• Isabel Muñoz, Sans titre , de la série Lucha Turca , 1996, platinotype © Isabel Muñoz
  • Isabel Muñoz, Sans titre , de la série Lucha Turca , 1996, platinotype © Isabel Muñoz
  • Isabel Muñoz, Sans titre , de la série Mitologias , 2012, platinotype © Isabel Muñoz
  • Isabel Muñoz, Sans titre , de la série Oriental Arquitectura , 1992, platinotype © Isabel Muñoz
  • Isabel Muñoz, Sans titre , de la série Oriental , 1992, platinotype © Isabel Muñoz
  • Isabel Muñoz, Sans titre , de la série Alhambra , 1998, platinotype © Isabel Muñoz
  • Isabel Muñoz, Sans titre , de la série Oriental , 1992, platinotype © Isabel Muñoz

Instituto Cervantes de Paris

Isabel MuñozMare Piedra


Federico Garcia Lorca, qui évoque le “poulpe pétrifié”, célèbre à de multiples reprises la Méditerranée. Mais ce n’est point l’eau salée – il préférera celle des sources dans lesquelles un gitan jettera un citron – qui l’inspire. Plutôt l’alliance du ciel et de chapiteaux corinthiens, qui préside à la naissance des Dieux, Dionysos et Eros en tête, pour que Vénus devienne le nombril de la mer.

Isabel Muñoz a parcouru – à l’étrange exception de la Grèce, trop originelle peut-être – les rives du Mare Nostrum. Elle ne s’est attachée ni à la pureté de l’eau, ni aux voiliers, ni aux pêcheurs, ni aux filets, ni aux ports, ni aux couleurs, à nulle anecdote humaine dans ses activités liées à la mer, ni au paysage en tant que tel. Sa Méditerranée est à la fois solaire et de pierre.

D’Andalousie en Egypte et de Turquie à Rome, elle cadre, parfois sèchement, les figures sculptées qui témoignent d’une civilisation et des mythes, des Cyclades au baroque, des influences arabes aux échos d’Orient. Ses danseurs et danseuses s’inscrivent, souvent morcelés, dans des architectures qui ne sont plus des décors, mais des concrétions de temps, des souvenirs de rites et de mythes. Elle traque la lumière et la piège, une fois dans la façon dont elle accroche sur les ailes d’un ange romain, une autre fois quand elle se mire dans la patine huilée des corps des lutteurs turcs.

Nous savions, depuis longtemps, que les apparences de danses et de pratiques physiques non folklorisées sur lesquelles Isabel Muñoz a fondé sa pratique, n’étaient que des leurres. Des évidences formelles pour dire le corps dans sa sensualité, et la restituer dans les subtilités des tirages au platine.

En réunissant des photographies puisées dans le bassin méditerranéen, une autre évidence apparaît, qui parle de photographie : celle qui la lie à la sculpture. La sculpture comme fabrication et invention d’espace, la sculpture comme problématique de matières et, en cela, la sculpture comme dialogue avec la lumière.

C’est pour cela, pour la photographie, que la Méditerranée d’Isabel Muñoz n’est pas faite d’eau, de séductions ou de mirages, mais de pierre.

Christian Caujolle 

 

Commissariat : Christian Caujolle

 

Instituto Cervantes de Paris

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