• Personne n’appartient à personne, Plage du Diable, Rio, 2010 © Rogerio Reis / Agence Tyba
  • La représentation de la grosse femme nue dans la photographie, 1995 © Fernanda Magalhães
  • La représentation de la grosse femme nue dans la photographie, 1995 © Fernanda Magalhães
  • Personne n’appartient à personne, Plage de l´Urca, Rio, 2010 © Rogerio Reis / Agence Tyba
  • Gastronomie pour une dure journée de labeur, de la viande avec du potiron, 2004 © Edu Simões

Maison Européenne de la Photographie

Fernanda Magalhães, Edu Simões, Rogério ReisTrois photographes de FotoRio


L'exposition rassemble trois photographes brésiliens exposés lors de la 5e édition de FotoRio. Ce festival fondé par Milton Guran présente des œuvres historiques et contemporaines issues de collections publiques et privées et cherche à stimuler la réflexion autour de la production photographique brésilienne et internationale. Cette année, FotoRio a présenté 150 manifestations culturelles, entre expositions, interventions in situ, ateliers, tables-rondes, débats et conférences dans une soixantaine de musées, centres culturels et galeries d'art de la ville de Rio.

Artiste, photographe, professeur à l’Université de Londrina, Docteur en Arts de l’Université de Campinas, Fernanda Magalhães a reçu le Prix Marc Ferrez pour la photographie pour ce projet « La représentation de la grosse femme nue dans la photographie ».

Fernanda Magalhães, « La représentation de la grosse femme nue dans la photographie », 1995.
Cette série est composée de 28 travaux réalisés en 1995. Au collage de photographies et de fragments de journaux et de magazines, s’ajoutent des textes, couleurs, lignes et formes, imprimés sur bâche plastifiée. Des images composées à partir d’autoportraits, mais également de photographies d’autres corps, réalisées par l’auteur pour évoquer les questions de la sexualité, de l’alimentation, de l’apparence, de la maternité et des tabous existant dans la construction de l’identité de la femme grosse, porteuse d’un corps nié, socialement invisible.

Photojournaliste autodidacte, Edu Simões a débuté sa carrière en 1976. Trois ans plus tard, il est l’un des membres fondateurs de l’Agence F4. Entre 1988 et 1992, il est rédacteur en chef photo du magazine Goodyear, il commence ensuite à travailler en indépendant jusqu’à ce que, en 1997, il devienne rédacteur en chef photo des magazines Bravo et República. Depuis 1996, il produit une série d’essais photographiques très sensibles sur les travaux de grands écrivains brésiliens tels que João Cabral de Melo Neto, Raduan Nassar, Jorge Amado et Rachel de Queiroz. Il reçoit le Prix Vladimir Herzog de Direitos Humanos en 1980, le Prix Aberje de Fotografia, en 1989, et le Prix Abril de Ensaio Fotográfico en 1995.

Edu Simões, « Gastronomie pour une dure journée de labeur », 2004
« En 2004, j’ai visité quelques bâtiments en construction à Sao Paulo et j’ai demandé aux ouvriers l’autorisation de photographier leurs gamelles. C’était l’heure du déjeuner et, même s’ils étaient affamés, la plupart d’entre eux ont accepté. Comme d’habitude au Brésil, chacun avait quitté sa maison pendant la nuit en apportant son repas, généralement préparé par leur femme ou quelqu’un de leur famille. On sait qu’il y a une « hiérarchie de contenu », en effet si chaque gamelle contient comme base des haricots ou du riz, dès lors qu’il y a de la viande, on comprend tout de suite que l’ouvrier réussit bien sa vie. Si elle contient des abats de poulet ou de porc, cela veut dire qu’il tient encore le coup. Mais si par contre sa gamelle n’a entre son riz et ses haricots qu’un œuf, le populaire ovo frito, c’est la pauvreté qui s’annonce. Il y a dans l’arrangement de chaque gamelle l’espoir que ce petit container puisse « tuer la faim » de son détenteur. Il y a dans le contenu la certitude d’une nouvelle journée de dur labeur. »

Rogério Reis découvre la photographie dans les ateliers du Musée d’Art Moderne (MAM) au milieu des années 70. En 1977, il s’oriente vers le photoreportage et photographie la culture, la politique et la vie quotidienne au Brésil et à Rio, pour les principaux journaux et magazines brésiliens (Jornal do Brasil, O Globo, Veja) et étrangers (L’Express, El Pais, Newsweek, GEO allemand, entre autres). Pendant trois ans, il a été le photographe chargé de la campagne publicitaire du pilote brésilien Ayrton Senna (1985/1987) et en 1999 ses portraits en noir et blanc du carnaval de rue de Rio reçoivent le Prix National de l’Image de la FUNARTE (Fondation National de l’Art). Depuis 1996, Reis dirige l’agence Tyba, que Photo Magazine a élu meilleure agence brésilienne en 2005. Son travail a inspiré le personnage du film La Cité de Dieu.

Rogério Reis, « Personne n’appartient à personne », 2010
Au Brésil, la liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres. Rogério Reis traite de la question de la propriété de l’image avec humour et sensualité, en recouvrant d’une bande colorée les visages des couples sur les plages de Rio. « Mon désir était de photographier au plus près de l’action, sans frein et sans menace de procès, comme on le faisait autrefois. La bande m’a permis de pratiquer une photographie devenue impossible sans l’autorisation préalable des personnes photographiées, une solution que j’ai trouvée pour interroger l’usage et le contrôle de l’image dans le monde contemporain« , dit l’artiste.

Commissaires : Milton Guran, et Cristianne Rodrigues, commissaire adjoint

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