La collection de la MEP
Donations et dépôts récents

La MEP

La collection de la MEP

Après avoir présenté une sélection des acquisitions 200-2004, du 26 mars au 6 juin 2004, la Maison Européenne de la Photographie propose trois dépôts et dons récents : "Images de Marc" (dépôt Marc Boisseuil), "L'Inde de Edouard Boubat", "La donation Dai Nippon Printing Co., Ltd : Keiichi Tahara, Ihei Kimura".

L'exposition

Image

Images de Marc

Amateur et collectionneur de photographie, Marc Boisseuil a rencontré de nombreux artistes qui ont réalisé son portrait entre 1970 et 2003 : Christian Boltanski, Daniel Boudinet, Antoine d’Agata, Jean-Marie del Moral, Pierre-Olivier Deschamps, Richard Dumas, Bernard Faucon, Peter Hujar, Colette Jobard, Xavier Lambours, Duane Michals, André Ostier, David Seidner, Benjamin Verspieren.

C’est l’ensemble de ces portraits que Marc Boisseuil a souhaité déposer dans les collections de la Mep.

Dans un des textes du catalogue qui accompagne cette présentation, Christian Caujolle commente ainsi cette démarche : […] “Marc Boisseuil développa une pratique originale, apparemment excentrique et qui constitue aujourd’hui un ensemble passionnant. Non content de collectionner les artistes qu’il aimait, il leur passa commande et leur demanda de réaliser son portrait. Un quart de siècle plus tard et même si elle n’est pas constituée de centaine d’épreuves, cette collection dans la collection se révèle être unique et pose, au-delà de la qualité des images, des questions tout à fait troublantes. Il ne servirait à rien de discuter la liste des auteurs sollicités : ils correspondent à un goût, à la fois singulier et sûr, qui est celui du commanditaire. On notera simplement que l’ensemble fait preuve s’une belle curiosité en sollicitant, par exemple, un Duane Michals à peine connu en France alors qu’il est déjà une star aux Etats-Unis, mais surtout de tous jeunes auteurs comme Faucon ou Seidner. Cette curiosité fonde une des richesses de la collection, qui témoigne d’un moment de découverte de la photographie contemporaine en réunissant des œuvres de jeunesse d’auteurs aujourd’hui reconnus et qui n’ont que rarement travaillé en commande. Outre cet aspect ” documentaire et historique “, l’ensemble interroge fortement sur les motivations qui l’ont fondé. La première réaction est évidemment une surprise face à ce que l’on ne peut d’abord que considérer dans sa dimension narcissique. Elle n’est évidemment pas absente, mais il serait bien court de s’en tenir là. (…) On a davantage le sentiment d’une prise de risque réelle, qui fait que, mû certainement par une curiosité amusée, le “modèle” a voulu confronter l’image qu’il avait de lui au regard de ceux dont il aimait le travail. (…) Confronter l’image que l’on se fait de soi à celle que d’autres vont donner de vous est preuve d’un incontestable courage, tant le portrait est une perpétuelle tension entre celui qui veut fabriquer votre image à l’aune de son regard et notre résistance à préserver ce que nous aimerions paraître. Il y a, paradoxalement, de l’humilité dans la démarche. De là, le sentiment que nous avons, en parcourant cet ensemble qui n’est peut-être pas une collection, qu’il s’agit davantage d’une réflexion sur la photographie et sur le genre du portrait que d’une satisfaction de l’égo du modèle.”

L’Inde d’Édouard Boubat

En 1971, la galerie Rencontres créée par Pierre de Fenoyl et Charles-Henri Favrod, 40 rue du Cherche Midi à Paris, présente les photographies réalisées par Édouard Boubat en Inde entre 1962 et 1971. Ce sont les tirages originaux, réalisés à l’époque pour cette exposition, qui ont été déposés par Bernard Boubat, à la Maison Européenne de la Photographie.

