Bruno Rosier
Un état des lieux ou la mémoire des parallèles

La MEP

Bruno Rosier

L'exposition

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BR1bEn 1992, Bruno Rosier découvre aux Puces vingt-cinq tirages, datés de 1937 à 1953, représentant un même personnage photographié seul devant les sites célèbres du monde entier. Cette trouvaille est le point de départ d’un travail photographique qui se veut aussi une mise en abîme de la représentation de soi et de la démarche artistique. Bruno Rosier décide en effet de partir sur les traces de cet homme, dont on ne connaît que les initiales, R.T., en reproduisant un demi-siècle plus tard les mêmes clichés.

Les pyramides d’Égypte, les chutes du Niagara, le pont de Brooklyn, la baie de Rio, etc., les images jumelles de ces hauts lieux du tourisme international révèlent un monde en changement qui parfois reste étrangement le même. En passant d’une photographie à l’autre, le regard nous entraîne dans la quête d’un Sosie livré au vertige de l’identité.

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À travers ces autoportraits, démultipliés selon un même modèle et une logique constante, Bruno Rosier jette le trouble sur l’identité singulière de chaque individu et semble nous intimer qu’à trop vouloir montrer son existence, elle finit par disparaître dans la banalité du quotidien et des images. Par ses prises de vue, Bruno Rosier interroge notre relation à l’autre, ce double improbable et obsédant qui hante notre imaginaire.

BR4bLa figure du double, tout à la fois semblable et différent, est un thème récurrent dans l’œuvre et la démarche de Bruno Rosier. Le double ou plutôt les doubles si on considère l’ensemble des membres du collectif “A Propos du Monde”, que le plasticien crée dans les années quatre-vingt-dix. Titre éponyme d’un vaste projet artistique, à l’intérieur duquel s’inscrit “Un état des lieux”, APM réunit un graphiste et designer Rosa Morena, le critique Emmanuel Kraft, le photographe José Estibal, et bien sûr Bruno Rosier.

Toutes ces personnalités n’en forment cependant qu’une et sont les différentes facettes du facétieux plasticien qui nous plonge avec délice dans l’évidence de cette complexité. L’artiste brouille les pistes, comme pour mieux nous livrer nos propres problèmes d’identité.