de Germaine Tillion, dans cet entretien de 2004, quelques années avant sa mort, est vif, lucide. L’ethnologue, et résistante de 97 ans a conservé son sourire, celui qui lui a permis lors de la Seconde Guerre mondiale de traverser la pire des expériences humaines en gardant de la distance, autant que possible (notamment en créant une opérette parodique au sein même du camp de Ravensbrück).

Il aura fallu attendre plus de soixante ans pour qu’elle trouve le temps de publier ses photographies, celles qu’elle prit de 1934 à 1940 lors de ses voyages de recherche dans les Aurès, en Algérie.

Germaine Tillion parle ici de ses photographies de tribus nomades en mettant en perspective tous ses engagements. Elle créée naturellement des passerelles de réflexion entre ses différents combats : place de la femme dans les sociétés, accès à l’éducation, lutte contre la torture en Algérie, engagement dans la résistance, et expérience des camps de concentration. Celle qui fut l’élève de  Marcel Mauss nous emmène dans une pensée globale des réalités sociales.

Germaine Tillion est ainsi de ces intelligences éclairantes qui relient tout et s’intéressent également aux petits détails, jusqu’à un regard d’enfant fixé sur l’image et ce qu’il contient de sens.

Le documentaire du fonds « Images de la culture » réalisé par Stéphane Gauducheau, est entrée la vidéothèque de la MEP, et, au delà de l’œuvre photographique par ailleurs d’une grande qualité, il vaut aussi par la capacité d’un regard qui donne du sens.

« Elle a su combattre le mal, sans jamais se prendre pour le bien incarné » dira Tzvetan Todorov au sujet de Germaine Tillion.

Emmanuel Bacquet

Les images oubliées de Germaine Tillion, réalisation François Gauducheau, 48 minutes, 2001.
Dans le catalogue, une recherche simple avec le nom Tillion donnera accès au film.

 

 

 

 

 

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