Maison Européenne de la Photographie

Vidéos d’artistes #17


À l’occasion de l’importante exposition dédiée à la photographie française, ce cycle propose de découvrir une sélection d’œuvres de la collection vidéo de la MEP. Poétiques, drôles, engagées, émouvantes, déroutantes, ces vidéos sont celles d’artistes émergents ou confirmés.

MARTINE BARRAT, SUBWAY, 2016
Vidéo, couleur, sonore, 6 min. 35

Subway nous montre de jeunes Latino et Afro-Américains qui, faute de pouvoir présenter leur travail et leur talent ailleurs, dansent dans le métro de New York. Ils se livrent ainsi à ces activités jusqu’à sept heures par jour, en les combinant avec l’école et les emplois alimentaires.
Alors qu’elle débutait comme danseuse et actrice, Martine Barrat est découverte par Ellen Stewart, figure majeure du théâtre expérimental, lors d’un festival international de danse en Écosse. En 1968, Martine Barrat s’installe à Harlem où elle commence à y travailler, en coordonnant également un atelier de théâtre, de vidéo et de musique avec des enfants du quartier, auxquels elle va consacrer l’essentiel de sa vie. Vers 1971, elle commence à réaliser une vidéo avec deux gangs du South Bronx, les Roman Kings et les Roman Queens, ainsi qu’avec le président des Ghetto Brothers. Entre 1971 et 1976, elle réalise une série de vidéos intitulée You Do The Crime, You Do The Time, lauréate du prix du meilleur réalisateur de documentaire à Milan. Ce film ainsi que ses premières photographies sont présentés au Whitney Museum à New York. Elle se plonge ensuite dans le monde de la boxe new-yorkaise, photographiant des jeunes garçons qui s’entraînent à Harlem, à Bedford-Stuyvesant, à Brooklyn, et dans le Bronx. Le résultat de cette immersion a été publié sous le titre Do or Die. En 2007, La Maison Européenne de la Photographie lui consacrait une exposition rétrospective, « Harlem in My Heart ».

Subway, Martine Barrat

 

ANNE DELEPORTE, PRINCESSE Y, 2005
Vidéo, couleur, sonore, 3 min. 44

Considérée comme une « magicienne de l’image », Anne Deleporte capte l’absence pour percevoir l’invisible. Sa vidéo Princesse Y, un modelage de terre « en temps réel », fait référence à Princesse X (1915-1916) de Constantin Brancusi. Si la sculpture de Brancusi adopte une forme phallique dans laquelle on peut toutefois reconnaître un corps de femme stylisé, Princesse Y apparaît, pour sa part, à la fois comme la création d’un corps en perpétuelle évolution, et comme le malaxage d’une forme masculine et/ou féminine jaillissant des mains de quatre potiers.

Princesse Y, Anne Deleporte

 

STEPHEN DEAN, GRAND PRIX, 2006
Vidéo, couleur, sonore, 7 min. 30

Dans ses vidéos, peintures et installations, Stephen Dean observe la vibration de la couleur : au nord de l’Inde, il suit une fête où des gens se couvrent de pigments colorés ; au stade de Maracaña à Rio, il montre l’exubérance des supporteurs de football avant le match ; à Las Vegas, il dévoile le rythme psychédélique de silhouettes et de lumières colorées. Sa vidéo Grand Prix (2006) est tournée dans le Nord-Est des États-Unis durant un championnat de « demolition derby », des courses automobiles sans destination et dont le seul but est d’arrêter le mouvement à son paroxysme. Un véritable crescendo mécanique menant au chaos.

 

MARTIAL CHERRIER, FLY OR DIE, 2007
Vidéo, couleur, muet, 1 min 30

Ancien culturiste, champion de bodybuilding en France et aux États-Unis dans les années 1990, Martial Cherrier est sculpteur de son propre corps. La vidéo Fly or Die rassemble une série de collages photographiques, formant autant d’autoportraits dans lesquels la figure du papillon, avec ses immenses ailes bariolées, devient métaphore du bodybuilder.

Fly or Die, Martial Cherrier

 

REBECCA BOURNIGAULT, SALIVA, 2006
Vidéo, couleur, muet, 2 min. 58

Découverte par Harald Szeemann dans les années 1990, Rebecca Bournigault, diplômée de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Bourges, s’impose immédiatement sur la scène internationale. « C’est la plus jeune artiste de la Biennale, et c’est elle qui a le plus à nous offrir », écrit Harald Szeeman à propos de ses vidéos présentées lors de la Biennale de Lyon de 1997. Elle est nominée en 2000 pour le Prix Marcel Duchamp et, parmi ses nombreuses expositions, son installation vidéo La chambre interdite est présentée au Palais de Tokyo à Paris en 2005.
Taraudée par la question du portrait, l’artiste puise son inspiration dans la vie quotidienne, la musique, le cinéma et la littérature, utilisant essentiellement la vidéo, mais aussi le dessin, la peinture ou la photographie. Dans Saliva, elle questionne notre rapport à la violence en mettant en scène un homme se faisant cracher au visage. L’artiste provoque le spectateur. Toute la tension de cette œuvre réside ainsi dans les regards échangés par les deux protagonistes. L’extrême dureté de la situation, le caractère curieusement impavide de l’homme outragé et la régularité des crachats remettent en question notre rapport à la violence.

