Claude Lévêque
Le crépuscule du Jaguar

La MEP

Claude Lévêque

L’installation Le Crépuscule du Jaguar, acquise par la Maison Européenne de la Photographie pour sa collection vidéo en 2009, présente une image vidéo en noir et blanc de deux yeux séparés par un mur, s’inscrivant parfaitement dans cet univers. Son titre est un clin d’oeil à l’album de JoeyStarr “Gare au Jaguarr”, qui fait lui-même référence à la chanson de Brassens “Gare au gorille”.

L'exposition

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Le Crépuscule du Jaguar, 2007 Installation in situ (détail), Moulins Albigeois, Centre d’art le Lait, Albi Double vidéo projection en boucle, 13s © ADAGP Claude Lévêque Photo. Claude Lévêque Courtesy the artist and kamel mennour, Paris

Claude Lévêque est reconnu depuis de nombreuses années comme un artiste majeur de la scène française et internationale. Ses œuvres se réfèrent à la culture populaire, à l’environnement quotidien et aux images mentales. Il crée des ambiances, des environnements et des objets, et élargit la dimension de l’installation en utilisant les effets de la lumière et du son. Jouant de la capacité des œuvres à provoquer des émotions visuelles et sensibles, il bouscule les habitudes perceptives et réactive les références culturelles nécessaires à sa création.

L’installation Le Crépuscule du Jaguar, acquise par la Maison Européenne de la Photographie pour sa collection vidéo en 2009, présente une image vidéo en noir et blanc de deux yeux séparés par un mur, s’inscrivant parfaitement dans cet univers. Son titre est un clin d’oeil à l’album de JoeyStarr “Gare au Jaguarr”, qui fait lui-même référence à la chanson de Brassens “Gare au gorille”.

L’œuvre a été réalisée par l’artiste pendant une période de deux ans, dans un hôpital pour enfants souffrant de troubles psychiques. Les yeux ne clignent pas, ne se ferment jamais. L’œil est vu à travers un œilleton et, comme dans un miroir. En y regardant de plus près, l’iris reflète la silhouette de l’artiste en train de prendre l’image. Cette pièce explore la perception visuelle, mais peut également être interprétée comme une métaphore pour la photographie. Elle questionne la définition du regard et le voyeurisme, ainsi que la relation de l’artiste à son sujet. Qui regarde qui ? Cet œil est-il en train de guetter sa proie ou bien est-il effrayé tel un animal tapi sur lui-même en espérant que passe le danger ?

Parallèlement à l’exposition à la MEP, Claude Lévêque est l’artiste qui représente la France à la 53e Biennale de Venise. Il propose, au sein du Pavillon français, une installation intitulée Le Grand Soir.

“L’essentiel de l’œuvre de Claude Lévêque consiste en installations qui articulent objets, sons et lumières et s’emparent puissamment des lieux et des spectateurs. Il développe ainsi, depuis le début des années quatre-vingt, un univers du saisissement, à mi-chemin entre coercition et ravissement » écrit Christian Bernard, commissaire du projet pour la Biennale de Venise. “Mémoire traumatisée ou nostalgique des émerveillements de l’enfance, ambivalence des signes et des affects, rage du désir, révolte devant la difficulté d’être et la violence du monde, l’univers de Lévêque trouve son matériau et focalise son objet dans la destruction. L’inconfort ou l’inquiétude existentielle qui sourdent de ses mises en scène, l’ambiguïté des sentiments que suscitent ses dispositifs emblématisent les formes contemporaines du contrôle social et de l’oppression — servitude volontaire ou non.”