Table ronde <em>Entre individu et collectif : repenser les représentations</em>

Table ronde Entre individu et collectif : repenser les représentations

Dans le cadre de l'exposition Dana Lixenberg — American Images, la MEP propose une rencontre autour des nouvelles écritures de la photographie documentaire et de la manière dont elle rend visibles les individus au sein de communautés et, plus largement, de leur environnement social.

Auditorium

Réservation conseillée sur la billetterie en ligne – rubrique événements.
Le billet pour l’événement donne également accès aux expositions.

 

Tout public.

Valérie Jouve et Bruno Serralongue, deux figures majeures de la photographie contemporaine, partageront leurs expériences et réflexions sur la construction d’images qui articulent regard individuel et dynamiques collectives.

Bruno Serralongue documente les mouvements sociaux et événements contemporains à rebours des images médiatiques spectaculaires. Il prépare ses projets en analysant la couverture médiatique, puis crée ses propres images pour révéler ce qui est ignoré ou mal représenté. Ses photographies intègrent les individus au sein de collectifs, parfois anonymisés, mais toujours attentives aux dynamiques sociales et politiques.

Valérie Jouve explore la ville et ses territoires, captant la manière dont les individus interagissent avec l’espace urbain et social. Ses portraits et scènes collectives, construits après un temps long passé avec ses sujets, révèlent la confrontation entre corps individuel et structures collectives.

Animée par André Gunthert, cette table ronde invite à réfléchir à la place de l’individu dans le collectif, au rôle du temps et de la relation de confiance dans le travail documentaire, et à la manière dont la photographie peut éclairer notre lecture de la société contemporaine.

Image en une :  A gauche : Boubacar Diallo, élu au comité de concertation du foyer ADEF de Saint-Ouen a mené la lutte pour un relogement digne des résidents suite à leur évacuation pour permettre la destruction du foyer qui se trouve dans le périmètre du futur village Olympique, Saint-Ouen, 23 janvier 2021. Courtesy de l’artiste Bruno Serralongue et Air de Paris, Romainville, © Adagp, Paris. A droite : Valérie Jouve, Sans Titre (Les Personnages avec Jeannette Sobie), négatif couleur 4×5 inches, 100x130cm, c-print, 2021. Courtesy de Valérie Jouve & Xippas Paris © Adagp

Intervenant·es

Valérie Jouve © Rana Mosa Abu Kharbeesh

Valérie Jouve

Valérie Jouve, née à Saint-Étienne en 1964, est photographe et cinéaste. Formée à l’ethnologie puis à la photographie à l’ENSP d’Arles, elle vit et travaille entre l’Aveyron et Paris, et enseigne à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris.

Son travail explore les relations entre l’être humain et le paysage, en particulier la ville et ses marges. Ses images reposent sur la rencontre entre des corps — humains, architecturaux ou paysagers — et interrogent, sans anecdote ni caricature, notre manière d’habiter les lieux. Par l’observation attentive de son époque, elle cherche à construire un regard juste, en dialogue avec des individus et des espaces décalés.

Figure singulière de sa génération, Valérie Jouve expose son travail en France et à l’étranger depuis le milieu des années 1990, dans des institutions comme dans des lieux alternatifs. Ses expositions sont conçues comme des compositions visuelles d’images réalisées à différentes périodes, dont le montage construit le sens.

Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles notamment au Centre Photographique d’Île-de-France (2024), au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (2018) et au Jeu de Paume (2015). Elle a également mené un travail collectif avec des femmes palestiniennes à Jéricho, présenté au MAC/VAL en 2014, et exposé au MNAM – Centre Pompidou en 2010.

Elle développe une pratique cinématographique depuis 2001 avec le film Grand Littoral, suivi de plusieurs films et installations. Son œuvre a fait l’objet d’une monographie publiée en 2022 (Flammarion / Cnap). Elle est membre du collectif Suspended Spaces et est représentée par la galerie Xippas.

© Renaud Monfourny

Bruno Serralongue

Né en 1968, Bruno Serralongue est photographe et enseignant basé à Pantin. Il a enseigné la photographie à la Haute École d’Art et de Design de Genève de 2004 à 2024. Après des études en histoire de l’art, à l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles et à la Villa Arson de Nice, il développe depuis le milieu des années 1990 une œuvre qui questionne les méthodes de production de l’image médiatique. Ses séries documentent faits politiques, sociaux et économiques, en privilégiant hors-champs, temporalité longue et mouvements collectifs. Il utilise régulièrement la chambre photographique pour souligner l’importance de la forme dans la transmission de l’information.

Ses travaux sont exposés en France et à l’international, notamment au Wiels (Bruxelles, 2009), au Jeu de Paume (2010), au FRAC Île-de-France (2022) et au Centre Pompidou (2019) pour sa série sur la « jungle » de Calais.

© Silviu Guiman

André Gunthert

Historien des cultures visuelles, André Gunthert est directeur du Centre d’histoire et de théorie des Arts à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris), et chercheur associé au Centre Marc-Bloch de l’université Humboldt (Berlin). Fondateur de la revue Etudes photographiques, il est spécialiste d’histoire de la photographie et des nouveaux médias, dans une approche qui privilégie l’histoire des pratiques et les usages sociaux des images. Ses recherches récentes portent sur l’image de soi et sur la théorie photographique. Dernier ouvrage paru: Pourquoi sourit-on en photographie? (Deux Cent Cinq, 2023).