Maison Européenne de la Photographie

Méditerranée intime


Chaque week-end, retrouvez à l’auditorium de la MEP une sélection de films en lien avec le cycle d’expositions en cours. Une programmation en accès libre sur présentation de votre billet d’entrée, dans la limite des places disponibles.

Une association de deux thèmes du Mois de la Photo, « Photographie méditerranéenne » et « Au cœur de l’intime ».

Les Horaires

15h00 : Vicolo, 3′ | Réal. Miller Levy  | 2003
15h05 : Les messagers, 70′ | Réal. Laetitia Tura, Hélène Crouzillat
16h10 : Face à la mer – videoclip musical, 4′ | Réal. Raymond Depardon
16h14 : Marseille en autobus, 12′ | Réal. Hedi Tahar
16h26 : Grand Littoral, 20′ | Réal. Valérie Jouve
16h46 : Qacentina, 12′ | Réal. Sophie Elbaz
16h58 : Amore mio, 22′ | Réal. Claude Nori
17h20 : Mimmo Jodice, 53′ | Réal. Gianpiero D’Angeli
18h13 : Les chemins du visible, ou Le Maroc inventé par la photographie, 52′ | Réal. Roumette Sylvain

 

La Programmation

En association avec deux thèmes du Mois de la Photo, « La photographie méditerranéenne », et « Au coeur de l’intime », vous est proposée ici une sélection dans le fonds de la vidéothèque de la MEP, mettant en avant diverses lectures, souvent très intimes de la méditerrannée : Amore mio de Claude Nori, Marseille en autobus avec Bernard Plossu, Les Messagers de Laetitia Tura, Qacentina de Sophie Elbaz… au total ce sont plus de dix films, tramant les histoires de vie des plus universelles aux plus personnelles, où les notions de racines, d’exil, de migrations, et de retour, se mêlent dans divers récits souvent très attachants.

 

Les films

15h : Vicolo
3′ | Réal. Miller Levy  | 2003

vicolo

En guise de prélude
Une journée à Naples où les cordes à linge portent les sons des ruelles et des intérieurs.

 

15h05 : Les messagers
70′ | Réal. Laetitia Tura, Hélène Crouzillat | 2014  | The Kingdom

lesmessagers

Ils ont quitté leurs familles, traversé une bonne partie de l’Afrique, mais ont échoué à atteindre l’Europe. Beaucoup ont trouvé la mort dans le désert, beaucoup d’autres se sont noyés en Méditerranée. Ceux qui témoignent de cette immense tragédie collective sont des pêcheurs marocains et tunisiens, des policiers espagnols, des gardiens de cimetière, un prêtre, mais ce sont surtout des rescapés pleurant la mort de leurs compagnons d’infortune.Tourné en Tunisie et au Maroc, dans les lieux où chaque année échouent des milliers d’hommes et de femmes en quête d’une vie meilleure, le film fait oeuvre de sépulture pour les malheureux qui ont trouvé la mort en chemin. Tandis que les plans fixes et les photographies scrutent des paysages vides de désert et de mer où tant ont péri, les témoins racontent sobrement les circonstances de ces drames devenus banals. Ceux qui ont survécu à un naufrage tenteront à nouveau leur chance ; ils n’ont pas le choix et rien à perdre. Quant aux carabiniers qui gardent l’enclave de Melila, ils sont bien conscients de l’absurdité de leur tâche : « Aucune barrière n’arrête un homme qui a fait 1000 kms à pied. » Les noyés passent par la morgue avant d’être jetés en tas au fond d’une fosse commune creusée à la pelleteuse dans le sol caillouteux du désert. Seuls veillent sur ces morts anonymes un vieux curé et de pauvres gardiens de cimetière.

 

16h10 : Face à la mer – videoclip musical
4′ | Réal. Raymond Depardon | 1993 | Delabel / Razia / Palmeraie & desert

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Un clip sur le remix de la chanson « Face à la mer », du groupe de rock français « Les Négresses Vertes », réalisé par Raymond Depardon à partir de photos qu’il a faites à Beyrouth.

