Byung-Hun Min

Byung-Hun Min

Né en 1955 à Seoul, Byung-Hun MIN développe depuis plus de trente ans une oeuvre photographique singulière qui tend à rendre visible ce qu’il considère comme l’essence même de son pays : la simplicité et le silence.

L'exposition

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Byung-Hun Min,mg 407, 2013 ©Byung-Hun Min, courtesy La Galerie Particulière

Autodidacte, Byung-Hun MIN a passé de nombreuses années à étudier les techniques de développement des photographies argentiques qu’il continue de tirer lui-même dans son atelier près de Séoul. Imprimées sur du papier patiemment choisi pour chaque série, dont la trame visible à l’oeil nu participe de l’oeuvre, ses photographies – toujours en noir et blanc – nous donnent à voir, ou plutôt nous laissent deviner, dans de subtiles nuances de gris, les paysages délicats de la Corée du Sud.

Les photographies de Byung-Hun MIN ont l’évanescence d’un dessin au crayon : très peu contrastées, à la blancheur cassée, délibérément sans éclat, ses oeuvres en appellent à l’art de la discrétion. A peine apparaissent quelquefois dans ces paysages, sur la monotonie photographique, le tremblement d’une ligne, d’un horizon, un plissement que l’on imagine soyeux, une forme géométrique sans rigueur ni blessure, ou bien, tel un secret, dans un recoin, les prémices d’un arbre ou le vol lent d’un oiseau.

Parallèlement Byung-Hun MIN a entrepris depuis quelques années un travail sur le corps et la figure humaine dans lequel se retrouve cette mise à distance poétique face à son sujet. Si cette épure est toujours présente dans les nus, où les focus sur certains détails du corps vont jusqu’à perdre le motif dans un mélange de genres qui peut sembler déroutant au premier abord, nous faisant confondre les courbes d’un bras avec un vallon enneigé, dans les portraits, les silhouettes féminines semblent à l’inverse apparaître, prendre corps, s’extraire du fond vaporeux.

Moment imperceptible entre clarté et dissolution, art de l’invisible, de la réserve et du retrait, les photographies de Byung-Hun MIN appellent un autre temps, plus long et silencieux, plus appuyé aussi, qui requiert une attention du regard, une tension de la perception.