Maison Européenne de la Photographie

Vidéos d’artistes #16


Ce programme, élaboré en étroite collaboration avec Isabelle et Jean-Conrad Lemaître, collectionneurs passionnés d’art vidéo, présente les réalisations de jeunes artistes tous diplômés du Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Tourcoing : Raphaël Botiveau, Mohamed Bourouissa, Clément Cogitore et Evangelia Kranioti.

© Raphaël Botiveau, London Calling, 2017

 

Pour l’occasion, deux vidéos de Clément Cogitore sont projetées, dont Les Indes Galantes, sorte de bataille entre la culture urbaine et la musique de Jean-Philippe Rameau qui croise l’opéra-ballet avec le Krump, danse née dans les ghettos de Los Angeles.
Ce cycle met également à l’honneur une vidéo de Mohamed Bourouissa présentant une de ses correspondances clandestines avec un ami en prison. Une exposition personnelle de l’artiste est par ailleurs visible au Musée d’Art moderne de la ville de Paris du 26 janvier au 22 avril.
La dernière vidéo d’Evangelia Kranioti, lauréate du Loop Award Acquisition 2017, est présentée dans le cadre de cette programmation. Sorte de documentaire-fiction sur les vertiges du genre et de la métamorphose, ce film suit une figure emblématique du milieu transsexuel brésilien et explore différentes quêtes de soi, questionnant ainsi le désir de transformation du corps intime et du corps social, à travers le travestissement, le carnaval et la lutte politique.
Enfin, London Calling, un film de Raphaël Botiveau co-écrit avec Hélène Baillot (Université Paris 1), et lauréat 2017 du Prix StudioCollector, créé en 2007 à l’initiative des Lemaître, et décerné cette année par les collectionneurs Françoise et Jean-Claude Quemin.

Horaires

LES SAMEDIS
Du 20 janvier au 17 février, à partir de 14h30

Clément Cogitore, Elégies, 2014, 6 min
Raphaël Botiveau, avec Hélène Baillot, London Calling, 2017, 15 min
Clément Cogitore, Les Indes Galantes, 2017, 6 min

LES DIMANCHES
Du 21 janvier au 18 février, à partir de 14h30
Clément Cogitore, Elégies, 2014 , 6 min
Mohamed Bourouissa, Temps Mort, 2009, 18 min
Clément Cogitore, Les Indes Galantes, 2017, 6 min

LE SAMEDI 24 & DIMANCHE 25 FÉVRIER
À partir de 14h30
Evangelia Kranioti, L’extase doit être oublié, 2017, 30 min

 

Programmation détaillée

Clément Cogitore, Élégies, 2014

Le samedi et dimanche, du 20 janvier au 18 février
À partir de 14h30

Durée : 6 minutes
Collection Isabelle et Jean-Conrad Lemaître
Courtesy la galerie Eva Hober, Paris

Des centaines de petits écrans lumineux flottent au-dessus d’une marée humaine : le public d’un concert photographie à l’aide de téléphones portables une scène hors-champ. Comme les sous-titres d’un chant inaudible, ou de la voix intérieure d’un narrateur invisible, les vers des Élégies de Duino de Rainer Maria Rilke rythment ce gigantesque élan collectif aux airs de liturgie numérique.

 

Raphaël Botiveau, London Calling, 2017

Co-écrit avec Hélène Baillot (Université Paris 1)

Le samedi, du 20 janvier au 17 février
À partir de 14h30

Durée : 15 minutes
Production : Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains
Lauréat 2017 du Prix StudioCollector
Collection Françoise et Jean-Claude Quemin

Un groupe d’acteurs amateurs, anciens migrants de la « Jungle de Calais », incarnent Jean-Paul Belmondo et ses acolytes du film Week-end à Zuydcoote (1964) d’Henri Verneuil, qui décrit les errances d’un groupe de soldats français cherchant à s’embarquer pour l’Angleterre en pleine débâcle de 1940.
Acteurs : Babak Inaloo, Moein Nonahal, Mohammad Ramin, Reza Rahiminejad Pakseresht, Ali Haghooi, Aurélien Ambach Albertini.