Saliva, Rebecca Bournigault

 

ALAIN FLEISCHER, L’HOMME DANS LES DRAPS, 2003
Vidéo, noir et blanc, muet, 3 min. 45 (extrait)

Romancier, photographe, plasticien, essayiste et cinéaste, Alain Fleischer est l’auteur-réalisateur de près de trois cent cinquante films : cinéma expérimental, courts et longs métrages de fiction, documentaires d’art. Il est également à l’initiative de l’École du Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Tourcoing, dont il est actuellement le directeur.
Dans cette vidéo, il retourne encore une fois aux thèmes qui le hantent – l’absence, le corps, les traces, la métamorphose –, en filmant des ombres qui défilent sur son lit.
« Les images de la vidéo sont éminemment plastiques. Dans cette mesure elles nous donnent à voir que les formes peuvent rêver, elles nous montrent le rêve des formes, et nous révèlent aussi ce à quoi nous font rêver les formes. » Alain Fleischer

L’homme dans les draps, Alain Fleischer

 

ISABELLE LÉVÉNEZ, DÉSIR (DE LA SÉRIE « DÉSIR »), 2004
Vidéo, couleur, muet, 1 min. 34

Le travail d’Isabelle Lévénez explore et interroge le corps comme espace à découvrir, à travers le dessin, la vidéo et la photographie. Qu’il soit le sien ou celui d’un autre, le corps est mis en scène, transformé, maquillé, masqué, retouché, estompé. Pour créer son œuvre polyptique intitulée Désir, l’artiste s’est inspirée du personnage d’Ophélie dans Hamlet. Désir représente un corps de femme morcelé flottant dans l’eau, sous la forme de neuf images fragmentées – un genou, une main sur une épaule, un front. Ici, elle isole deux pieds dans une baignoire. Au lieu de raconter une histoire, l’artiste propose au spectateur de faire l’expérience d’une sensation et de ranimer un souvenir touchant à l’imaginaire collectif.

 

MOUSSA SARR, DUCKMAN, 2016
Vidéo, couleur, sonore, 2 min.

Cet artiste se considère comme un « vidéo-fabuliste ». Dans ses performances filmées, il se met en scène pour dénoncer, avec humour et autodérision, des préjugés raciaux, sociaux ou sexuels, souvent en mimant des animaux, afin d’illustrer les différentes facettes de l’être humain. « Je joue avec ma propre image » dit-il. « Il s’agit de devenir un cliché pour tordre le cou aux clichés ». Dans Duckman, il incarne un personnage au discours incompréhensible mais autoritaire. Il précise « qu’il s’agit d’un grand critique d’art et philosophe qui nous explique la vie. » Accrochée au mur derrière lui, on aperçoit la toile d’une autre performance, Super Congo, dans laquelle l’artiste imite le chimpanzé Congo du zoo de Londres, singe devenu célèbre dans les années 1950 pour ses aptitudes à la peinture.

 

CHRIS QUANTA, COUP DE BALAI SUR L’IMPRESSIONNISME, 2012
Vidéo, couleur, sonore, 0 min. 51

Réalisateur, scénariste, monteur, monteur son et mixeur de films expérimentaux, Chris Quanta explique à propos de ce travail « qu’il y a autant d’images dans les mots que de mots dans les images, le jeu de mots devient alors, sans mot dire, jeu d’images ».

Coup de balai sur l’impressionnisme, Chris Quanta

 

MILLER LEVY, VOLUBILE, 2004
Vidéo, couleur, sonore, 1 min. 10

L’artiste questionne le langage et l’écriture sous ses différents aspects. Fervent admirateur de l’OuLiPo, Miller Levy aime jouer avec le pouvoir des mots et la logique effrayante de la langue le fascine.
« Sur une feuille blanche, une main trace une ligne toute enchevêtrée. Dans une suite vertigineuse de formes, ce gribouillis révèle le lien mystérieux qui se tramait : la présence d’un point de fuite ». Miller Levy

Volubile, Miller Levy

 

Événements à l’auditorium de la MEP en accès libre, sur présentation de votre billet d’entrée et dans la limite des places disponibles.

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