Un Maroc raconté autrement

Un Maroc raconté autrement

Carolle Benitah, Daoud Aoulad Syad, Delphine Warin, Diana Lui, Flore, Hicham Gardaf, Marco Barbon, Nicolas Comment, Safaa Mazirh, Scarlett Coten, Yasmina Bouziane

L'exposition

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Carolle Bénitah, La Nuit , de la série Album Souvenir , 2014 ©carolle bénitah, courtesy Galerie 127

Des néons qui palpitent en plein jour, une femme affrontant ses fantômes, une tempête de sable, une fête foraine au crépuscule, un mariage teinté de rouge sang, « récit immobile…méandres boucles parfaites à circulation infinie… plages d’un instant émergence éphémère où le regard peut se poser (sic) »,écrit Edmond Amran El Maleh. L’exposition « Un Maroc raconté autrement », proposée par la galerie 127 de Marrakech, échappe aux traditionnels clichés orientalistes, folkloriques ou journalistiques. C’est à travers le prisme de l’enfance, de la quête d’identité, de la mémoire, de la colère parfois, de la lumière toujours, qu’une douzaine de photographes livrent leur vision d’un pays où la révolution n’a pas eu lieu, mais où les certitudes, les lois, les rites, les asservissements, les clivages, sont désormais soumis à questionnement.

Aoulad Syad, le chantre humaniste du pays natal ; Carolle Bénitah, l’archéologue de ses souvenirs d’enfance ; Yasmina Bouziane, dont les autoportraits humoristiques bousculent les codes du féminin et du masculin. Entourés de jeunes photographes : Hicham Gardaf et ses personnages échappés d’un cirque, Safaa Mazirh et ses corps féminins brouillés par le désir ou la transe. Tous à leur manière illustrent, aujourd’hui, le Maroc de demain. Un Maroc dont la révolution la plus évidente est celle de l’individualité.

Les œuvres de ces photographes marocains, chahutées, sombres, souvent poétiques, sont prolongées par les regards décentrés de l’italien Marco Barbon, des français Nicolas Comment, Scarlett Coten, Flore, Delphine Warin, et de la malaisienne Diana Lui.

Commissariat : Nathalie Locatelli, Laura Serani