 

Clément Cogitore, Les Indes Galantes, 2017

Le samedi et dimanche, du 20 janvier au 18 février
À partir de 14h30

Durée : 6 minutes
Collection Isabelle et Jean-Conrad Lemaître
Courtesy la galerie Eva Hober, Paris

Le corps est rarement non politique chez Clément Cogitore, comme chez ses danseurs qu’il met en scène dans son film Les Indes Galantes. Il choisit en effet d’adapter cet opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau et plus précisément la partie intitulée Danse des sauvages, inspirée au compositeur par un spectacle de danses d’Indiens de Louisiane. Cet opéra du début des Lumières est connu comme étant le premier divertissement articulé autour de la représentation de l’autre, de l’exotisme, du « sauvage ». Clément Cogitore en livre une nouvelle vision, sa mue contemporaine. La mélodie est la même mais les protagonistes ont changé. Ici, point de danse de cour mais cette fois, des danseurs de Krump, danse née dans le Los Angeles des années 1990 dans un climat de grandes tensions entre ghettos et forces de police. Grimaces, intimidations, la gestuelle fonctionne comme une puissante catharsis et libère dans sa transe les tensions socio-politiques. À mesure que la musique baroque enveloppe le corps des danseurs, la violence contenue disparaît par ondes et la grâce s’affiche, puissante, victorieuse, évidente.
Ce film a été produit dans le cadre de 3e Scène, la plateforme numérique de l’Opéra de Paris.

 

Mohamed Bourouissa, Temps Mort, 2009

Le dimanche, du 21 janvier au 18 février
À partir de 14h30

Durée : 18 minutes
Production : Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains
Collection Françoise et Jean-Claude Quemin
Courtesy l’artiste et la galerie kamel mennour, Paris/London

Correspondance faite au téléphone entre l’artiste et Al, un ami en prison, Temps mort se construit sur un échange de SMS, d’images et de paroles. Le film, dont le titre est emprunté à un morceau du rappeur Booba, met en avant la relation intime et à la fois distante entre une personne libre et l’autre enfermée, entre un rapport humain et une communication digitale, entre un système carcéral qui se veut une mise en situation de l’individu dans une position d’isolement primordial, de repli dans un espace clos, et une libre circulation, une profusion d’informations qui en font un membre de la « communauté médiatique ». On entre alors dans un hors-champ, sorte d’espace libre. Et en même temps c’est la rencontre entre deux temporalités, l’une ralentie, arrêtée, figée par le milieu carcéral, et l’autre fulgurante, rapide et constamment en mouvement.

 

Evangelia Kranioti, L’extase doit être oublié, 2017

Samedi 24 et dimanche 25 février
À partir de 14h30

Durée : 30 minutes
Collection Isabelle et Jean-Conrad Lemaître
Courtesy la galerie Vincent Sator, Paris.

Tourné à Rio de Janeiro en 2016, ce film, entre documentaire et fiction, retrace l’itinéraire onirique, sur fond de carnaval, de deux protagonistes opposés, un clown introverti et un travesti flamboyant. « Dans l’obscurité euphorique des festivités, les dédales de la Cidade Maravilhosa servent de théâtre à une exploration mouvante des processus de métamorphose, de réflexions sur la question du genre et de revendications pour l’égalité des droits. Pendant un an, l’artiste s’est immergée dans la réalité de la ville pour y dessiner un aperçu de l’intrication des contextes sociaux et politiques qu’occulte, a priori, le temps suspendu du carnaval. Elle y fait écho, avec subtilité, à l’ambivalence profonde qui scinde la société brésilienne, la violence de l’exclusion et le désir de changement…. L’artiste nous entraîne dans un voyage initiatique, un va-et-vient perpétuel entre corps intime et corps social ».
Extrait d’un texte de Yannick Langlois

 

La Mep remercie pour l’aide précieuse apportée à ce programme tous les artistes ainsi qu’Isabelle et Jean-Conrad Lemaître, Françoise et Jean-Claude Quemin, la galerie Eva Hober, la galerie kamel mennour, Betty Christophe et le Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Tourcoing, et en particulier Alain Fleischer, Pascale Pronnier, Natalia Trebik et Michèle Vibert.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les samedis et dimanches, de 14h30 à 15h.
Événements à l’auditorium de la MEP en accès libre, sur présentation de votre billet d’entrée et dans la limite des places disponibles.

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