Don Mc Cullin
Photographies 1961-2001

La MEP

Don Mc Cullin

"J'admire depuis longtemps le parcours héroïque de Don McCullin à travers les régions du monde les plus marquées par l'horreur et la souffrance de ces trente-cinq dernières années." Susan Sontag

L'exposition

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Don McCullin naît à Londres en 1935.
La mort de son père, à l’âge de quarante ans, oblige le jeune Don McCullin à trouver un emploi pour subvenir aux besoins de sa famille.
C’est en 1953, appelé sous les drapeaux pour rejoindre la Royal Air Force, qu’il devient assistant photographe. Il achète son premier appareil (un Rolleicord).
Six ans plus tard, il parvient à tirer le portrait de quelques Guvnors, membres d’un gang de la banlieue londonienne. Le journal The Observer publie en 1959 son premier reportage. Dès lors, il poursuit sa quête photographique : 1961, construction du mur de Berlin (prix en Grande-Bretagne) ; 1964, affrontements entre Turcs et Grecs à Chypre (World Press Photo Award) et rébellion des partisans du président Lumumba assassiné en 1961 au Congo (médaille d’or à Varsovie). Et puis la guerre, les guerres, le Viêt Nam (1965), Jérusalem (1967), la Tchécoslovaquie, le Biafra et Cuba (1968), Beyrouth (1976). Les atrocités humaines avec le génocide des Indiens du Brésil (1969), le choléra au Bangladesh (1971), le sida en Afrique (1999).

Les plus grands journaux publient ses images, tout particulièrement The Sunday Times, auquel il collabore durant vingt ans.

“J’admire depuis longtemps le parcours héroïque de Don McCullin à travers les régions du monde les plus marquées par l’horreur et la souffrance de ces trente-cinq dernières années.
Dans une société moderne, la photographie constitue le principal mode d’accès à des réalités qui ne sont pas vécues directement. Pour que l’événement devienne réel, il doit y avoir des images, certaines images.
Si l’on veut qu’une guerre, des atrocités, une épidémie ou une catastrophe prétendue naturelle suscitent l’intérêt général, il faut recourir aux différents systèmes qui, de la télévision à internet en passant par les journaux et les magazines, permettent d’atteindre le plus grand nombre.
Une photo bouleversante reste gravée dans nos mémoires, elle ne s’oublie pas […]Ce sont les photos qui permettent d’identifier les événements. L’événement photographié devient important et mémorable.[…]
Il est peu probable que les premiers photographes de guerre (Roger Fenton, Alexander Gardner, Mathew Brady et Timothy O’Sullivan) aient cherché à protester contre quelque chose quand ils photographiaient les morts sur les champs de bataille. Mais depuis bientôt soixante-dix ans que les principes fondamentaux de la photographie de guerre ont été énoncés, c’est-à-dire depuis la guerre d’Espagne, les grands noms qui ont pratiqué cette photographie des conflits et de la souffrance collective, et dont le travail est considéré comme une forme de journalisme, se sont rarement définis comme des observateurs neutres ou objectifs.
Dans la grande tradition du photojournalisme, que l’on appelle parfois photographie engagée ou photographie de la conscience, l’ampleur, la franchise, le caractère intime, inoubliable et poignant du travail de Don McCullin n’ont jamais été surpassés.
Les intentions de ce témoin volontaire et passionné ne font aucun doute : en nous rapportant des nouvelles de l’enfer, il cherche à nous affliger et à nous provoquer.”

Susan Sontag , extrait de “Témoignage”, in Don McCullin, édité par Jonathan Cape et la MEP.

À l’occasion de cette exposition, un catalogue est publié par Jonathan Cape et la Maison Européenne de la Photographie.
La MEP propose une conférence consacrée à cette exposition en présence de l’artiste.