• Dessin d’André François, 1972. «Qui êtes-vous Polly Maggoo», affiche du film réalisé par William Klein et produit par Robert Delpire, 1965. Henri Matisse, France, 1944, photographie d’Henri Cartier-Bresson.
  • «Cassius le grand», affiche du film réalisé par William Klein et produit par Robert Delpire, 1964. Brochure Citroën, DS 19 ID Break. Logo du Centre national de la Photographie

Maison Européenne de la Photographie

Delpire & Cie


L'exposition Delpire & Cie est consacrée à un très grand "montreur" d'images, Robert Delpire, et à ses compagnons photographes et artistes. Témoignant du rôle de Robert Delpire dans la mise en valeur de la photographie au cours des dernières décennies, elle retrace les multiples facettes de son parcours d'éditeur de livres, de directeur artistique dans la publicité, de commissaire d'expositions et de producteur de films. Elle rassemble environ 500 photographies et 150 documents (livres, revues, catalogues).

Robert Delpire, alors étudiant en médecine, se lance dans l’édition à 23 ans, avec la revue Neuf (premier numéro en 1950). D’abord destinée aux médecins, la revue, sous sa direction, devient rapidement une revue artistique ; il y publie notamment Doisneau, Breton, Capa, Picasso, Sartre, et Cartier-Bresson. « On dit quelquefois que j’ai découvert Cartier-Bresson. Surtout pas. Il avait déjà publié. Je suis allé vers lui, on a tout de suite sympathisé, il est resté l’un de mes grands amis. J’ai fait pour lui toutes les expositions que je pouvais faire, je ne sais plus combien, et publié une quinzaine de ses livres« .

Suite à un numéro spécial sur Brassaï paru dans Neuf , il publie une monographie sur cet artiste, suivie d’une autre sur Werner Bischof, et en 1958, il est le premier à publier le mythique Les Américains du photographe suisse Robert Frank. « Le travail de l’éditeur, c’est de valoriser le travail des autres, dit Robert Delpire, un travail non seulement d’équipe, mais de connivence. Je n’ai jamais publié quelqu’un qui ne m’intéressait pas ». Il publie une série des monographies importantes, dont Tokyo de William Klein et Exils de Josef Koudelka, ainsi que Carnets de route de Werner Bishof ou la collection « Maestro », dont les célèbres Henri Cartier-Bresson Photographe ou Etienne-Jules Marey Chronophotographe .

Robert Delpire a produit également un certain nombre de films dont Qui êtes-vous Polly Maggoo , de William Klein, prix Jean Vigo en 1967 : « pas de plan de carrière, juste des coups de cœur« , raconte-t-il.

Parallèlement, pour aider au financement de ses projets, Robert Delpire crée une agence de publicité qui comptera jusqu’à 140 employés, et qui, pendant 15 ans, réalise des campagnes célèbres comme celle de Sarah Moon pour Cacharel, ou celles pour Citroën, L’Oréal ou Habitat. Après la vente de son agence, il ouvre Idéodis, studio de création et édition.

Cet infatigable amateur d’images est aussi à l’origine du renouvellement graphique et thématique de l’album pour enfants. Premier éditeur français de Max et les Maximonstres de Maurice Sendak en 1967, il invente en quelques titres, à travers les collections « Dix sur dix », « Actibom » et « Multibom », une nouvelle manière de concevoir la culture visuelle de l’enfance. Robert Delpire a également fait des contributions importantes à la photographie sociale. Il a aussi crée pour Le Nouvel Observateur le spécial photo dans les années 70.

En 1981, Jack Lang, devenu ministre de la culture, souhaite offrir à la photographie des structures jusque-là inexistantes. Il crée en 1982 le Centre national de la Photographie (CNP) et nomme Robert Delpire à sa tête, un poste qu’il occupera pendant quinze ans. Ce seront des expositions dans l’enceinte monumentale du Palais de Tokyo et surtout le lancement d’une collection, « Photo Poche », petits livres noirs accessibles au grand public, qui compte aujourd’hui 150 titres. Avec les artistes classiques, historiques et incontournables, la collection constitue une sorte d’encyclopédie de la photographie où se croisent Cartier-Bresson, Araki, Nadar et Marey. Aujourd’hui, cette collection se complète avec la collection « Poche illustrateur ». Selon Robert Delpire, « les illustrateurs sont tout aussi importants que les photographes dans l’évolution de l’art visuel« .

L’exposition est conçue en cinq parties : jeunesse, CNP, éditeur (design et photographie), publicité et films. Ces parties ne sont pas présentées de manière chronologique, mais conçues pour refléter le foisonnement et le dynamisme de l’activité de Robert Delpire.

L’exposition est coproduite par les Rencontres d’Arles, la Maison Européenne de la Photographie et Idéodis et bénéficie du soutien de la Fondation d’entreprise Hermès.

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