Michael von Graffenried
Outing

La MEP

Michael von Graffenried

En France, Michael von Graffenried est connu pour ses images du conflit civil en Algérie ("Guerre sans Images" 1991-2002), mais son travail n'est pas limité à un seul pays. Les différentes séries présentées dans l'exposition montrent qu'il suit une ligne directrice cohérente qui structure son travail.

L'exposition

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L’or noir, Hassi Messoud, 1995 © Michael von Graffenried / Courtesy Galerie Esther Woerdehoff

En France, Michael von Graffenried est connu pour ses images du conflit civil en Algérie (“Guerre sans Images” 1991-2002), mais son travail n’est pas limité à un seul pays. Les différentes séries présentées dans l’exposition montrent qu’il suit une ligne directrice cohérente qui structure son travail.

L’idée d'”outing” sous-tend l’ensemble de son œuvre: donner à voir ce que l’on ne voit pas. Parce que la situation est difficile d’accès, que l’on oublie de la voir ou que, tout simplement, on refuse de la regarder. Michael von Graffenried ouvre des sociétés fermées et pose sur les gens et les lieux un regard à la fois brut et provocateur.

Il a ainsi suivi un couple de toxicomanes pendant deux ans et placardé ensuite ces photographies sur les panneaux publicitaires des grandes villes suisses (“CocaineLove” 2003-2005). Ce geste été perçu comme un manifeste pour le renouvellement de la photographie de reportage. Son approche tient autant du cinéma que de l’ethnologie, il établit en effet avec ses sujets une relation de confiance propre au reportage classique. Pendant presque dix ans, il s’est rendu dans un camp naturiste discret aux bords du lac de Neuchâtel (“Nu au Paradis” 1988-1997). En Caroline du Nord, il a dressé le portrait d’une ville de l’Amérique profonde qui a déclenché une polémique dans le journal local (“Our Town – an Inside look at the Unites States today” 2006). Au Soudan, il a rencontré des secrétaires se transformant en guerrières armées une fois la journée de bureau terminée (“Soudan” 1995). Au Caire également, il a montré ses œuvres censurées sur le toit d’immeubles où vivent les populations les plus pauvres (“Inside Cairo” 2007).

Une grande partie de son travail se présente en format panoramique, méthode qu’il pratique depuis 1991 avec un vieil appareil japonais. Ces grands tirages, au format de presque trois mètres de longueur, visent à objectiver le monde, sans aucune recherche de dramatisation. Ils plongent le spectateur, comme le disait le commissaire d’exposition Harald Szeemann, “au cœur de l’événement“.

Parallèlement à l’exposition présentée à la Maison Européenne de la Photographie, la Galerie Esther Woerdehoff présente des photographies panoramiques et une installation vidéo “Eye on Africa“, produites au Cameroun, du 5 mai au 2 juillet 2010.

L’exposition est réalisée avec le soutien des Amis de la Maison Européenne de la Photographie et de l’Association Suisse d’Entraide Sociale et Culturelle.