Né à Paris en 1923, Édouard Boubat passe son enfance à Montmartre. En 1938, il entre à l’école Estienne où il apprend la photogravure qu’il exerce ensuite en usine à partir de 1943. Il débute la photographie en 1945, et deux ans après, reçoit avec Robert Doisneau le Prix Kodak au Salon international de la photographie à Paris. En 1951, il expose à la galerie La Hune avec Brassaï, Doisneau, Facchetti et Izis. La même année, il rencontre Bertie Gilou, directeur artistique de Réalités -mensuel illustré français-, qui lui confie un reportage sur les Artisans de Paris, point de départ d’une collaboration qui durera jusqu’en 1967. Il se rend en Espagne dès 1952, puis aux Etats-Unis, pendant quatre mois, en 1953. Sans couvrir l’actualité brûlante, Il photographie la vie de tous les jours en Europe, en Chine, au Moyen-Orient, en Russie, en Amérique. À partir de 1973, de nombreuses expositions lui sont consacrées dans le monde entier, avec entre autres au Centre Georges Pompidou une rétrospective qui voyagea à New York et Chicago et des présentations à Amsterdam (1977), Mexico et Londres (1978), San Francisco (1989), Paris (1990) et Tokyo (1995). L’édition concourt aussi dans une large part à la circulation de ses images, avec des ouvrages comme La Survivance (Mercure de France, 1976), qui reçut le grand prix du livre en Arles,Femmes (Chêne, 1979), Vue de dos (NRF 1981), Le Paris de Boubat (Paris Audiovisuel / Paris Musée, 1990), etc.
Édouard Boubat est décédé le 30 juin 1999.

La donation Dai Nippon Printing Co., Ltd

En 1992, sous l’impulsion de son président Monsieur Yoshitoshi Kitajima, la grande société japonaise d’impression Dai Nippon Printing Co., Ltd, fondée en 1876, propose à Jean-Luc Monterosso de constituer, pour la Maison Européenne de la Photographie, une importante collection de photographies japonaises.
Cette dernière continue à s’enrichir chaque année : Shomei Tomatsu (1994), Nobuyoshi Araki (1995), Daido Moriyama (1995), Masahisa Fukase (1996), Eikoh Hosoe (1996), Ikko Narahara (1996), Toshio Shibata (1997), Hiroshi Sugimoto (1997), Hiromi Tsuchida (1997), Hiroshi Yamazaki (1997), Yasumasa Morimura (1998), Noaya Hatakeyama (1999), Ryuji Miyamoto (1999), Hiro (2000).

Telle une collection dans la collection, cette donation, représentative de la photographie contemporaine, rassemble à ce jour près de cinq cents tirages originaux.
Les dernières acquisitions, reçues en 2001 et 2003, regroupent des œuvres de Keiichi Tahara et Ihei kimura.

Keiichi Tahara est né à Tokyo en 1951. Il s’installe en France en 1972 et entreprend la réalisation d’une œuvre tout à fait originale, constituée de plusieurs séries dans lesquelles il ne cesse de jouer avec la lumière, la transparence, l’ombre et la matière. La série “Visagéïté” est constituée de quatre-vingt quatre portraits de personnalités culturelles et artistiques, réalisés entre 1978 et 1988.

Ihei kimura (1901-1974) apparaît comme un des pionniers de la photographie de reportage de la seconde moitié du siècle dernier. Après des activités en studio, il entre véritablement sur la scène photographique dans les années 30 avec ses portraits de femmes et d’hommes de lettres, et commence ses travaux de photoreporter. Il participe à la revue Koga puis à la création, en 1933, de l’agence Nippon-Kobo. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il s’attache à capter, au jour le jour, à la ville comme dans les campagnes, la vie des Japonais dans un pays en pleine reconstruction. Séduit par l’aisance d’utilisation du Leica, il fait corps avec l’appareil, saisit de vifs instantanés, fixe des instants intimes, simples, qui donnent de la valeur à la quotidienneté. En 1952-1953, il photographie la vie rurale de la région nord du Japon, Akita. Ce reportage, publié en 1978 est considéré comme un de ses travaux les plus représentatifs. À partir de 1954, il visite Paris plusieurs fois et photographies des scènes de rues. Cet ensemble de photographies couleurs sur Paris, réalisées par Ihei Kimura entre 1954 et 1960, sera présenté lors des Rencontres internationales de la photographie d’Arles cet été et à la Maison Européenne de la Photographie à la rentrée.