Edward Weston et Tyler Mitchell seront présentés simultanément à la MEP, dans deux expositions distinctes réparties sur plusieurs étages. Bien qu’un siècle les sépare, leurs univers laissent apparaître des échos et des tensions subtiles, sans chercher la comparaison, invitant à réfléchir à leurs visions respectives de la photographie.
Une double exposition dédiée aux photographes Edward Weston et Tyler Mitchell ouvre en octobre 2025
La MEP est fière de présenter la première grande exposition consacrée à Edward Weston à Paris depuis 30 ans, aux côtés de la première exposition institutionnelle de Tyler Mitchell en France, réunissant deux voix photographiques aussi différentes que poétiques.

Edward Weston — Modernité Révélée
Cette exposition est une plongée exceptionnelle dans la naissance de la photographie moderniste à travers le regard et la pratique du célèbre photographe américain Edward Weston. Tirée intégralement de la prestigieuse collection du Wilson Centre for Photography, l’exposition retrace l’un des tournants décisifs de l’histoire de la photographie. Elle met en lumière le passage radical de Weston d’un style pictorialiste, raffiné, inspiré des codes de la peinture vers une esthétique moderniste épurée, précise et directe. C’est à cette époque que le photographe affine son style : il simplifie ses cadrages, élimine les artifices, privilégie les lignes, les formes, la lumière. Il photographie des objets ordinaires – coquillages, légumes, corps, pierres – avec une rigueur formelle extrême, transformant le réel en motifs visuels. Sa photographie devient langage, sculpture, regard.

Tyler Mitchell — Wish This Was Real
La MEP est honorée de présenter la première exposition personnelle en France de Tyler Mitchell, figure majeure de la nouvelle génération de photographes américain·es, du 15 octobre au 25 janvier 2026. Intitulée Wish This Was Real, l’exposition aborde ses thèmes de prédilection : l’autodétermination et l’extraordinaire beauté du quotidien.
L’œuvre du photographe américain Tyler Mitchell se déploie comme une ode à l’autodétermination, à la dignité et à la beauté du quotidien. Depuis son ascension dans le monde de la mode, Mitchell élabore un langage visuel sensible, mêlant subtilement portrait, paysage et narration utopique.
MEP Studio

© Felipe Romero Beltrán
Felipe Romero Beltrán — Dialect
Le Studio accueille, du 15 octobre au 07 décembre 2025, le projet Dialect de Felipe Romero Beltrán qui nous invite à faire l’expérience du temps et de l’attente à travers des gestes et des regards.
« Mon travail se concentre sur des situations sociales précises, des moments de transition, où les corps et les gestes deviennent une langue silencieuse pour parler d’appartenance et de déplacement. » — Felipe Romero Beltrán
Entre 2020 et 2023, Felipe Romero Beltrán a documenté la vie de neuf jeunes hommes marocains hébergés dans un centre pour migrants à Séville. Entrés illégalement en Espagne et en attente de la régularisation de leur situation administrative, ils sont assignés à résidence dans ce lieu d’hébergement. Durant ces trois années, correspondant à la durée moyenne du processus légal pour obtenir un permis de séjour, Beltrán a su établir une relation de confiance avec ses sujets, dont il raconte le quotidien.
Dialect mêle différentes typologies d’images, certaines prises sur le vif, d’autres mises en scène et élaborées en collaboration avec les protagonistes, qui rejouent notamment des souvenirs de leur traversée. Face à la violence du système judiciaire, de l’enfermement et de la migration forcée, Felipe Romero Beltrán oppose un langage formel où la douceur et la tendresse affleurent dans chaque image.

Sarah Van Rij — Atlas des Échos
En deuxième partie de Saison, le Studio accueille, du 11 décembre 2025 au 25 janvier 2026, le projet photographique de l’artiste Sarah van Rij, qui déploie une vision singulière de la rue, entre observation documentaire et construction poétique.
L’exposition présente une sélection des séries réalisées par Sarah van Rij au fil de ses déambulations dans les grandes métropoles. Réunissant paysages urbains, autoportraits et collages, l’artiste dresse un portrait poétique de ville moderne — morcelée, énigmatique, portée par un rythme cinématographique. À travers son objectif, les passant·es deviennent personnages d’un théâtre urbain : silhouettes cadrées à travers une vitre, ombres portées, détails de mains ou de vêtements saisis dans le mouvement.
Cette approche visuelle, à la frontière entre la photographie de rue et une esthétique cinématographique, transforme l’ordinaire en scène sensible. Chaque image traduit l’intensité d’un instant fugace, révélant comment le hasard, le rythme de la foule et la lumière composent des récits fragmentaires.
Sarah van Rij réalise également des collages exclusivement à partir de ses propres photographies, comme une forme de recyclage de son travail, prolongeant ainsi ses explorations visuelles au-delà de la prise de vue.
Par cette attention aux signes invisibles du quotidien, Sarah van Rij interroge la notion même de regard : que voyons-nous lorsque nous déambulons dans la rue ? Que nous disent les gestes des autres, les reflets ? Ses photographies ouvrent un espace de projection et de rêverie, où se mêlent contemplation et imaginaire.
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