Carlos GaraicoaNi Christ, ni Marx, ni Bakounine


Avec ses nombreuses photographies, installations, et textes sur la signification des expériences urbaines, l'artiste cubain Carlos Garaicoa peut être lié à une longue lignée historique de créateurs qui ont œuvré pour exprimer leur relation personnelle avec la ville, celle qui est dans laquelle ils vivaient ou celle qu'ils avaient adoptée.

CG_01bTraduction du texte d’Edward J. Sullivan, « Carlos Garaicoa, mythologiste urbain »

Le tissu urbain et sa fragilité sont un sujet qui a préoccupé de nombreux maîtres de l’art littéraire et visuel. Avec ses nombreuses photographies, installations, et textes sur la signification des expériences urbaines, l’artiste cubain Carlos Garaicoa peut être lié à une longue lignée historique de créateurs qui ont œuvré pour exprimer leur relation personnelle avec la ville, celle qui est dans laquelle ils vivaient ou celle qu’ils avaient adoptée. Dans le cas de Garaicoa, qui crée une mythologie intense pour exprimer son lien émotionnel complexe avec l’espace urbain, cette ville est la sienne : La Havane.

Toute personne ayant visité la Havane comprend le magnétisme, la lassitude et le désespoir qui en émane. De somptueux immeubles négligés depuis des années, la peinture pelée des murs, des pavillons déchirés et les détails des sculptures qui ont à peine survécu sur les structures datant de l’époque coloniale jusqu’au début du vingtième siècle. Les boulevards élégants sont désormais bordés par les fantômes d’autrefois. L’expérience d’être à la Havane, surtout dans la vielle vile, ressemble à un rêve. Elle est à la fois troublante, fascinante et nous désoriente.

CG_02bDans le travail de Garaicoa, nous saisissons immédiatement l’envergure de la complexité des émotions qui accompagne la vie quotidienne des citoyens de la Havane. L’art de Garaicoa nous parle de son histoire urbaine, de relations ardentes avec certaines rues et immeubles, et du pouvoir évocateur des structures individuelles. À travers son art, nous vivons l’expérience de la Havane. Même si nous n’y sommes jamais allées, Garaicoa nous permet de formuler notre vision de la ville, en montrant son affinité à l’endroit d’une manière palpable et passionnée. Il façonne sa propre structure mythologique autour de l’idée de Havane. Cela devient la scène d’une toile complexe de suggestions qui nous permet de sentir non pas l’architecture ou les rues elles-mêmes mais l’essence, l’auréole et les qualités spirituelles du lieu.

CG_03bPeut-être est-il près de Jorge Luis Borges, lui-même faiseur de mythe et commentateur des mystères et qualités essentielles de la ville – mystérieusement fascinante, parfois opaque et obscure, toujours visuellement belle et sensuellement provocante – dans l’œuvre de Garaicoa. En effet, il crée une double vision entre le réel de La Havane et une ville intérieure qui peut parfois être une espérance allant vers l’utopie.

Cette exposition est organisée en collaboration avec Farideh Cadot.

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