Maison Européenne de la Photographie

CYCLE DANCE WITH ME VIDEOPROGRAMMATION WEEK-END #6


Dans le cadre du cycle DANCE WITH ME VIDEO, une sélection de vidéos d’artistes est proposée chaque week-end.
Cette programmation variée est riche de neuf thématiques qui sont autant de façons d’envisager le corps, le mouvement et la danse.

DANSE DANSE !

Le samedi 27 et dimanche 28 mai de 14h30 à 15h00

 

Laurent Fiévet (France)

Up to Argentina (série « Dem bones – Dislocated »), 2014, 7’01’’ (extrait)
La danse danse – et quand elle danse, elle danse ! Ici « la méthode Fiévet » est à couper le souffle – au propre comme au figuré, et en regardant ne serait-ce qu’un extrait du film de Fiévet, l’on s’essouffle et l’on s’énergise à la fois. Les spectateurs du fait même de la répétition constante des mouvements virtuoses des danseurs semblent encore plus immobiles qu’ils ne le sont dans le film original (Ce que Femme veut) et le contraste entre les danseurs – « les Nicholas Brothers » – et les spectateurs – ceux du film et nous-mêmes – en est encore accentué. Un travail acrobatique, de la part de Laurent Fiévet tout autant que de la part des Frères Nicholas !

 

Kathi Prosser (USA)

Horses never lie, 2003, 5’09’’
Les chevaux ne mentent jamais. Tel est le titre du premier court métrage de Kathi Prosser, récompensé en 2003 par le Choreography Award for Outstanding Achievement in Short Film (Los Angeles). Cette vidéo sensuelle, filmée dans une écurie, scrute le mythe de la métamorphose : naissance, développement et renouveau sont déclenchés ici par le mouvement. De la danseuse Caroline Richardson émane une énergie follement animale : elle se métamorphose en cheval pour faire véritablement corps avec lui. Puissant, royal et élégant, capable de nous faire parcourir le monde, le cheval symbolise l’instinct, la force de vie, la liberté sans frontières. Dans toute l’Histoire de l’Art, l’Homme a toujours projeté sur la figure du cheval sa propre nature ambiguë et divine. Kathi Prosser propose un nouveau genre de relation entre l’homme et le cheval, un nouveau dialogue entre culture et nature. La danse libératrice !

 

David LaChapelle (USA)

Take me to church, 2014, 4’08’’
Take me to Church, œuvre du chanteur irlandais Hozier, dont la mise en scène a été confiée à David LaChapelle, est devenue iconique, notamment au sein de la communauté LGBT. Véritable chorégraphie politique parfaitement exécutée par le danseur de ballet Sergeï Polounine, cette chanson dont les paroles sont signées Hozier, dénonce en filigrane l’homophobie en Russie. Dévoilant une danse néo-classique et la mise en scène épurée de LaChapelle, la vidéo transporte le spectateur entre extérieur luxuriant et intérieur vide, entre pirouettes impressionnantes et mouvements méditatifs quasi religieux. La caméra ne laisse pas Polounine s’échapper du cadre, de cette grange dans laquelle la lumière semble s’intensifier au fur et à mesure que la chorégraphie avance. Envouté, le spectateur ne peut que ressentir une rage de vivre.

Mon aimé/e a le sens de l’humour
Elle rit aux enterrements
Le monde entier désapprouve elle le sait
J’aurais dû la vénérer plus tôt
(Traduction libre, Barbara Polla)

Clorinde Durand (France)

Naufrage, 2008, 6’17’’
Contrairement à la surenchère pyrotechnique qui envahit chaque jour nos écrans, le film de Clorinde Durand joue avec la soustraction, avec ce que l’on pourrait appeler l’intériorisation de l’apocalypse. Son « Naufrage » semble un inventaire de nos peurs obsessionnelles. Mais de quoi s’agit-il ? Un accident, une crise nerveuse, une explosion ? La scène pourrait être le point culminant d’un scénario de cauchemar : une émotion purement physique, captée au ralenti. Etrange chorégraphie se déroulant en apesanteur à l’intérieur de bureaux dans lesquels les corps des personnages en costumes et tailleurs valsent aux cotés des classeurs, étagères, feuilles volantes au milieu une poignée de meubles abstraits, sur le point d’être engloutis pas le vide ambiant. Le vide danse lui aussi !

 

Jenni Hiltunen (Finlande)
Grind, 2012, 4’03’’

Ironique et sexy, drolatique et séduisant, coloré et entraînant, voici The Grind Show ! Des fesses pleines, souriantes, mobiles, rythmées, virtuoses, charnelles, maîtrisées, dansantes en un mot… et des cuisses à l’envi. Qui plus est, les mouvements originaux sont quarante fois plus rapides (le film est tourné au ralenti) ce qui augmente encore la proximité du spectateur aux danseurs et à leurs formes irrésistibles. Entre humour et provocation, une plénitude à portée de mains. Un exemple de la richesse florissante de l’art vidéo finnois.

 

Lee Yanor (Israël)
Coffee with Pina, 2006, 53’06’’ (extrait)

Lee Yanor rencontre Pina Bausch en 1994, après son exposition personnelle au centre Pompidou, intitulée « Images de Danse ». Pina Bausch l’invite alors à Wuppertal, pendant l’été 1994, où se déroulait un festival de danse avec plusieurs de ses chorégraphies. Les photographies les plus abstraites de Lee Yanor, inspirées par les notions de mémoire, de traces, de perte, de joie, inspirent à leur tour Pina Bausch qui confie à Lee une « carte blanche ». Coffee with Pina est réalisé en deux temps, en 2003 (Partie I) et 2006 (Partie II). De manière tout à fait exceptionnelle, Pina reprend son solo de Danzon pour Lee Yanor. Plus que d’être fidèle à la chorégraphie, ce film lie le flux des images au flux de l’énergie de la chorégraphe – et de la vidéaste.

 

Jeanne Susplugas (France)

Carne, 2010, 1’48’’

Filmé dans la boucherie Emsalem (Paris) à l’occasion du parcours d’art contemporain Carne (commissaires : Anne-Marie Jeannou & Sarah Fossat), le film éponyme (viande en italien) montre une danseuse en tutu court, fantomatique, qui enfile avec la plus grande élégance de ses doigts gantés de cotte de maille des morceaux de viande rouge qu’elle a préalablement coupés sur le billot. Les sons très particuliers de la boucherie accompagnent la danseuse dans sa préparation, puis Verdi reconduit notre imaginaire sur la scène du théâtre où la même danseuse va monter sur ses pointes, entre souffrance (adoucie en l’occurrence par la viande) et jouissance, entre violence et grâce. La danse ici, comme un oxymoron, entre terreur et beauté. Sublime.

 

COMMISSAIRES

Barbara Polla et Nicolas Etchenagucia

 

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