Maison Européenne de la Photographie

Tom DrahosExit


Partenaire privilégié du Prix Arcimboldo pour la création numérique, la Maison Européenne de la Photographie présente chaque année, dans ses espaces d'expositions, le lauréat. Créé par l'association Gens d'Images et la fondation d'entreprise Hewlett-Packard France, le Prix Arcimboldo est décerné à un créateur d'images numériques. Les laboratoires Dupon s'associent à ce prix en réalisant les tirages.

« L’Exit à perte de vue »

TD3bDepuis ses débuts dans la photographie lorsqu’il avisait la devanture des pâtisseries et les quartiers chics des Champs-Elysées, jusqu’aux mises en scène des années 80 où il se jouait de l’échelle et de la présence illusoire du sujet converti en carton, glaise ou plastique, Tom Drahos n’a cessé de traiter la photographie comme un champ d’expérimentation. Et, mieux, tel un matériau, un simple support pelliculaire et translucide, manipulable et malléable à volonté, plié, percé, troué, malmené, disséminé dans l’atmosphère, et générant un univers visuel fictif inédit. Procédant par cycles – la forme ronde est d’ailleurs l’un de ses motifs de prédilection – , atomisant les substances, mixant les médias, alliant les époques et les cultures, Tom Drahos opère depuis plus de trente ans en artiste inclassable, soucieux en priorité de n’être pas captif de son art. Ni d’exploiter à l’infini ses trouvailles contrairement à tant d’autres.

TD2bL’abstraction a toujours constitué à ses yeux un fond propice pour briser la dictature du format et du cadre, un havre vaste où s’ancre le flux ludique et effréné de son inspiration. Sa constante mise à l’épreuve du médium a tout naturellement trouvé avec les traitements multiples de l’image numérique une aire d’exploration inédite grâce à laquelle il poursuit avec cohérence ses recherches plastiques. L’aspiration au chaos, la fascination de l’artificiel physiologique, le tournoiement cosmique, sont l’objet d’une interrogation philosophique sur la couleur, l’énergie, le visible, l’espace et la lumière. On y retrouve avec émerveillement les bribes concentrées des molécules interstellaires voguant dans l’éther, se diluant par myriades jusqu’à leur résidu final, qui constituaient le noyau central du cycle religieux « Djaina ». Les textures virtuelles créent un espace mental anonyme et d’abord inconnu, mais les frémissements de la douleur muée en couleur, d’une fantaisie acide, allègre et poétique (envers du pathétique), sont bel et bien ceux de notre espace intérieur que nous convie à sonder sans retard Tom Drahos, aventurier intrépide de l’art, pionnier de l’exil intérieur, explorateur sans escale ni destinée, arpenteur du rêve et du sommeil, mené par l’ascèse lyrique et le plaisir baroque de l’expérimentation pure.

Patrick Roegiers

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