Roman Vishniac
De Berlin à New York, 1920-1975

Roman Vishniac

Après New York (ICP, 2013) et Amsterdam (Joods Historisch Museum, avril-août 2014), le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme présente l’exposition « Roman Vishniac : de Berlin à New York, 1920-1975 » pour la première fois en France. Rassemblant environ 220 clichés, dont de nombreux inédits, elle propose une réévaluation complète de l’ensemble de la production photographique de Vishniac, depuis ses débuts à Berlin jusqu’à l’après-guerre en Amérique.

L'exposition

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Roman Vishniac, Garçons s’entraînant dans le gymnase du Centre communautaire juif de Bensonhurst, Brooklyn, 1949 Épreuve gélatino-argentique © Mara Vishniac Kohn, courtesy International Center of Photography

Plus qu’aucun autre photographe, Roman Vishniac a profondément influencé l’image que nous nous faisons aujourd’hui de la vie juive en Europe de l’Est. On lui doit le témoignage photographique le plus connu et le plus souvent publié de ce monde, à la veille de son anéantissement. Pourtant, seule une faible partie de son travail a été montrée ou publiée de son vivant. Des premières incursions dans l’avant-garde européenne des années 1920 jusqu’aux innovations en photomicroscopie en couleur des années 1950 et 1960, son œuvre s’étend sur plus de cinq décennies. L’exposition donne à voir un ensemble de travaux — issus des Archives Roman Vishniac de l’ICP — d’une extrême diversité, et replace ses photographies emblématiques du judaïsme est-européen au sein d’un mouvement plus large, celui de la photographie documentaire humaniste des années 1930.

De Berlin, où il témoigne de la montée du nazisme, aux Pays-Bas, avec un reportage sur un camp de formation pour jeunes gens se préparant à émigrer en Palestine, ses intérêts sont multiples. Réfugié aux Etats-Unis en 1941, Vishniac s’intéresse à l’intégration des immigrants, se fait portraitiste (Einstein, Chagall) ou chroniqueur de la vie nocturne, comme dans le célèbre Village Vanguard. Ses photographies de Chinatown rappellent par leur humanisme son corpus est-européen, et le travail que réalisera dix ans plus tard un autre immigré juif, Robert Franck.

L’exposition Roman Vishniac Rediscovered a été préparée par l’International Center of Photography. Elle fut rendue possible grâce au soutien de Mara Vishniac Kohn, dont la générosité a permis la création des Archives Roman Vishniac à l’ICP, et à Andrew and Marina Lewin Family Foundation, Estanne and Martin Fawer, The David Berg Foundation, Righteous Persons Foundation, National Endowment for the Arts, Olitsky Family Foundation, the ICP Exhibitions Committee, James and Merryl Tisch, Koret Foundation, et d’autres donateurs anonymes. 

Commissariat : Nicolas Feuillie et Dorota Sniezek