Kaléido scope

Le Choix de la librairie #39



Chaque mois, retrouvez le choix de la librairie, par Irène Attinger : une sélection d’ouvrages parmi les nouveautés en vente à la librairie de la MEP, qui, en raison de leur originalité, de leur qualité éditoriale ou de l’importance de leur contenu, participent de l’image de l’édition photographique internationale.

Quand l’Afrique s’éclairera
Pascal Maitre

Texte de Jean-Marc Gonin
Édition Lammerhuber, Baden, 2017

« L’Afrique ne peut continuer à éclairer les autres continents  grâce à ses ressources en restant elle-même dans l’obscurité. »

Pascal Maitre explore l’Afrique depuis 40 ans. Quand l’Afrique s’éclairera traite des problèmes d’accès à l’électricité dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne au travers de reportages réalisés au Bénin, au Kenya, au Sénégal et en Somalie. Plus de 620 millions de personnes (deux tiers des habitants du continent) manquent d’électricité ce qui a d’importantes conséquences sur le développement économique, l’éducation et le système de santé.
En raison du manque de capitaux et de la corruption endémique qui règne dans de nombreux pays, la bataille entre la croissance démographique et la production d’électricité semble perdue d’avance. Pourtant un espoir existe au travers de solutions modestes et locales : des barrages, des panneaux photovoltaïques, des éoliennes… Jean-Marc Gonin cite le cas du village béninois d’Allankpon (2500 habitants) où la générosité d’un groupe de lycéens grenoblois a permis d’équiper un collège et demain un centre de santé et une maternité :
« Nés en pleine lumière, ces petits Africains-là pourront, sans aucun doute, espérer une vie meilleure que leurs aînés. À Allankpon, on ne verra plus le jour… dans le noir. »

 

Manhattan Transit
The Subway Photographs of Helen Levitt
Helen Levitt

Introduction par David Campany
Édité par Marvin Hoshino, Thomas Zander
Verlag der Buchhandlung Walther Konig, Köln, 2017

À la fin des années 1930 – peu après que la ville ait interdit de prendre des photographies dans le métro – Helen Levitt (1913-2009) fait son apprentissage auprès de Walker Evans alors qu’il photographie des voyageurs. Pour éviter des ennuis, il a peint son appareil photo 35 mm en noir. Il le glisse dans son manteau avec l’objectif sortant entre deux boutons et déclenche l’obturateur avec un câble caché dans sa manche. Dès 1938, Helen Levitt prend ses propres portraits dans le métro, d’abord avec l’équipement d’Evans. Plus empathiques et informelles, les plus belles photographies de Levitt sont le fruit de sa volonté de participer en tant que citoyenne, et non en tant que photographe.
Vers 1978, quatre décennies après sa première incursion, Levitt retourne dans le métro de New York, où le comportement du public est visiblement moins formel. Les images des années 1930 montrent des affiches art déco, des fourrures et des chapeaux élaborés, tandis que celles des années 1970 sont sur fond de graffitis. Il est difficile de savoir comment elle a travaillé, car elle parlait peu de son travail. « Si c’était facile de parler, je serais un écrivain », a-t-elle dit.
C’est la publication la plus complète des photographies d’Helen Levitt dans le métro de New York, dont beaucoup sont publiées ici pour la première fois.

 

Song of the Walés
Patrick Willocq

Textes de plusieurs auteurs
Kehrer Verlag, Heidelberg Berlin, 2017

Ayant vécu adolescent au Congo, Patrick Willocq y retournera à partir de 2009 pour y photographier les Bantous et les Pygmées.
Dans la forêt équatoriale du Congo (RDC), certaines femmes pygmées, mères pour la première fois, vivent recluses avec leurs enfants au milieu d’autres femmes chargées de leur bien-être. On les appelle les « Walés », ce qui signifie « femmes qui allaitent ». Pendant ce temps de réclusion, elles doivent créer un spectacle de danses et de chants pour le grand jour : leur libération. Depuis plusieurs années, je traduis les chants des Walés en images, au plus près du vécu de ces jeunes mères, actrices très complices de ma démarche, et tente ainsi de percer les mystères de ce rite initiatique ô combien symbolique (Patrick Willocq)

 

Black Trilogy, 1970-1974
Une aventure surréaliste
Ralph Gibson

Texte de Gilles Mora
Hazan, Paris, 2017

En 1966, Ralph Gibson arrive à New York pour se consacrer entièrement au projet de réalisation d’un livre photographique dont le langage serait neuf, influencé par le cinéma de la Nouvelle Vague (Jean-Luc Godard ou Alain Resnais) et le Nouveau Roman. Face à l’accueil mitigé des maisons d’édition traditionnelles, Gibson fonde Lustrum Press. En trois volumes, The Somnambulist (1970), Déjà-Vu (1973) et Days at Sea (1974), il publie un ensemble de ses photographies, plus tard connu sous le nom de The Trilogy (La Trilogie). Mise en page nouvelle, recherche d’un langage photographique autonome se passant de texte pour se suffire à lui-même, impression en noir et blanc, La Trilogie vient bouleverser la conception même du livre photographique traditionnel. L’accueil fait par la critique aux trois volumes permet à Ralph Gibson de se faire une place dans un milieu photographique beaucoup plus porté, à cette époque, vers une photographie documentaire. Il éditera, entre autres, Larry Clark, Mary Ellen Mark, Daniel Seymour.
« Le livre, pour Gibson, doit répondre à ses besoins créatifs personnels par de purs moyens visuels. Hormis la page introductive à The Somnambulist, précédemment évoquée, et les trois phrases sibyllines, seulement repérables par un observateur attentif […] aucun autre texte ne vient parasiter le flux des images des trois volumes de La Trilogie, sauf leurs titres. » [Gilles Mora]

 

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