• Colette Pourroy, Femmes à la plage, 2010 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, Protection fragile, 2012 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, Anna la diva, 2013 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, Ombres à part, 2013 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, L'Homme au parasol, 2013 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, Eclats de rêve, 2013 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, Vue de ma fenêtre, nuit, 2013 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, Les mariés, 2013 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, Jeune femme à la tresse, 2013 ©ColettePourroy
  • Colette Pourroy, Cat en transparence, 2013 ©Colette Pourroy

Little Big Galerie

Colette PourroySur la rive de soi


Les photographies de Colette Pourroy nous emportent dans un entre-deux où l’image semble suspendue entre négatif et positif, entre rêve et réalité, entre vérité et mensonge. Nul ne peut se rendre consciemment dans l’univers des rêves pour en ramener des images. Elles hantent notre mémoire, parfois plus fortement et plus durablement que celles du monde réel. Elles reviennent comme on le dit des fantômes ou des âmes errantes.

Nous ne nous demandons pas comment sont faites ces images-là, où elles sont prises, quels événements s’y produisent. Elles mêmes sont événement, ou plutôt avènement. Un lit de fer reposant sur une pelouse, une porte ouverte, une fenêtre éclairée, une route nocturne… Les images sont à l’évidence ancrées dans la vie personnelle de l’auteur, mais nul aspect anecdotique n’entache leur puissance onirique. Certains films engendrent la même énigmatique fascination. Nous ne pensons pourtant pas, comme Murnau, « qu’ une fois le pont franchi les fantômes viendront à notre rencontre », mais qu’ils sont là, parmi nous, en nous lorsque la raison et la logique acceptent de lâcher la bride à l’imagination.

Il faut considérer ici non seulement chaque image pour elle-même, mais aussi la manière dont elles dialoguent, la narration qui s’élabore. Ce mouvement des images toutes ensemble, à ce flux construit évoque alors le cinéma. Il suffit pourtant ici de la co-présence et non de l’enchaînement. Des choses se passent dans le non-vu, dans l’interstice. L’espace ménagé entre les photographies est éloquent comme un signe de silence dans une partition musicale.

Le monde de Colette Pourroy est celui de l’allusion, de la coupure et de l’ellipse, en quoi il est profondément photographique. Il ne reste en définitive à considérer que la présence muette des choses, leur énigmatique manière d’apparaître – de temps en temps, grâce à la photographie – telles qu’elles sont sans doute à notre insu.

Anne Biroleau

 

Commissariat : Constance Lequesne

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