Le Paris de Ihei Kimura

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Le Paris de Ihei Kimura

Les photographies présentées ici ont été prises par Ihei Kimura au cours de deux séjours à Paris, en 1954 et 1955.

L'exposition

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Les photographies présentées ici ont été prises par Ihei Kimura au cours de deux séjours à Paris, en 1954 et 1955.

De septembre à décembre 1954, Ihei Kimura visite la France, l’Italie, l’Allemagne de l’Ouest et de l’Est, les pays d’Europe du Nord… À cette époque, le Japon émerge de l’occupation américaine consécutive à la Seconde Guerre mondiale. Le pays est en voie de reconstruction économique. Pour tout citoyen japonais ordinaire, les voyages hors de l’archipel sont extrêmement rares. Celui qu’entreprend Ihei Kimura n’est rendu possible que grâce à l’aide d’un journal japonais, d’un fabricant d’appareils photos et d’une marque de pellicules. Pour la première fois après ce conflit, un photographe nippon séjourne et travaille longuement à l’étranger.
Dès son arrivée en Europe, Ihei Kimura entre en contact avec les photographes de l’agence Magnum. Plusieurs mois avant sa venue, Ihei Kimura avait éprouvé un grand choc en découvrant les œuvres d’Henri Cartier-Bresson. Cette découverte s’avère décisive pour l’orientation future de son travail.

À Paris, I. Kimura rencontre Henri Cartier-Bresson qui le guide dans la capitale française et dans la ville de Blois où il travaille. Puis, H. Cartier-Bresson présente I. Kimura à Robert Doisneau. Les deux hommes se lient d’amitié rapidement. Lorsque I. Kimura revient à Paris une seconde fois, en juillet de l’année suivante, il photographie, guidé par Doisneau, les festivités du 14 Juillet dans les quartiers populaires de Ménilmontant et du canal Saint-Martin. Issu lui-même d’un quartier populaire de Tokyo qui l’a vu naître et grandir, I. Kimura retrouve une atmosphère familière, à travers l’expression des gens et l’ambiance de ces rues. Par la suite, seul et à plusieurs reprises, il arpente ces quartiers l’appareil en main.

[diaporama]

Au premier abord, on reste frappé par l’usage de la couleur. Depuis l’invention de la photographie, Paris est probablement la ville qui a suscité le plus grand nombre de clichés au monde : des années 1930 aux années 1950, Brassaï, Van der Elsken, Cartier-Bresson, Doisneau, Izis et tant d’autres l’ont fixée sur la pellicule. La grande majorité de leurs œuvres sont en noir et blanc, et naturellement, c’est ainsi que le Paris ” d’avant les années 1950 ” reste gravé dans nos souvenirs. Découvrir les images en couleur de Kimura, c’est se voir offrir une nouvelle vision de Paris, pleine de vie, à l’état brut, bien différente de celle que nous gardons, monochrome, calme et picturale, en mémoire.

Ihei Kimura a marqué la photo contemporaine japonaise. Dès la première moitié des années 30, il se spécialise dans le portrait des femmes et des hommes de lettres. Il réalise également des instantanés des quartiers populaires de la capitale nippone. Avant le conflit mondial et durant l’après-guerre, il poursuit inlassablement son activité, jusqu’à sa disparition en 1974. Il était considéré à son époque comme le plus grand photographe japonais. Son travail se partage entre le reportage, le portrait, et les instantanés.

Yukio Yamazaki, ancien rédacteur en chef d’Asahi Camera

Exposition co-produite avec les Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles, avec le soutien de la Fondation du Japon.