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Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar


Tout au long de sa fermeture, la MEP continue de proposer une programmation riche à suivre en ligne. Dans l’attente de pouvoir ouvrir son exposition Moriyama-Tomatsu : Tokyo, la MEP propose une sélection de films en lien avec la photographie au Japon. Régulièrement des films et documentaires sont mis en ligne et accessibles gratuitement pendant une semaine avec le mot de passe #SoireeCineMEP.

Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar
Japon – 1970 – 105 min – 35 mm – noir et blanc
Disponible du Jeudi 11 février à 19h au 17 février 2021 avec le mot de passe #SoireeCineMEP

Voir le film

Shohei Imamura est un des réalisateurs ayant porté à l’écran l’introspection Japonaise d’après guerre avec le plus de force et le moins de concessions.
Faisant partie en celà de la nouvelle vague, il rejoint dans ses préoccupations à la fois Shomei Tomatsu et Daido Moriyama :
Remise en cause politique, remise en cause de la guerre, des horreurs de l’histoire, remise en cause du corset social traditionnel, de la norme familiale japonaise…
Rien ne résiste de l’immuable Japon dans ce printemps politique des années 60, et les artistes se sont naturellement tournés vers la marge, les faubourgs, les bars à hôtesse, vers les travestis, les « ratés ».
Réalisateurs, acteurs, romanciers et photographes se croisent ainsi le soir dans les ruelles chaudes du Shinjuku des années 60, que Daido Moriyama a arpentées sans fin.

Cette période de conversion du mode de vie japonais, c’est Madame Onboro, propriétaire d’un bar à hôtesse, qui va en évoquer l’histoire dans ce film, à partir d’images d’actualités cinématographiques.
Il y a beaucoup de mélancolie dans ce faubourg portuaire de Yokosuka, où les marins et militaires se sont fait plus rares dans l’établissement (on peut penser à « quand une femme monte l’escalier » de Naruse comme évocation d’un bar à hôtesses).
Madame Onboro va ainsi commenter toutes les mutations du Japon dans ce film résolument documentaire, mais où le réalisateur ne renonce pas pour autant aux expérimentations visuelles, notamment à la mise en scène et au montage.

Ce film exceptionnel est une des œuvres majeures d’Imamura, un ruban qui permet de mieux relier l’œuvre des photographes aux autres artistes, à l’histoire du Japon et à sa modernité.

Emmanuel B.

Shohei Imamura
Né le 15 septembre 1926 à Tokyo, où il mourut en 2006, Shohei Imamura est un cinéaste Japonais.
Il fait partie de la nouvelle vague cinématographique et a été découvert en France en 1963 avec « La femme insecte ». Il obtiendra par la suite deux palmes d’Or au festival de Cannes.

Film présenté grâce au concours de Films Sans Frontières

Film en Japonais sous-titré Français

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