Sebastião Salgado
Exodes

La MEP

Sebastião Salgado

Pendant six ans passés à parcourir quarante pays, Sebastião Salgado a travaillé parmi ces fugitifs sur les routes, dans les camps ou les taudis des grandes villes. Nombre d'entre eux traversaient alors les pires moments de leur vie. Ils étaient effrayés, mal à l'aise et humiliés. Pourtant, ils ont accepté de se laisser prendre en photo souhaitant que leur détresse soit connue du monde.

L'exposition

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Au moment du bilan de la pondération des ressources humaines pour bâtir le nouveau siècle, Sebastião Salgado nous livre un plaidoyer pour les populations déplacées et les accueillants. Il veut montrer leur dignité dans leur volonté d’insertion, leur courage dans leurs épreuves ; montrer qu’ils apportent leur esprit d’entreprise et la richesse de leurs différences; montrer, à travers l’exemple des migrations, qu’il faut fonder la famille de toute l’espèce humaine sur la solidarité et le partage.

Pendant six ans passés à parcourir quarante pays, Sebastião Salgado a travaillé parmi ces fugitifs sur les routes, dans les camps ou les taudis des grandes villes. Nombre d’entre eux traversaient alors les pires moments de leur vie. Ils étaient effrayés, mal à l’aise et humiliés. Pourtant, ils ont accepté de se laisser prendre en photo souhaitant que leur détresse soit connue du monde.

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L’exposition, dont la commissaire est Lélia Wanick Salgado, regroupe 300 photos. Les espaces d’exposition ont été conçus pour permettre aux visiteurs de “voyager” à l’intérieur du thème. Cette aventure de la “réorganisation de toute l’espèce humaine”, par ces immenses déplacements de populations, est ressentie à travers l’exposition. Des projections de diapositives permettent de comprendre la dynamique du travail et la globalité de cette saga humaine. Les espaces ont été conçus pour permettre aux visiteurs de “voyager” à l’intérieur des cinq thèmes : les émigrants et réfugiés ; la tragédie africaine ; l’Amérique latine ; l’Asie ; les enfants aujourd’hui, hommes et femmes du siècle prochain.

Ce projet a été réalisé par Sebastião Salgado, Lélia Wanick Salgado et leur équipe d’Amazonas Images.

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Repères biographiques :
Né en 1944 à Aimorés M.G. au Brésil, Sebastião Salgado a une biographie peu commune. Il commence par étudier l’économie et obtient un Master in Economics au Brésil, puis s’installe à Paris pour poursuivre ses études à l’École nationale de statistique et de l’administration économique, en vue d’un doctorat de troisième cycle.
Dès 1968, il trouve un emploi au ministère des Finances à São Paulo puis, en 1971, à l’Organisation internationale du café à Londres. En 1973 Salgado abandonne l’économie et travaille comme photographe free-lance. Sebastião et sa femme, Lélia, s’installent à cette époque à Paris.
En 1975, il entre à l’Agence Gamma et photographie les travailleurs immigrés en Europe (principalement en France, en Hollande, en Allemagne, au Portugal et en Italie). Il comprend très vite que sa vocation n’est pas de courir après l’actualité immédiate. Contrairement aux photographes de “news” – ou plutôt à côté d’eux – il ira enquêter là où aucune actualité immédiate ne le sollicite, là où il ne se passe rien d’autre que la permanence d’une situation.
Dès 1977, il décide de se concentrer sur la vie paysanne et la résistance des Indiens et de leurs descendants en Amérique latine. Afin d’être le plus complet possible dans sa recherche, Sebastião Salgado parcourt alors neuf pays, approfondissant son regard sur ses compatriotes, mettant l’accent sur leur appauvrissement et l’exploitation dont ils sont victimes. Il suit les syndicats de paysans péruviens, dressant un portrait de ceux qui luttent contre un pouvoir oppresseur. En quelque sorte, ses photographies reflètent un engagement, un combat pour l’amélioration des conditions de vie des Indiens; comme un économiste qui lutterait à coups de constats statistiques. Lui, observe une société à travers les individus qui la constituent. Ce travail se termine en 1984 et donne lieu à la publication de son premier livre, Autres Amériques, qui obtient le Prix de la Ville de Paris et le Prix Paris Audiovisuel / Fondation Kodak Pathé.
Un de ses premiers travaux photographiques commandé par la mairie de La Courneuve en 1978 est lié au problème du logement et des conditions de vie dans la banlieue parisienne.

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C’est tout naturellement, pendant qu’il développait sa première grande fresque photographique, qu’il a rejoint, en 1979, l’équipe de l’Agence Magnum.
En 1984, Sebastião Salgado part pour le Sahel et revient avec un travail important sur la sécheresse et la famine qui déciment, une fois de plus, cette partie de l’Afrique. Des images en noir et blanc d’enfants, de femmes, de vieillards décharnés auxquels les volontaires de Médecins sans Frontières tentaient d’apporter leur aide. Avec Sahel, l’homme en détresse, il reçoit le Prix du Livre aux Rencontres d’Arles et le Grand Prix du Mois de la Photo 86 lui est décerné par Paris Audiovisuel. Il est élu photographe de l’année aux États-Unis.
Entre 1986 et 1992, il réalise une immense fresque sur le monde des travailleurs à travers le monde. La Main de l’homme en est l’aboutissement. Un livre est édité dans huit pays et une exposition circule, encore aujourd’hui, dans le monde entier.
En 1994, Sebastião et Lélia Wanick Salgado décident de créer Amazonas Images, leur propre agence de presse, représentant en exclusivité le travail de Salgado. Grâce à Lélia, à Sebastião et à leur équipe, de grands projets comme “Exodes”, exposition coproduite et présentée à la Maison Européenne de la Photographie, ont pu voir le jour.
Salgado décide de réfléchir au destin des paysans du Brésil (portraits saisissants, scènes de la vie quotidienne, mouvements de foules partisanes) : avec Terra, publié en 1997, il dévoile au monde la situation dramatique des sans terre, l’histoire bouleversante de tous ces gens qui, ayant perdu leur travail à la campagne, sont forcés d’émigrer vers les villes où ils deviennent des sans-abri.

La liste des distinctions accordées à ses travaux est longue, citons le Prix Eugene Smith pour la Photographie Humaine (États-Unis) en 1982, le Prix Oskar Barback (Allemagne) en 1985 et 1992, le Prix Ibéro-Américain de la Photographie (Espagne) en 1986, le Prix de l’American Society of Magazine Photography (États-Unis) en 1988, le Prix Rey de España (Espagne) en 1988, le Prix Erna et Victor Hasselblad (Suède) en 1989, le Grand Prix de la Ville de Paris et le Visa d’Or du Festival International du Journalisme de Perpignan, France, en 1991.

Les photographies de Salgado sont exposées dans le monde entier et publiées dans les plus prestigieux magazines internationaux.