• © Martial Cherrier, Série “Fly or Die”, 2006
  • © Martial Cherrier, Série “Fly or Die”, 2006
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Maison Européenne de la Photographie

Martial CherrierFly or Die


Ce n'est pas Martial Cherrier qui fait du body building, c'est l'art le body builder. La pratique artistique est le produit d'incessantes métamorphoses : Martial Cherrier dont le corps est le matériau, se dessine et se photographie seulement après avoir donné à son apparence la forme qu'il désire. Et cette forme ne sera jamais apaisée.

Martial Cherrier a été ce que l’on appelle un body builder, quelqu’un qui bâtit son corps. De cette manière, il est devenu une sculpture vivante. Et ce corps bâti, recomposé presque entièrement, hors de toute base naturelle, avec un excès qui le pose aux limites de la référence humaine (et le pousse à chercher ses référents dans la démesure de Michel-Ange comme dans le corps des super-héros de bande dessinée), ce corps auto-engendré, et ses modes de fabrication, est l’objet artistique revendiqué de Martial Cherrier, un médium osmotique lui permettant de communiquer avec l’ensemble du corps social. Ainsi, Martial Cherrier est à la fois sujet, objet, support, substance, matériau et cadre de son art.
Dominique Quessada
(Extrait de « L’art Martial », in MARTIAL, éditions Contrasto et Maison Européenne de la Photographie, 2006)

Les papillons sont des insectes holométaboles, c’est-à-dire à métamorphose complète. Ces lépidoptères, à l’égal du bodybuilder transformé en atelier de son propre corps en expansion, ou comme l’intellectuel dépensant son souffle à gonfler une idée jusqu’à la rendre habitable, aspirent à des mutations qui se veulent totales.
Totales, jusqu’à ébranler la conscience de sa propre identité, jusqu’à renégocier le poncif selon lequel le corps et la psyché sont des destins, jusqu’à accepter le chaos, et non plus l’équation linéaire, comme principe premier du vivant.
Jean-Yves Jouannais
(Extrait de « Fly or Die », in MARTIAL, éditions Contrasto et Maison Européenne de la Photographie, 2006)

Ce n’est pas Martial Cherrier qui fait du body building, c’est l’art le body builder. La pratique artistique est le produit d’incessantes métamorphoses : Martial Cherrier dont le corps est le matériau, se dessine et se photographie seulement après avoir donné à son apparence la forme qu’il désire. Et cette forme ne sera jamais apaisée.
Dans « Fly or Die », série qui fait suite aux grands portraits photographiques ou l’artiste se représentait en mannequin associé aux marques d’anabolisants et de grande consommation, les dimensions changent radicalement. L’hypertrophie des muscles, si elle subsiste, carbure désormais à l’hybride, dans une résolution homme/animal qui trouve sa vérité au moment de l’éclosion d’un papillon à l’apesanteur vacillante. L’ouverture des ailes trouve un équilibre incertain, à considérer les baskets que porte l’artiste avec un sens burlesque parfait, donc énigmatique. La chenille body buildée est évacuée, le rythme de la respiration de l’artiste a changé: ce n’est plus le passage d’un seuil à un autre, d’un instant de vie à un autre, c’est une série d’apparitions malicieusement narquoises dans une tentative de vol continu. Réduit à un lilliputien face au réel qu’il survole, encagé et épinglé, promis à la crucifixion douce des coléoptères, il est libre, pourtant, Martial Cherrier.
Isabelle Rabineau
(Extrait de « C’est l’art le bodybuilder », in MARTIAL, éditions Contrasto et Maison Européenne de la Photographie, 2006)

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