• Salimatu, Kolondimba, Mali, 2009 © Olivia Gay
  • Yuleisy, Jineteras, Cuba, 1997 © Olivia Gay
  • Domestica, Rio de Janeiro, 2013, série « Contemplacoes » © Olivia Gay
  • La Prière, 2007, Dominicaine du Monastère Saint-Maximin (Provence), série « Ora et Labora » © Olivia Gay
  • Isabelle, Visiteuse, Calais, 2010, série « Les Dentellières de Calais » © Olivia Gay
  • Lili, détenue de la Maison d’arrêt de Caen, 2016 © Olivia Gay

Maison Européenne de la Photographie

Olivia GayEnvisagées


Le travail d’Olivia Gay s’articule autour de la représentation féminine, spécifiquement dans un contexte professionnel, mais aussi, parfois, dans un cadre plus intime : les dentellières de Calais, les prostituées de Cuba, les détenues de la maison d’arrêt de Caen ou bien encore les religieuses du monastère Saint-Maximin en Provence. La MEP confronte dans cette exposition des photographies de séries différentes, dans lesquelles la figure féminine se trouve, volontairement ou non, en marge de la société.

À distance d’un photojournalisme qui privilégie l’instant décisif et les images choc, Olivia Gay poursuit la longue et patiente quête d’un regard. Regard sur le travail sous toutes ses formes – qu’il soit aliéné ou rédimé – et sur les femmes, dont elle narre la rencontre à chaque fois singulière. Olivia Gay dresse ainsi le portrait subjectivé de femmes qu’elle suit au long cours, sous la forme de cet « envisagement » cher au philosophe Emmanuel Levinas.

Elle s’intéresse aux postures, aux gestes et aux regards des corps qu’elle photographie. L’importance toute particulière de la lumière et de la couleur, l’utilisation de costumes et d’un fond neutre permet de décontextualiser la photographie, donnant une valeur iconique et intemporelle aux clichés. Le modèle pictural irrigue ces portraits subtils, qui témoignent d’une immersion à chaque fois renouvelée dans des mondes spécifiques, et de ce qu’on pourrait nommer une spiritualité du visage.

Pour l’historienne et critique d’art Dominique Baqué, « les femmes d’Olivia Gay ne sont pas encore des révoltées, moins encore des militantes : mais elles persistent à exister, elles défient la cécité d’une société fracturée dans l’écart devenu incommensurable entre ceux que le hasard a dotés de tous les biens et qui, sans cesse, se montrent, s’exposent, s’affichent, et ceux qui n’ont rien, et dont l’on voudrait nous faire croire qu’ils ne sont rien. »

 

Commissaire d’exposition

Karen Pfrunder

 

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