• © Jean Luc Tartarin
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Jean Luc Tartarin


La photographie évoque une discipline exacte, qui cadre, qui limite, qui décide de ce qu’il faut découper. Jean Luc Tartarin, lui, existe formidablement quand il se promène dans les campagnes, dans l’herbe mouillée, entre les branches. Pour lui l’appareil devient appel d’espace, large respiration, communion avec le grand tout, grosse bête vivante dont nous sommes.

Exposition présentée dans le cadre du Mois de la Photo 2012

Là-bas, au loin, par delà l’étendue et parmi des nuées nous sommes entraînés. Nous dérivons dans la lumière des soleils couchant, des soleils levant, dans leur or, dans leurs rouges et les replis sombres de leurs torsions. Nous sommes enlevés, appelés, conviés à ces opéras délirants où les rideaux s’ouvrent sur l’immensité, où les montagnes du ciel se fendent et se déchirent, évoquant des drames mystérieux qui nous dépassent, vers les délires d’un dieu fou et heureux, qui se roule sur lui-même, s’éventre, s’ouvre par delà lui-même. Nous levons la tête car, bien sûr, nous sommes sur terre, nous arpentons les prés et les bois, pied sur la glèbe, les frondaisons qui nous surmontent, étendent, déploient leurs ramures comme des nuages sombres du monde d’ici. Et nous apprenons que la Terre est à l’image du ciel, et même aux couleurs du ciel quand les lumières du soir dorent les mottes. Et nous faisons une rencontre, ce poulain bondissant à la robe brune, à la masse sculptée par grands pans sous les derniers rayons. être libre et sauvage, dieu de la nature, venu de la terre, mimant les mouvements soudains des nuages. Oui, les vieux avaient raison, le monde est enchanté, il nous parle par forêts de symboles. Il ne nous dit rien, sinon que toute chose repose en sa splendeur, et ne nous donne que vivre son éningme. Approchons-nous, voici la tête du cheval, tout près, et plus nous regardons et plus nous découvrons des mondes dans ce monde. Les ombres et les lumières modèlent des collines, des paysages comme font les nuages dans le ciel, car l’infini n’est fait que d’infinis.

La photographie évoque une discipline exacte, qui cadre, qui limite, qui décide de ce qu’il faut découper. Art determiné par la vérité des optiques, des verres froids, des lignes perspectives qui n’existent pas. Jean Luc Tartarin, lui, existe formidablement quand il se promène dans les campagnes, dans l’herbe mouillée, entre les branches. Pour lui l’appareil devient appel d’espace, large respiration, communion avec le grand tout, grosse bête vivante dont nous sommes. Avec Jean Luc Tartarin nous apprenons que la photographie en fait ça ne sert à rien, sinon à nous mettre nez à nez avec la nudité des choses, la texture muette des écorces, des peaux, des murs et des nuages, à s’élancer vers le mystère des espaces et, tout autant, revenir à la vieille matrice, à notre grisonnante mère” (Kipling) présente, tapie dans tous les détours, et dans tous les recoins. Nous devons l’aimer, la respecter, l’admirer et cesser de la ravager.

Commissariat

Jean-Claude Lemagny

 

Avec le soutien de

Logo Thomas-Hermes

 

 

Autour de l’exposition

Un livre, publié aux éditions Somogy, accompagne l’exposition.

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