Alain Bublex
Glooscap

La MEP

Alain Bublex

Le travail d'Alain Bublex, nourri autant de données fictives que d'éléments réels, met en jeu des domaines d'activités ou de connaissance tels que le design, architecture, urbanisme, histoire, géographie, art conceptuel.

L'exposition

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Alain Bublex œuvre depuis 1985 à un projet urbain susceptible d’engager une vie entière. Tout commence par une rêverie nostalgique nourrie par le souvenir de grandes villes américaines, songe qu’accompagne et illustre le dessin, amorcé distraitement, d’une métropole des Etats-Unis vue d’avion. Bientôt, ce qui n’était pas même un jeu, subtilement tourne à l’obsession : une ville entière, réelle voit le jour. “Rapidement une convention s’installe : cette ville imaginaire ne doit pas être utopique, elle ne doit rien démontrer. Elle n’est pas une solution mais une imitation. Il s’agit d’imaginer une nouvelle, une autre ville, cohérente et incohérente comme toute ville façonnée par l’histoire”. […] Son implantation dans un site réel – étape seconde de sa création – devra être tentée dans des lieux respectant sa physionomie, sa structure, son étendue. […] “Cette ville américaine sera canadienne”.

C’est à partir de cette donnée géographique précise, réaliste, que l’histoire de la ville a pu être reconstituée, à rebours, déduite qu’elle fut de la nature des paysages, du climat de ce pays, de l’histoire véritable de la région. Son nom, en tout premier lieu, Glooscap, est celui d’une divinité indienne de ces contrées, dieu puissant qui changea en pierre une horde de loups poursuivant un troupeau d’orignaux. […]

Le travail d’Alain Bublex, nourri autant de données fictives que d’éléments réels, met en jeu des domaines d’activités ou de connaissance tels que le design, architecture, urbanisme, histoire, géographie, art conceptuel.[…] Il ne crée pas “sa” ville, il simule une archéologie, et surtout ose, avec une impertinente simplicité [..] s’en tenir à la narration d’une histoire, car il faut savoir entendre et voir Glooscap-la ville comme une histoire que l’on nous raconterait, une histoire sans autre ambition que de nous entretenir de la magie des villes.

Extrait d’un texte de Jean-Yves Jouannais, in Art Press, mai 1992

Ce projet a été présenté, à différentes étapes d’élaboration, à la galerie Georges-Philippe Vallois, Paris (1992 et 1996), au Hall de l’image, Lyon (1993), à la galerie des Franciscains, Saint-Nazaire (1988), Centre d’Art Contemporain, Tours et au F.R.A.C. Provences-Alpes-Côte d’Azur, Marseille (2000), au F.R.A.C. Basse-Normandie, Caen (2001).

En relation avec cette exposition, la MEP propose des visites-découvertes d’exposition pour les enfants et une conférence en présence de l’artiste. Pour plus d’information, vous reportez dans la rubrique “Les rencontres”.