À partir de 2001, la Chine de Patrick Zachmann passe à la couleur. Comme une transition, la série Impressions de nuit montre un pays qui est passé du costume de Mao aux couleurs vives, extravagantes et audacieuses. Le photographe choisit dès lors de montrer faux-semblants et envers du décor. Il veut être le témoin de la complexité des formes qui bouleversent les identités individuelles et collectives de la Chine contemporaine. Entre les images de façades qui caractérisent le pays – décors urbains, pouvoir des apparences, univers artificiel de la nuit – se glissent des existences dures et incertaines, comme celles de ces mingong, paysans pauvres venus fuir la misère et chercher du travail dans les grandes villes. Véritables esclaves qui construisent la Chine de demain, ils sont près de deux cents millions à trimer pour un salaire de misère et ne rentrent au village qu’une fois par an, durant la semaine du nouvel an chinois. Avec la série Retour à Wenzhou, Zachmann montre les mutations profondes de l’espace urbain. Le mouvement d’immigration s’est presque inversé. Les candidats à l’exil se font plus rares et de nombreux Chinois reviennent au pays : les chances de s’enrichir sont plus grandes aujourd’hui à Wenzhou que dans un atelier clandestin en France. Enfin, les portraits transgénérationnels réalisés par Patrick Zachmann ont pour ambition de montrer le choc culturel à l’intérieur des familles dans un pays où l’histoire s’est accélérée à une vitesse vertigineuse.
Conception
Patrick Zachmann et Marion Lacourt, avec la participation de Patrick Bouteloup et Laurie Hurwitz.
Avec le soutien de
Editions
Un livre, publié aux éditions Xavier Barral, accompagne l’exposition.
Partenaire media
En parallèle
Des oeuvres de Patrick Zachmann sont également présentées dans deux expositions parisiennes : “Extérieur Nuit 1982 – 1992” au Musée du quai Branly (37 Quai Branly, 75007 Paris), du 5 avril au 17 juin 2016 ; et “A Hauter d’Hommes” à la Fondation EDF (6, rue Recamier 75007 Paris) du 4 au 21 avril 2016.