Jorge Damonte

Jorge Damonte
20 ans d'impressions photographiques

Galeries

La MEP

Jorge Damonte est né en Argentine en 1943. Pour avoir vécu ses premières années à Montevideo, en Uruguay, et à Paris, il n’a connu l’Argentine qu’à l’âge de treize ans. Sa famille vécut dans l’exil, fuyant les dictatures militaires. Son père, journaliste et diplomate, s’adonnait à la peinture. Son frère Copi consacra sa vie au théâtre. Comme pour beaucoup d’exilés, la culture et les arts constituèrent leur patrie. Toute la vie de Jorge Damonte fut faite de voyages et de rencontres, dont certaines furent décisives.

Il commenca à faire des photographies à l’âge de dix ans, grâce à un vieux Polaroid.À seize ans, Jaime Giralt Font, photographe et journaliste, lui permit de venir travailler à ses côtés. C’est alors qu’il découvre l’art du tirage. Dix ans plus tard, il devint photographe professionnel à Buenos Aires.

En 1974, les circonstances de la vie l’obligent à quitter son pays pour venir s’installer à Paris. Cet exil sera définitif. Il devient photographe de théâtre pour la réalisation d’un livre écrit par Copi, Eva Peron, édité par Giovani Gandini à Milan. ” J’ai très souvent photographié Copi. Il aimait ses personnages et souvent il leur prêta son nom. Du Copi du Bal des Folles (1977) jusqu’à celui de l’Internationale Argentine (1983), il prenait du plaisir à la confusion qu’il installait.”

Des années plus tard, c’est après avoir photographié les décors de L’Aigle à deux têtes, de Jean Cocteau, réalisés par Yves Saint Laurent, que Damonte eut le privilège de photographier les créations de ce grand couturier dans la liberté la plus totale.

” À travers la constance de sa créativité, j’ai découvert ce que les mots “discrétion” et “humilité” voulaient exactement dire. Je fus dans un étonnement permanent, qui perdure encore aujourd’hui face à cette grande œuvre réalisée par un seul homme. Ce fut une bouffée de fraîcheur que de pouvoir contempler des apparitions d’un tel degré de perfection et de rigueur.”

Damonte a toujours réalisé des portraits, principalement de ses amis de la diaspora argentine et du monde du théâtre.

Il ne conçoit pas l’art photographique sans ce passage qui va du moment de la prise de vue à celui du tirage. Pour lui, le négatif n’est qu’une étape; en partant de cette base, le jeu est infini.

C’est dans le tirage que se révèle le métier d’artiste. L’idée d’exemplaire unique est essentielle dans mon travail.

En 1984, la galerie Texbraun, à Paris, expose pour la première fois les travaux de Jorge Damonte.

Depuis vingt ans, il n’a jamais travaillé commercialement avec la photographie. Sa liberté de création fut absolue.