Maison Européenne de la Photographie

CYCLE DANCE WITH ME VIDEOPROGRAMMATION WEEK-END #5


Dans le cadre du cycle DANCE WITH ME VIDEO, une sélection de vidéos d’artistes est proposée chaque week-end.
Cette programmation variée est riche de neuf thématiques qui sont autant de façons d’envisager le corps, le mouvement et la danse.

La danse liquide

Le samedi 20 et dimanche 21 mai de 14h30 à 15h00

©Enrique Ramirez

Laurent Fiévet (France)
Keep dancin’ (série « They don’t shoot horses, don’t they ? »), 2010, 10’52’’ (extrait)
Gene Kelly évidemment… I’m singing in the rain
Just singing in the rain
What a glorious feelin’
I’m happy again
I’m laughing at clouds
So dark up above
The sun’s in my heart
And I’m ready for love
Come on with the rain
I’ve a smile on my face
I walk down the lane
With a happy refrain
Just singin’,
Singin’ in the rain
Dancin’ in the rain
Because I am living
A life full of you.

Janet Biggs (USA)
Airs above the ground, 2007, 5’21’’
Airs Above the Ground : la natation synchronisée devient, dans l’objectif de la vidéaste américaine, une danse inversée, une performance insensée réalisée par une jeunesse à la recherche d’une impossible perfection, se contraignant elle-même de manière plus serrée encore que ne le fait la société. Les images éthérées, toute gravité abolie, en suspension, ralenties, nous révèlent, derrière la magie de la séduction, les efforts immenses qui sous-tendent l’apparente facilité du corps, des mouvements et des gestes. La beauté liquide, la fluidité du résultat tendent à nous faire oublier que les codes imposés sont d’une rigueur maximale – mais sans y réussir et l’inversion des images révèle l’inversion du désir.

Faye Formisano (France)
Beach noise, 2009 8’17’’
« Allongée sur une plage, une femme voit sa vie défiler. Gina est hantée par ses souvenirs, ses revenants, les moments décisifs de son histoire. Les fantômes du passé émergent un à un et dansent devant elle à la surface de l’eau, lui recrachant par vagues les histoires oubliées… ».
« Beach Noise est un portrait textile, visuel et chorégraphique. Un spectacle où le design textile s’allie à d’autres disciplines : la danse, le texte et la vidéo. Un spectacle où dansent et s’animent les tissus, les vêtements et les corps, ballottés, remués, refoulés par la mer, et ses éternels ressacs. Une mer de vêtements de 72 mètres carrés envahit la scène pour devenir, plus qu’un décor, une mer à danser, l’objet-contrainte de la chorégraphie. »

Enrique Ramirez (Chili)
Continente n°3, 2016, 6’18’’
Enrique Ramirez présente en ce moment à la Biennale de Venise la vidéo Un Hombre che camina. Enrique Ramirez est aussi l’artiste que nous citons en exergue du catalogue DANCE WITH ME VIDEO,  pour cette phrase qui correspond très exactement à notre perception de la vidéo : « J’ai découvert quelque chose dans la vidéo qui n’existe nulle part ailleurs – je peux travailler avec le son, l’écriture, l’image et l’édition tous à la fois, en mélangeant la fiction avec le documentaire. »
La plupart des vidéos d’Enrique Ramirez ont à voir avec la mer : « Tout d’abord, dit-il, ma famille a un lien fort avec la mer, notamment du fait que mon père fabrique des voiles pour bateaux. J’ai l’impression d’être né dedans. Il y a aussi le lien géographique avec l’immense littoral du Chili : les liens politiques, l’utilisation de la mer pendant la dictature pour faire disparaître des corps… La mer, c’est la seule chose au monde qui demeure inchangée. La mer enfin, telle un lieu d’exil et la mer, encore, ou l’eau, comme essence de la vie. »
Dans Continente n°3, œuvre éminemment poétique, on voit une jeune femme sur un minuscule radeau, en robe blanche, flottant à la dérive sur l’eau alors que le radeau danse sur l’eau… La jeune femme chante « There’s such a lot of worlds » puis soudain disparait, il n’y a plus personne sur le petit radeau…  Le mélange très « ramirezien » de la réalité (les vues sur les berges urbaines, la ville, les ponts…) et d’un certain surréaliste est une manière de communiquer avec le spectateur, une façon de dépasser le réel et l’angoisse qu’il génère.

Fernanda Rappa (Brésil)
Ininterrupto, 2014, 12’40’’ (extrait)
Ici ce sont les arbres qui dansent. Ils dansent une danse de la mort puisqu’ils vont tomber, coupés à leur base. Mais on ne voit pas les machines qui les scient et le son pourrait être un rythme pour les faire danser… Ils dansent, les arbres, ils se prennent dans les bras les uns des autres, ils flottent, flottent dans l’air liquide, résistent à la chute, se caressent avant de tomber, avec tendresse. Leur danse – leur chute – évoque certaines œuvres de la chorégraphe expérimentale Elizabeth Streb, qui se passionne depuis toujours pour la chute comme forme de destinée humain. La chute des arbres fonctionne comme courroie de transmission de l’émotion, qui coule sans effort des images qui la contiennent au spectateur que nous sommes. Eh bien, dansons maintenant !

Eléonore Saintagnan (France)
L’esprit de la roche, 2015, 21’43’’ (extrait)
L’Esprit de la roche a été tourné alors que l’artiste Eléonore Saintagnan parcourait les environs de Séoul. L’œuvre dessine un voyage au travers de la ville, des forêts, des montagnes qui l’entourent, esquissant un portrait des nombreuses religions et orientations spirituelles de ses habitants. Toute promenade est une chorégraphie, toute incantation, une mise en scène… et ici le temps coule comme la rivière que longe l’artiste, une rivière que l’on entend plus encore qu’on ne la voit, et dont le chant fait écho aux incantations à moins que ce ne soit le contraire. Danse sur la roche, esprit de la rivière…

Remerciements : Galerie Michel Rein, Marie de Paris-Yafil, Central Galeria des arte Sao Paulo.

 

COMMISSAIRES

Barbara Polla et Nicolas Etchenagucia

 

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