• Claude Mollard, L’homme naturel de Jean Jacques, 2007, Détail d’un tronc d’érable, Parc Rousseau, Ermenonville © Claude Mollard
  • Claude Mollard, Le chaman barbu, 2009, Détail de roche et de lichen, Machu Picchu, Pérou © Claude Mollard
  • Claude Mollard, La princesse voilée, 2007, Détail de cœur de palmier, Barra grande, Brésil © Claude Mollard
  • Claude Mollard, Le clown bleu, 2016, Reflets dans les canaux de Venise, Italie © Claude Mollard
  • Claude Mollard, L’orgueil, 2012, Série des « Sept péchés capitaux », Effet de vague sur la plage noire d’Ilha grande, Brésil © Claude Mollard

Maison Européenne de la Photographie

Claude MollardUne anthropologie imaginaire


Claude Mollard développe depuis plusieurs années un travail photographique engagé dans des préoccupations naturalistes et anthropomorphiques. Sa pratique s’organise autour d’un même axe : débusquer les traits d’un visage à travers de multiples réalités, qu’elles appartiennent au monde végétal ou minéral.

Claude Mollard s’empare de la photographie comme d’un instrument d’investigation, porté par une intention qui mêle à son aventure plastique l’histoire de l’art ainsi que des considérations philosophiques croisant l’anthropologie. Si les motivations sont complexes, sa démarche s’organise autour d’une obsession : débusquer les traits d’un visage à travers de multiples réalités – c’est pour l’essentiel dans cette direction qu’il pointe son objectif, même s’il s’autorise quelques digressions, notamment en se rapprochant d’œuvres d’artistes aussi différents que Krajcberg ou César -. Il mène son exploration dans des territoires très variés, proches et lointains, aussi bien sur le continent européen qu’américain ou asiatique. Il opère dans la nature comme dans des endroits « travaillés » par l’homme, où la main du bâtisseur a déposé son ouvrage. Ce sont également des mouvements de matières liquides d’où surgissent des formes éphémères et qui requièrent alors des « instantanés » photographiques, par différence avec des objets solides qui traversent le temps.

Certains de ces visages s’imposent comme des évidences ; d’autres apparaissent plus lentement et selon la distance entre le spectateur et la photographie, le motif peut demeurer imperceptible. C’est également la légende donnée à la photographie qui donne le sens du déchiffrement – étymologiquement, légende signifie d’ailleurs ce qui doit être lu -.

Dans le travail de Claude Mollard, il ne s’agit pas seulement d’une double lecture associée à la présence d’une image sous l’image, à la suggestion d’une forme au sein d’une matière. Le photographe donne à sa démarche d’autres dimensions : le visage est souvent porteur d’une expression, celle d’un caractère ou d’un sentiment, et certains profils font étrangement écho à ceux d’une personnalité.

L’ensemble que réunit aujourd’hui Claude Mollard peut être regardé comme une galerie de portraits qu’il s’emploie à classer avec méthode. Il décline des visages dont il se plaît à dire qu’ils remontent à des temps immémoriaux et qu’il définit comme des « origènes ». Ils pré-existent peut-être même avant l’apparition de l’homme sur Terre. Et si le regard photographique participe de leur mise en lumière, si Claude Mollard distingue la figure au travers d’une brutalité des matières, il met aussi ses pas dans ceux d’artistes comme Jean Dubuffet qui pensait l’art avant l’art.

 

Commissaire d’exposition

Gabriel Bauret

 

Catalogue

Un livre, publié aux Éditions Dilecta avec un texte d’Edgar Morin, accompagne l’exposition.

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