Kaléido scope

Vickie
Roman Queens & Kings

Les films de Martine Barrat



Parmi les perles rares de la vidéothèque de la Maison Européenne de la Photographie, il y a les films réalisés par Martine Barrat, notamment Vickie, the President of the Roman Queens, et Trial, Roman Kings. Ces derniers ont été présentés en 1978 au Whitney Museum de New York. La photographe française […]

Parmi les perles rares de la vidéothèque de la Maison Européenne de la Photographie, il y a les films réalisés par Martine Barrat, notamment Vickie, the President of the Roman Queens, et Trial, Roman Kings.

Ces derniers ont été présentés en 1978 au Whitney Museum de New York. La photographe française était déjà considérée comme la mémoire de la vie du Bronx et de ses habitants.

(English below)

Les deux vidéos, regroupées dans la série « You Do the Crime, You Do the Time », sont des documents à la grâce touchante, bouleversants comme peuvent l’être certaines rencontres.
Rencontres entre une artiste généreuse capable d’établir un lien d’empathie et de respect mutuel avec les jeunes gens de Harlem, filmés fin 1972.

La revue AFRIKADAA note justement l’importance de la rencontre  dans le travail de Martine Barrat, et à quel point elle y « brise les carcans anthropologiques » qui régissent généralement les approches des « communautés » .

Ici Martine filme, avec un des premiers systèmes de vidéo portable, le procès d’un des leurs par le gang des « Roman Kings ».
La caméra, elle, ne juge pas, ne commente pas, à l’inverse de certains sujets télévisuels actuels.
Et la différence est si grande qu’ici, par la seule honnêteté du regard de l’artiste, on peut déceler chez ces « durs » au delà de leur violence, la part de détresse, de misère, et même d’enfance.
On peut alors se sentir proches d’eux, en empathie.

Et quand Martine filme Vickie, the President of the Roman Queens, pour recueillir à quatre heures du matin le témoignage de cette jeune chef de gang de seize ans, l’enregistrement atteint un sommet de beauté pure et fragile, à travers l’image vacillante de la vidéo, la neige sur Harlem, le saxophone de John Coltrane (les dix dernières minutes, magiques), et surtout par la sincérité absolue du moment. Moins de dix ans plus tard, Vickie Alvarez sera emportée par le Sida.

Emmanuel Bacquet

 

 

Films

Vickie, the President of the Roman Queens, 62 minutes, production 1976, Anglais non sous-titré
Trial, Roman Kings, 32 minutes, production 1976, Anglais non sous-titré

« Vickie a voulu enregistrer une vidéo. Angie, un des Roman Kings voulait être le cameraman. Il avait quatorze ans. Je lui ai juste demandé d’écouter et de filmer Vickie en gros plan. Il a fait un beau travail et il était si fier. Je n’oublierais pas ce moment si intense, où chacun était ouvert à l’autre. Vickie était pleine de vie, aimée et respectée par tous les membres des Roman Queens et des Roman Kings. Elle m’était si chère. »

Martine Barrat, mars 1990

 

« Vickie est un grand moment de vidéo vérité, elle est là, elle parle, elle est bouleversante. »

 Les cahiers du cinéma, juin 1982

 

 

À découvrir aussi

Last day of The Rhythm Club, 30 novembre 2006. Français

Dans le catalogue, une recherche simple sur le nom « Barrat », ou  « Vickie » donnera accès aux films.

Martine Barrat : http://www.martinebarrat.com/
Afrikadaa : http://www.afrikadaa.com/

Retrouvez aussi chaque weekend une sélection thématique en lien avec les expositions en cours, lors des cycles de projections à l’auditorium Bernard-Pierre Wolff.

Par ailleurs, la vidéothèque, située au sein de la médiathèque Roméo Martinez, vous propose de consulter librement sur place plus de huit-cents films sur la photographie.

 

En

Among the many treasures found in the video library are such films as Martine Barrat’s « Vickie, the President of the Roman Queens » and « Trial, Roman Kings. »
These were first screened on RAI Italian television during prime time and later in a hugely successful screening at the Whitney Museum in New York in 1978. At the time, French photographer Martine Barrat was already considered « the archivist of the South Bronx ».

Both videos, from her series « You Do the Crime, You Do the Time, » document moments of grace, as can sometimes occur in these types of encounters.
Filmed in late 1972, they record interviews by the artist, who establishes a connection with the young people from Harlem through generosity, empathy and respect.
The magazine « AFRIKADAA » notes the importance of such encounters in Barrat’s work, explaining that she « breaks the anthropological shackles » that generally govern our approach to « communities. »

Here, using one of the first portable video systems, Barrat films the trial of a gang member of the « Roman Kings » by his peers.
The camera itself neither judges nor comments on the situation.
In a sense, this document is the opposite of today’s television interviews.
Thanks to the honesty of the artist’s gaze, she evokes the gang members’ discontent and even remnants of their childhood, as if the viewer were seeing through their eyes, feeling close to them and empathizing with them.

In « Vickie, president of the Roman Queen, » an interview taped at four o’clock in the morning, Barrat invites the testimony of a sixteen-year-old girl who is former head of a girls’ gang.
The film attains a sense of fragile beauty, thanks to the flickering images, the snow in Harlem and John Coltrane’s music (the last ten minutes are magical) as well as the sheer authenticity of the moment.

Fewer than ten years after this interview, Vickie Alvarez passed away due to the AIDS virus.

Emmanuel Bacquet

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