• Inde, 1973 © Edouard Boubat, Rapho
  • Essaouïra, Maroc, 1971 © Edouard Boubat, Rapho
  • Sophie, Collioure, France 1954 © Edouard Boubat / Rapho
  • Lella, France, 1947 © Edouard Boubat/Rapho

Maison Européenne de la Photographie

Édouard BoubatRévélations


"Correspondant de paix", selon l'expression de Prévert, Édouard Boubat est une des grandes figures de la photographie humaniste française. De 1946 à 1999, il a, en reporter, parcouru la France puis le monde, saisissant de fugitifs instants de bonheur.

« Correspondant de paix », selon l’expression de Prévert, Édouard Boubat est une des grandes figures de la photographie humaniste française. De 1946 à 1999, il a, en reporter, parcouru la France puis le monde, saisissant de fugitifs instants de bonheur. Son œuvre, libre de toute tension douloureuse, est une célébration de la vie, pleine de poésie, de pureté et de tendresse. Ce « poète vivant dans un monde dont il avait la clé » (Raymond Grosset) avait coutume de dire : « Photographier, c’est exprimer une gratitude ». L’exposition rétrospective présente une sélection de plus de 150 tirages, de sa première image -La petite fille aux feuilles mortes- aux derniers photogrammes en passant par les photographies de quelques-uns des pays qu’il a parcourus. « J’aime la photo, c’est tout. Ce TOUT est la vie. Elle est inépuisable. Un bouquet de fleurs est inépuisable, on le voit de différents points de vue, sous différents éclairages, et dix photographes prendront dix photos différentes. Mes préférences vont sur ce qui ne pourrait être suggéré autrement que par la photo, comme chez Eugène Smith par exemple, et tous les témoins de la vie. Dans toute tentative d’expression, deux aspects se rencontrent : son aspect métaphysique et son aspect apparent, son aspect irrationnel et son aspect pratique : la technique. Son aspect mesurable et l’immesurable. Certes, on mesure le temps de pose, la distance, on peut même tout mesurer, mais mesure-t-on l’essentiel, ce qui nous touche ? Il est remarquable qu’en photographie, la technique est souvent « extrémiste ». Soit dans le négligeable : « Appuyez, nous ferons le reste », soit dans l’exagération, un certain fétichisme d’appareil ou de matériel. Pour certains, l’appareil est plus beau que l’épreuve, comme la chaîne hi-fi plus intéressante que la musique. La technique doit être un support. Un support de quoi ? c’est la question. La réponse est dans la photo. C’est-à-dire le photographe. Le photographe est aussi dans la photo. C’est la même chose pour tout ce qui nous intéresse. La part du visible et de l’invisible. Dans la photo aussi, la part du non-montré est peut-être la plus grande; et nous reconnaissons la magie de l’image. Puisque seul l’homme en a le privilège (si jamais c’en est un). L’apparition de l’image dans la cuvette est aussi magique, et j’aime bien tirer. Mon seul conseil : L’INCONSEILLABLE. Approchons-nous le plus près de la vie. Ouvrons l’œil. Ce mot image d’ouverture indique aussi le diaphragme. Édouard Boubat (Extrait de La Photo, de Chenz et Jeanloup Sieff, 1976)

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