Flora Coll
Autopropulsion

Flora Coll

Nées d’une exploration fébrile, les images se laissent lire comme le carnet d’un voyage fragile et vital qui glane ce qui ne saurait être ni souvenir ni récit : la fugacité même, l’évanouissement des impressions, l’essaim des événements anonymes qui forme d’habitude le halo de nos perceptions. Flora Coll surprend la frange irisée du visible, au moment où il se condense et se dissipe, où il lui échappe et elle s’y abandonne.

L'exposition

Image
Flora Coll, Día Diez 49 , 27.05.2006 © Flora Coll, 2006

Barcelone, mouvement perpétuel.
Barcelone, la lumière qui explose, aveugle, qui laisse pantois.
Au départ, un constat : une vie qui avait failli ne plus être. L’hôpital, les béquilles, le fauteuil. Soudain, le monde devenait plus compliqué. Documenter la rue à partir d’un fauteuil roulant : changement de perspective, d’espace, de regard.
La disparition : un monde qui s’absente, flou, instable, opaque. Inflammation de la rétine due aux corticoïdes. L’œil qui déraisonne ; le monde perçu à travers une vitre embuée. Des visions. Des images qui ont failli ne pas être.
La hauteur : un fauteuil roulant, c’est un siège à 90 cm du sol. Les passants en ville regardent droit devant eux, ils ne voient pas le fauteuil, ils se cognent dedans. À vivre si bas, on acquiert cette qualité étrange, l’invisibilité : un trop-plein d’invisibilité. On rase les murs. L’horizontalité, les barrières, l’asphalte.
Le mouvement : un fauteuil en déplacement continu, quelqu’un d’immobile dedans. Alentour, une ville qui ne s’arrête jamais, pas même la nuit. Le mouvement pour s’assurer d’exister, pour oublier d’exister, pour ne pas y penser. 

Flora Coll, 2006

 

Nées d’une exploration fébrile, les images se laissent lire comme le carnet d’un voyage fragile et vital qui glane ce qui ne saurait être ni souvenir ni récit : la fugacité même, l’évanouissement des impressions, l’essaim des événements anonymes qui forme d’habitude le halo de nos perceptions. Flora Coll surprend la frange irisée du visible, au moment où il se condense et se dissipe, où il lui échappe et elle s’y abandonne.

Chaque image est l’inspiration nouvelle d’un corps vivant, éperdu.
Autopropulsion : pour un trajet encore infini.

Commissariat : Evelyne Schumm-Braunstein