Stanislaw Ignacy Witkiewicz
Close-Up de S.I. Witkiewicz, 1912-1914

Stanislaw Ignacy Witkiewicz

Personnalité inclassable aux excellences multiples, le polonais Stanislaw Ignacy Witkiewicz fut à la fois philosophe, théoricien de l’art, écrivain, dramaturge, peintre et photographe. Autodidacte excentrique et visionnaire, il fut incompris de son vivant. Devenu aujourd’hui une référence, un artiste d’artistes, il compte parmi les figures majeures des avant-gardes européennes du XXème siècle, à l’instar de Kafka, Antonin Artaud, Walter Benjamin ou Marcel Duchamp, pour qui la vie est la dimension même de l’art. Sa pensée littéraire, sa philosophie, son théâtre, annoncent le surréalisme, l’existentialisme, le théâtre de l’absurde…

L'exposition

Image
Stanislaw Ignacy Witkiewicz, Autoportrait, Zakopane , 1912, tirage argentique d’époque, 17,4 x 12,3 cm ©Alberto Ricci / Archives Galerie de France

Ses premières images suivent un mode opératoire très personnel : il adapte un tuyau de plomberie en guise d’objectif à son vieil appareil, puis l’approche à quelques centimètres du visage de ses modèles, qu’il compte tous dans son cercle d’intimes. Très tôt, Witkiewicz mène des expérimentations photographiques proches du spiritisme, de la psychanalyse de Freud, de la théorie des archétypes de Jung, que de nombreux artistes s’approprieront plus tard.

Malgré son étonnante modernité, son œuvre photographique reste encore confidentielle. L’exposition présente une collection unique de douze portraits « close-up », tirages originaux de 1912-1913, accompagnés d’un Autoportrait multiple de 1916, et d’une série de douze autoportraits des années 30, dans lesquels il se parodie en acteur grimaçant et grotesque.

Fasciné par le caractère changeant du visage de l’homme, il écrit dans son essai Les Ames Mal lavées « Propriétaire d’une grande entreprise de gueules-modèles, c’est-à-dire étant tout simplement portraitiste-psychologue, j’ai le défaut d’être intéressé par la gueule humaine d’une façon extraordinaire. Normalement en marchant dans la rue, je devrais enregistrer chaque visage : le prendre en moi, digérer vite, définir « intuitivement » et vomir ».

Aussi, ses portraits témoignent, au-delà de toute maîtrise technique, d’une tentative de pénétrer l’inconscient, de sonder les zones profondes du psychisme humain.