The Happy Breed de David Lean.
1944, 1h55.
La projection se fera en anglais, sous-titrée en français.
Réservation obligatoire sur la billetterie en ligne – rubrique événements.
Le billet pour l’événement donne également accès aux expositions.
Tout public.
Ce film britannique de David Lean, sorti en 1944, est adapté d’une pièce de Noël Coward. On y suit l’emménagement et la vie de la famille Gibbons dans un quartier un peu déclassé de Londres. Le film dresse un tableau des tribulations ordinaires de cette famille durant l’entre-deux-guerres.
Le titre This Happy Breed a une résonance particulière pour Dennis Morris, qui l’a emprunté pour une de ses premières séries photographiques, exposée à la MEP. Ce choix n’est pas anodin : l’ironie affectueuse contenue dans ce titre reflète parfaitement le regard de Morris sur les classes moyennes blanches de ces quartiers populaires, notamment Clapham, dans le Grand Londres.
Ses photographies capturent le quotidien de ces « ordinary people » menant une vie modeste, empreinte d’excentricité anglaise. Ce regard affectueux n’exclut pas une lucidité sociale : ces mêmes quartiers allaient devenir après-guerre de plus en plus cosmopolites, accueillant des populations d’origine caribéenne, notamment jamaïcaine, qui partageaient la même relégation sociale et géographique.
Dennis Morris, lui-même issu de cette immigration et confronté au racisme, n’a pourtant jamais renoncé à une certaine empathie ni à une fascination pour l’esprit anglais. Il témoigne d’un respect sincère pour ces anciens ayant traversé deux guerres mondiales tout en conservant leur humour, incarné par l’expression populaire « Knees-up-Mother-Brown ».
Ainsi, à travers le prisme de This Happy Breed, Dennis Morris explore les liens entre classes sociales, héritages culturels et transformation urbaine, dans un regard à la fois critique et tendre sur une Angleterre en mutation.