 

16h14 : Marseille en autobus
12′ | Réal. Bernard Plossu | 2003  | Productions du Soleil

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Un film sur Bernard Plossu photographiant Marseille par la fenêtre d’un autobus. On voit également les photographies réalisées dans le cadre de cette commande de la Régie des Transports Marseillais. Il évoque notamment le bonheur qu’il a eu de collaborer avec les chauffeurs des autobus, qui se sont particulièrement mobilisés pour l’aider dans sa démarche .

 

16h26 : Grand Littoral
20′ | Réal. Valérie Jouve  | 2003  | prod. La Fabrique Sensible / ville de Marseille

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Banlieue de Marseille. Des femmes, des hommes, des enfants se croisent en marchant sur les collines surplombant des cités HLM, sur des passerelles d’autoroute ou de voie ferrée. Au coeur de leurs itinéraires, un centre commercial où circulent voitures et caddies. Sans commentaire, sur une bande son qui répercute les bruits de la ville, Valérie Jouve livre l’instantané onirique d’un territoire urbain hostile.Grand Littoral est le nom de ce centre commercial construit à flanc de colline dans les quartiers nord de Marseille. De ce site contradictoire, où la nature et la ville semblent se livrer un combat sans pitié, l’artiste Valérie Jouve fait le support de son premier film. Connue pour ses portraits d’anonymes photographiés sur fond de paysages urbains, elle observe ici à nouveau les relations entre l’individu et son environnement. Elle fait appel pour cela à des personnes venues d’horizons divers, quidam, amis, habitants. Ces « sujets » forment une communauté fragile dont elle suit les déambulations sur un littoral défiguré par d’effrayantes infrastructures. Loin des clichés sociaux sur la banlieue, ces parcours tissent un territoire étrange : l’énergie de la marche, l’intensité des regards et la douceur des rencontres apparaissent comme autant d’actes de résistance à une réalité urbaine ennemie, où l’humain doit sans cesse reconquérir sa place.

 

16h46 : Qacentina
12′ | Réal. Sophie Elbaz | 2008

Qacentina

Pour conclure sa quête de l’origine, en 2007, Sophie Elbaz part sur les traces de ses origines paternelles séfarades qui la conduisent à Constantine, en Algérie.Elle y réalise un premier film à la mémoire de son grand-père, Jonathan Elbaz. »A Constantine, j’ai travaillé sur tout ce qui était pour moi évocateur, à la dérobée, avec un regard furtif et non « installé ». Mon travail se situait en effet entre le fantasme et la réalité. En outre, je vivais dans une bulle car je n’avais, sauf exception, aucun contact avec les habitants.Je ne me suis jamais sentie à la fois autant étrangère et aussi familière d’un lieu.Le décor était pour tous, mais je voyais à cause de mon émotion, autre chose. Mon expérience a été celle d’un dépaysement fort dans un pays familier.En fait je suis allé très loin chercher des choses très proches.Ce sont ces écoles buissonnières qui m’ont permis d’arriver à l’essentiel: non la quête d’identité mais la réconciliation des identités.Pouvoir mettre des images sur un imaginaire transmis est extraordinaire »

 

16h58 : Amore mio
22′ | Réal. Claude Nori  | 1985  | INA

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Une introspection visuelle et musicale , où Claude Nori se penche sur cette méditerrannée originelle, cinématographique, féminine et nostalgique qui est le ferment de son travail…

En voix off, Claude Nori parle de Nora, de sa rupture avec elle à laquelle il veut mettre un point final, ainsi que de son désir de retrouver ses origines italiennes en retournant à Rimini où il vécut ses premières amours de jeunesse. Au début du film, on voit des photos en noir et blanc qu’il réalisa à partir d’écrans de cinéma et de télévision, essentiellement des portraits de stars italiennes. Puis on voit les images en couleurs de lui-même coupant ses moustaches et de jeunes gens sur la plage de Rimini, s’amusant, bronzant ou s’embrassant, extraites du film « Prochaines vacances: Rimini » qu’il réalisa en cinéma super 8. Ces images alternent avec des photos en noir et blanc extraites de la série « Vacances à l’italienne » qu’il réalisa précédemment .La bande sonore est composée du commentaire de Claude Nori, et d’extraits de la bande sonore de « La Ragazza di Bubbe » de Luigi Commencini comportant notamment des voix de femmes en pleurs et des chansons et musiques de crooners italiens .

