1 œuvre, 1 minute – Daido Moriyama

Tous les quinze jours découvrez une pépite de la collection de la MEP. Aujourd’hui, découvrez l’œuvre « Stray Dog » du photographe Daido Moriyama

Daido Moriyama, Stray Dog, 1971

Are-Bure-Boke, “brut, flou, trouble”, trois adjectifs devenus une esthétique, celle dont s’empare la jeune garde de photographes japonais à la fin des années 1960, Daido Moriyama en tête. Éditée en 1968, sa première monographie Japan : A Photo Theater, fait scandale : il y dresse le portrait sans concession de marginaux, de strip-teaseurs, de comédiens ambulants et d’autres performers. Ce premier coup d’éclat signe l’urgence d’être au monde de ce maniaque du noir et blanc au grain appuyé, influencé tant par William Klein que Jack Kerouac, et qui a publié depuis ses débuts près de 300 ouvrages. Ses instantanés saturés et bruyants radiographient le chaos urbain, traquent le monde interlope : loup solitaire ou chien errant, il saisit la face sombre des villes, comme dans son quartier tokyoïte d’élection, Shinjuku, dont il ne se lasse pas d’écumer les bars.

Virginie Huet

Daido Moriyama

Daido Moriama est né à Ikeda-cho au Japon, en 1938. Il vit aujourd’hui à Tokyo.