Maison Européenne de la Photographie

Cycle Michel Journiac


Les samedis et dimanches, à partir de 17h, une programmation est proposée au sein de l’auditorium en écho à l’exposition dédiée à Michel Journiac.

Initiateur de l’art corporel en France, Michel Journiac est aujourd’hui reconnu, plus de vingt ans après sa disparition, comme une source d’inspiration pour de nombreux artistes.

La représentation du corps lui étant devenue insuffisante, il lui a fallu « sauter le pas » selon ses mots, en œuvrant directement par son corps. Messe pour un corps (Galerie Daniel Templon, 1969), Action de corps exclu (Centre Pompidou, 1983) sont autant d’actions dans lesquelles il explore publiquement sa propre chair, jusqu’aux limites artistiques, philosophiques, religieuses et sociales.

De ces performances subsistent les traces vidéographiques qui, se situant à la plus neutre des distances, restituent avec justesse l’action sans jamais devenir représentations.

  • Action de corps exclu, Journiac

  • Entretien avec Jean-Luc Monterosso

  • Dispositif meurtre, Journiac

  • La vierge mere, Journiac

Horaires

Samedis
17h00 : Michel Journiac, entretien avec Jean-Luc Monterosso, 1993, 26′
17h26 : Michel Journiac, Messe pour un corps, 1975, 21′
17h47 : Michel Journiac, Action de corps exclu, 1983, 15′

Dimanches
17h05 : Journiac, la philosophie dans le boudin, réalisation  A. Dubouch, S. Bakes, 1994, 25′
17h30 : La vierge mère, réalisation Journiac / Tsevrenis, 1982, 16′
17h46 : Dispositif meurtre, réalisation Journiac / Cairaschi, 1985, 2′
17h48 : 150 poèmes mis en sang, réalisation Journiac / Soukaz, 1993, 12′

 

DÉTAIL DE LA PROGRAMMATION

Michel Journiac, entretien avec Jean-Luc Monterosso
1993, 26′

C’est en 1969 que Michel Journiac commence ses actions dont certaines marqueront fortement la scène artistique et fonderont l’art corporel et l’art sociologique en France. De 1976 à 1988, son œuvre est marquée par l’utilisation ascendante de son sang et les actions se concentrent sur les formes d’exclusion et sur l’aliénation politique et sociale imposée au corps. À partir de 1988, le travail apparaît sous sa forme actuelle, avec en arrière plan le contexte du SIDA.

Michel Journiac, Messe pour un corps
1975, 21′

Dans cette action réalisée le 6 novembre 1969, à la Galerie Daniel Templon à Paris, Michel Journiac fait communier le public de la galerie avec son propre sang préparé sous forme de boudin.
« Avec Messe pour un corps, Michel Journiac a fait faire à l’histoire de l’art son premier faux pas ; il a ouvert une blessure incurable et n’a jamais manqué d’en approfondir toutes les conséquences. » François Pluchart

Michel Journiac, Action de corps exclu
1983, 15′
Cette action a été réalisée le 19 novembre 1983, au Centre Georges Pompidou à Paris.
Michel Journiac explique à propos de ces actions que « le corps est le lieu de tous les marquages, de toutes les blessures, de toutes les traces. Dans les chairs s’inscrivent les tortures, les interdits des classes sociales, les violences des pouvoirs, dispersés mais jamais abolis. Aujourd’hui, seuls les exclus créent. Car c’est leur corps qui parle, énonce le refus. Le cri NO FUTURE – si ce futur est le présent continué – est cri d’espoir. Du “tiers exclu” au “tiers monde” surgit le désir du corps communication et nécessite une nouvelle forme de création. Un corps sujet du mot est mort, un corps lié à l’ordre du désordre, au Dieu de la morale du travail, de la famille et de la patrie. Ici et maintenant. La parole du corps est corps. Son insurrection de viande-consciente vers le sacré, vers l’autre, naît peut-être simplement de la fulgurance ontologique de la caresse. »

Journiac, la philosophie dans le boudin
réalisation A. Dubouch, S. Bakes, 1994, 25 ‘

Vingt-cinq ans de la carrière de Michel Journiac sont évoqués ici avec lui, dans un film tourné peu de temps avant sa disparition. Ce film mêle différentes actions filmées ainsi que des entretiens avec l’artiste.

La vierge mère
réalisation M. Journiac / Tsevrenis, 1982, 16′
Cette action a été réalisée sans public en juin 1982, au Musée d’Art Moderne de Paris, à partir d’un poupon que l’artiste sert dans un premier temps contre son ventre, avant de le maculer de son sang et de l’emmailloter d’un linceul blanc puis, de l’enterrer.

Dispositif meurtre
réalisation M. Journiac / Cairaschi, 1985, 2′
Cette action a été réalisée le 3 mai 1985 à la Galerie Donguy à Paris. Michel Journiac tire ici à bout portant sur une statue de pierre le représentant, armé d’un revolver prêté par le peintre Jacques Monory. Il dépose ensuite des fleurs aux pieds de son effigie.

150 poèmes mis en sang
réalisation Journiac / Soukaz, 1993, 12′

Michel Journiac réalise cette action en mars 1993, sur le stand des éditions La différence, au Salon du livre de Paris. L’artiste performe avec son propre sang à partir d’un texte de Fernando Pessoa : « Hormis tout cela il y a Jésus Christ qui n’entendait rien aux finances et, parait-il, n’avait pas de bibliothèque ».

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