 

17h20 : Mimmo Jodice
53′ | Gianpiero D’Angeli | fotografia italiana | 2009 | IstF GiartTv

mimmo Jodice

Mimmo Jodice est un des plus grands noms de la photographie italienne. Son travail joue sur le dualisme entre réalité et imagination, il s’agit d’un long parcours de mémoire à la recherche d’un moyen pour exorciser les doutes et les inquiétudes de la vie. Dans ce documentaire biographique Jodice raconte sa personne et son travail, en cherchant dans les lieux les plus fascinants de sa Naples natale les origines de la civilisation méditerranéenne. Le temps n’existe plus, les vestiges archéologiques, les anciens visages sculptés dans la pierre et la mer sont les sujets qui inspirent ses images.

 

18h13 : Les chemins du visible, ou Le Maroc inventé par la photographie
52′ | Roumette Sylvain | 2002 | Tanguera Films

le maroc reinventé

Le titre et le sous-titre du film indiquent d’emblée son propos : film sur le Maroc, il est aussi – et peut-être d’abord – un film sur l’image du Maroc. L’image au sens le plus strict, puisqu’il s’agit de l’image photographique de ce pays, mais aussi au sens plus large de représentation : que nous montrent du Maroc les photographes qui s’y sont succédés depuis un peu plus d’un siècle ? Y a-t-il rupture ou continuité entre les images d’une certaine tradition exotique, celles de la vision coloniale, soucieuse de pittoresque et de dépaysement orientaliste, et les images modernes de photographes contemporains plus concernés par la vérité humaine et la valeur du témoignage ? Plus généralement, enfin : qu’est-il possible de montrer d’un pays à travers la photographie ? Quoi d’autre que ses paysages, ses monuments et ses types humains ? Ce sont toutes ces questions qui traversent le film, construit essentiellement autour des figures de quelques photographes dont l’oeuvre est spécialement liée à l’exploration de l’espace marocain. Ils sont français, comme Bernard Descamps, qui poursuit depuis plusieurs années un travail en noir et blanc dans une haute vallée de l’Atlas, ou Bruno Barbey, qui explore en coloriste la mémoire du Maroc traditionnel. Ils sont aussi marocains, et à ce titre moins connus du milieu professionnel qui les découvrira grâce au film: Souad Guennoun photographie les enfants des rues de Casablanca, et plus généralement les coulisses de la ville sur laquelle elle pose un regard d’architecte concernée par le social; Nabil Mahdaoui casse l’exotisme des lieux en proposant de savants et déroutants décadrages ; Djamal Benabdeslam pose sur le monde médical, dont il fait partie (il est psychiatre), un regard qui n’est pas sans évoquer celui d’Eugène Smith ; Daoud Aoulad Syad, enfin, prolonge dans la photo et maintenant dans le cinéma l’héritage classique de Cartier-Bresson. Pour être complet le film cite aussi le travail hors normes de Touhami Ennadre, plasticien aujourd’hui installé à Paris, et dont l’oeuvre récemment exposée à la Maison Européenne de la Photographie est une très originale tentative de dépassement de la figuration photographique par les moyens de la photographie elle-même.

Le photographe fait partie de l’image et conduit aux frontières de ce qu’il est possible de voir ou de ne pas voir. Sur ce postulat, Sylvain Roumette entreprend un tour du Maroc en compagnie de Bruno Barbey, Djamal Benabdeslam, Abdelkrim Chiquer, Bernard Descamps, Souad Guennoun, Mahdaoui Nabil et Daoud Aoulad Syad. Ponctuant les interviews, leurs photographies sont agencées avec de nombreuses images d’archives.

Si les photographes anciens faisaient l’inventaire d’un monde, en collectionnant des types humains ou des clichés géographiques, ceux d’aujourd’hui tentent de saisir une autre dimension des êtres et des choses. Entre visible et invisible, entre documentaire et imaginaire, entre témoignage et impossibilité de témoigner, les artistes invités parlent de leur pratique en apportant des éléments historiques. Les premières photographies du Maroc, réalisées par des gens extérieurs au pays, ont été associées pendant longtemps à la colonisation ; sous forme de photo d’identité, le portrait date du protectorat avant de devenir « lieu » de la monarchie. Et, même si au début du siècle le sultan Ab al-‘Aziz avait adopté certains instruments de la modernité technologique, la culture photographique au Maroc est récente.

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