Peter Neuchs
Brief Encounters

Peter Neuchs

En 1945, le réalisateur britannique David Lean ouvre son film, Brief encounter, par une scène de conversation échangée au café d’une gare. Alors que la caméra explore les tablées, un couple se dégage de l’ensemble : ce sont les personnages principaux, qui vivent, dans ce décor anodin, les prémices du drame sentimental qui s’annonce. On trouve là toute la puissance du non-dit, le pouvoir de la suggestion, de ce rien en devenir, qui imprègne tout l’œuvre de Peter Neuchs.

L'exposition

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Peter Neuchs, Therapy ( The brighter side), 2001 © Peter Neuchs

C’est dans la banalité des lieux qu’il fréquente chaque jour ou parcourt lors de ses voyages, que Peter Neuchs saisit ces brèves rencontres; ces moments fugaces de lucidité où la beauté et l’intensité de la vie jaillissent de la quotidienneté.

L’exposition regroupe plusieurs séries inédites que le plasticien danois réalise depuis 2001, date à laquelle il s’installe au Brésil. Ses photographies figurent un corps féminin nu sur des draps froissés, une fleur fanée au pied d’un Christ en souffrance, une plage battue par le vent, un nageur dans la nuit ou un couloir vide. L’artiste capture ces instants de communion intime où le matériel prend une dimension spirituelle.

Les images de Peter Neuchs convoquent une dualité où le banal est exceptionnel et le quotidien éternel. Mais il y a trop de bruit, de flou ou d’obscurité pour que leur sens ne se révèle sans ambiguïté. Il n’y a pas de visages, d’expressions à interpréter, de symboles évidents, mais un voile qui recouvre ces morceaux de corps ou de paysages. Si Peter Neuchs est au plus près de ses sujets, il garde pourtant une distance, préfère en proposer des fragments – comme si la beauté, le souffle, les sensations mêmes se dérobaient à trop vouloir les saisir. La trivialité des sujets se teinte de mystère et de mélancolie – le spectateur devient le témoin voyeur de ces rencontres silencieuses.

Commissariat : Maria Lund