Miguel Angel Rios
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La MEP

Miguel Angel Rios

Présentée pour la première fois à Paris, l’œuvre de Miguel Angel Rios AQUI met en scène, de manière métaphorique, à travers un ballet de toupies blanches et noires, l’ancestrale lutte du bien et du mal.

L'exposition

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Portrait de Grillo, tirage numérique, 2007 © Miguel Angel Rios / Courtesy Farideh Cadot

Présentée pour la première fois à Paris, l’œuvre de Miguel Angel Rios AQUI met en scène, de manière métaphorique, à travers un ballet de toupies blanches et noires, l’ancestrale lutte du bien et du mal.

Sur plusieurs écrans géants, des toupies en bois de goyave, de formes épurées, s’entrechoquent et s’affrontent dans une chorégraphie minutieusement réglée, tandis qu’une bande sonore percutante souligne chacun de leurs impacts. Inspiré par un jeu ancien, pratiqué dans la région du Tepoztlan au Mexique, Miguel Angel Rios a travaillé avec une douzaine de joueurs de trompos (toupies) et réalise en temps réel, sans aucun trucage numérique, au cours d’un tournage qui a duré plus de huit mois, une œuvre sur la violence et le pouvoir.

Précise et contrôlée, la démarche de Miguel Angel Rios est empreinte d’un souci de perfection formelle. En ce sens, on pourrait la rapprocher de celle d’un Malevitch ou d’un Brancusi. Mais cet artiste, pétri de culture sud-américaine, né en Argentine, vivant et travaillant à New York, est profondément concerné par les conflits sociaux et politiques qui agitent le monde. Dès lors, une autre lecture s’impose. À l’instar d’un Guernica revisité et transfiguré, AQUI diffuse une émotion et une gravité qui envahit peu à peu le spectateur. Dans ce jeu de toupies apparemment innocent s’affrontent Eros et Thanatos. À l’image du combat pour la survie, des forces obscures se déchaînent et tentent avec brutalité d’imposer leur loi.

Un documentaire fascinant, constituant le making of du tournage, ainsi que des photographies et des dessins, complètent ce dispositif dans lequel le bruit et la fureur vont de pair avec une beauté plastique qui fascine et inquiète. Chez Miguel Angel Rios, comme chez Marguerite Duras, “le monde va à sa perte”.

Farideh Cadot
Jean-Luc Monterosso

L’exposition est réalisée sur une proposition de Farideh Cadot. Elle bénéficie du soutien de Neuflize Vie.